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Monde musical

L’accordeur-technicien de pianos

par Éric Cyr

Légende : L’accordeur et musicien Philippe Gallant : « Certains tombent dans le panneau, moi j’aime mieux tomber dans le piano! »

Le célèbre piano Steinway de Fermont a déjà vécu des jours plus heureux et a même presque sombré dans l’oubli à une certaine époque. Un Steinway qui ferait l’envie de bien des musiciens. C’était avant qu’un groupe de citoyens conscients de sa valeur patrimoniale et de son riche passé ne se mobilise pour lui redonner ses lettres de noblesse. Grâce à eux, celui-ci occupe dorénavant une place de choix sur la scène musicale quand un pianiste vient se produire dans la région.

L’appel des notes

Un bon piano se doit d’être accompagné d’un accordeur de pianos. Qu’à cela ne tienne, le musicien professionnel multi-instrumentiste, professeur d’instruments qui est de plus accordeur-technicien de pianos, Philippe Gallant s’est établi depuis une dizaine d’années à 22 km à l’est de Sept-Îles sur la Côte-Nord attiré par le grand air et la possibilité d’enseigner dans de petites écoles de musique. Il a ce qu’on appelle l’oreille absolue, un talent rare, et offre ses services en région éloignée. C’est lui qui vient cajoler l’instrument de musique avant l’arrivée des artistes afin de bien le préparer avant la représentation.

Dès l’enfance

« Ma passion pour le piano s’est développée dès mon jeune âge. À 4-5 ans, jouer du piano « à l’oreille » devenait mon « Game Boy. » Originaire de Saint-Alexis-de-Matapédia, je suis le cadet d’une famille de 15 enfants. Avant l’avènement de la télévision, le meilleur amusement dans une maison c’était un harmonium ou un piano. Toute la famille jouait de la musique traditionnelle : violon, piano, guitare, accordéon, etc. Quand j’étais petit, un vieil accordeur de pianos est venu sur la ferme accorder notre instrument. Il m’a transmis le goût du métier et le premier piano sur lequel je m’essayais fut celui de mon enfance, un excellent piano droit de marque Lindsay fabriqué ici au Québec vers 1910. » C’est lors de son parcours scolaire qu’une religieuse découvre son talent musical et lui conseille de s’inscrire au conservatoire de musique de Rimouski. « Au conservatoire, je n’ai pas pu choisir le piano comme premier instrument, car ils ont jugé qu’il me manquait de bagage musical. J’ai toutefois pu en jouer comme second instrument. »

Ce métier est plutôt une passion et M. Gallant a suivi quelques sessions de perfectionnement étalées sur quelques années en plus d’être membre associé de la Piano Technicians Guild. « Je poursuis dans cette voie depuis 1985 tout en continuant d’enseigner à jouer des instruments de la famille des bois : clarinette, saxophone, flûte traversière et flûte à bec. »

Tomber dans le piano

Doté d’un sens de l’humour aiguisé et doué également pour les jeux de mots inspirés de Marc Favreau (Sol), M. Gallant lance à la blague : « Certains tombent dans le panneau, mais moi j’aime mieux tomber dans le piano ! » C’est son deuxième séjour à Fermont, la première fois c’était pour le spectacle de Gregory Charles et par la suite pour celui de Marc Hervieux. Revenons au Steinway. « C’est de la grande qualité, mais la mécanique commence à être engourdie. J’utilise de la poudre de graphite pour lubrifier les petits pivots. S’il y a un nouveau talent, donnez-lui accès au piano, car celui-ci devrait servir un peu plus régulièrement. C’est moins agréable pour un pianiste chevronné d’utiliser un piano qui a sommeillé trop longtemps. »

NDLR Le prodige fermontois Emmanuel Bernier qui a commencé le piano de manière autodidacte à l’âge de 15 ans a par la suite obtenu une maîtrise au Conservatoire de musique de Québec et poursuit aujourd’hui une carrière musicale. Pour contacter M. Gallant : philgaccpiano@gmail.com

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Publié le 26 juin, 2017, dans la publication : Numéro 12 Volume 35

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  • Steinway

Publié sur le site le 26 juin 2017

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