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Un registre des armes longues au Québec

Pour ou contre le registre?

par Bernard Jolicoeur

Voilà un sujet teinté de grande émotivité tant pour les tenants que les opposants à la création d’un tel registre.

Laissons de côté l’émotivité et ana-lysons la question de façon ration-nelle. À cette fin, il est nécessaire de connaitre les principales lois qui existent déjà et de préciser quelques notions concernant les différents types d’armes. On entend tellement d’âneries à propos des armes et des munitions, aussi importe-t-il de savoir de quoi on parle.

Il existe actuellement une loi sur les armes à feu au Canada. On y décrit les exigences à respecter pour acquérir, posséder et entreposer des armes. Ce sont des règles de gros bon sens qui se résument à ce qui suit.

Pour posséder ou acheter des armes, il faut être titulaire d’un permis fédéral de possession et acquisition des armes à feu et le renouveler aux cinq ans. Un cours de base permet d’obtenir ce permis; les couts sont abordables et la procédure est assez simple. Concrètement, cela signifie que, registre des armes ou non, les autorités connaissent déjà les noms et adresses de tous les propriétaires d’armes à feu au Canada. Il serait donc faux de dire que la police a besoin d’avoir accès à un registre des armes pour savoir qui en possède, elle le sait déjà. Voilà donc un premier point réglé.

Il existe aussi des règlements de la même loi pour encadrer l’entre-posage sécuritaire des armes à feu. On veut ainsi éviter que les armes soient trop faciles d’accès dans la maison ou que les enfants puissent les trouver et causer des catastrophes en jouant au cowboy comme cela arrive quasiment à chaque jour aux États- Unis. Sans entrer dans les détails, les armes doivent être rangées dans un endroit verrouillé et les munitions ne doivent pas se trouver tout à côté, gros bon sens point à la ligne.

Quant à ce qui concerne les armes « automatiques », elles sont déjà interdites au Canada. On parle ici d’armes qui peuvent tirer une multi-tude de coups par une seule pression de la détente. Quand on entend des gens dire qu’il faudrait un registre des armes pour empêcher l’achat ou la possession de mitraillettes par exemple, rassurez-vous, c’est déjà réglé, c’est interdit point final.

Un mot sur les armes dites « de poing », les pistolets et les révolvers. Ces armes font déjà l’objet d’une règlementation sévère au Canada. Dans leur cas, l’enregistrement est obligatoire depuis fort longtemps et des conditions très sévères encadrent l’acquisition, l’entreposage et le transport de ces armes. Les civils qui les utilisent pour le tir à la cible notamment ont un permis qui décrit en détail le trajet et l’horaire liés à leurs déplace-ments entre leur domicile et le club de tir. On parle ici de civils honnêtes et bien intentionnés. Les gangsters qui possèdent des armes de poing non enregistrées n’ont pas tendance à prévenir les corps policiers de leurs déplacements ou de leurs intentions… Pensez-vous qu’ils seraient davantage disposés à enregistrer leurs armes longues? On est bandit ou on ne l’est pas, un peu de fierté tout de même!

Une fois que l’on sait tout cela, quant à moi, le cas est pas mal réglé. Un registre québécois des armes longues serait-il nécessaire? Non. Réduirait-il le risque que des bandits ou des tueurs commettent des crimes avec des armes à feu? Non. La création d’un tel registre engendrerait-elle des couts impor-tants? Oui. Or, le gouvernement actuel a beaucoup de difficulté à définir ce qu’est ou non un montant important. Abolir l’entretien de la Route verte pour sauver trois mil-lions (une grosse somme?) puis se virer de bord et créer à grands frais un ministère des « saines habitudes de vie », voilà le genre de sottises auxquelles ce gouvernement se prête volontiers.

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Publié le 22 février, 2016, dans la publication : Numéro 3 Volume 34

  • arme à feu
  • chasse
  • Registre

Publié sur le site le 22 février 2016

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