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La CAQ réclame une enquête publique

Mesures d’urgence

Des premiers répondants bien ferrés

par Éric Cyr

Légende : Sur la photo, des bénévoles et des athlètes ayant pris part à la compétition amicale des pompiers de Fermont.

Les pompiers du Service de sécurité incendie de la Ville de Fermont de la caserne 12 sont bien outillés pour parer à toute éventualité. Ils sont formés pour faire face à une multitude de scénarios et disposent d’équipements et d’outils adaptés à de multiples situations tout en demeurant à l’affût de toutes nouvelles formations qui pourraient leur servir sur le terrain.

Selon le directeur du Service de prévention des incendies, Yan Shaw, la municipalité souhaite se doter d’une équipe spécialisée en recherche et sauvetage accréditée par l’Association québécoise des bénévoles en recherche et sauvetage (AQBRS), un organisme à but non lucratif composé de groupes de bénévoles œuvrant sur le territoire québécois qui travaille de concert avec la Réserve d’intervention d’urgence en sécurité civile (RIUSC).

Les membres qui composent les groupes de l’AQBRS, dont l’activité principale est la recherche et le sauvetage de personnes disparues, mais également des interventions lors de catastrophes naturelles, reçoivent une formation de base complète sur tous les aspects de la recherche et du sauvetage forestiers, ce qui sera également le cas pour la nouvelle unité fermontoise qui est actuellement en voie d’être formée et qui pourra être mobilisée lors de demandes ponctuelles de la Sûreté du Québec afin de répondre à des besoins précis.

« On prend la sécurité des citoyens à cœur. Certains ont des compétences et le profil recherché, mais ne souhaitent pas s’investir à temps plein. Cette formule a l’avantage de proposer une flexibilité attrayante et intéressante », explique M. Shaw.

Les connaissances dispensées englobent l’évacuation médicale en territoire isolé, carte, boussole et GPS, la gestion du stress, les premiers soins et la réanimation cardiorespiratoire, le profil d’une personne disparue, les techniques de recherche au sol, la protection d’indices, les télécommunications et la survie en forêt.

La période de recrutement de bénévoles intéressés par la démarche va commencer cet automne. Les candidats retenus qui auront réussi un examen pratique et théorique accrédité par le ministère de Sécurité publique du Québec et l’AQBRS pourront éventuellement prêter main-forte aux ambulanciers, aux policiers de la Sûreté du Québec et aux pompiers pour les libérer de certaines tâches nécessaires, mais non exclusives aux intervenants des mesures d’urgence et qui peuvent les ralentir lors d’interventions où le temps peut faire toute la différence et même être une question de vie ou de mort. Des rencontres seront organisées après la période de la chasse au mois d’octobre afin d’expliquer les formations offertes et les modalités pour adhérer à la troupe locale de l’AQBRS qui pourra être déployée en appui à divers intervenants des mesures d’urgence.

Les compétences des pompiers locaux sont à jour. La plupart des membres qui composent la brigade du service de sécurité incendie de Fermont ont complété plusieurs formations spécialisées notamment celles en intervention nautique d’urgence et en désincarcération de machineries et de véhicules lourds. La Ville a acquis durant l’été de l’équipement de dégagement, d’extraction et de stabilisation de véhicules lourds. Les personnes intéressées à faire partie de la nouvelle cohorte fermontoise de l’AQBRS peuvent contacter Yan Shaw ou le capitaine-préventionniste Alex Raiche à la caserne 12 en composant le 418 287-3533.

Services d’urgence

Compétition annuelle des pompiers

Le centre des mesures d’urgence de Fermont a été l’hôte de la cinquième édition de la compétition amicale annuelle des pompiers, qui s’inscrit dorénavant dans la programmation de la « Fête de la rentrée » organisée par la municipalité, qui a regroupé différents intervenants de services d’urgence de la région et d’ailleurs au Québec le 6 septembre 2026.

Le public qui s’est rendu sur place a pu voir les premiers répondants à l’œuvre en assistant aux différentes épreuves qui se sont déroulées à l’arrière de la caserne 12. Des athlètes représentant des services d’urgence fermontois et de certains autres services de sécurité incendie (SSI) ainsi qu’un garde du corps ministériel de la Sûreté du Québec se sont affrontés dans le cadre d’épreuves sportives spécialisées individuelles ou en équipe (à relais). Les compétiteurs ont pu se mesurer entre eux en prenant part à des exercices réalistes, inspirés de l’entraînement de base des pompiers et lié à leur domaine d’activités, le long de parcours d’endurance.

En plus de pompiers du SSI de la Ville de Fermont rattachés à la caserne 12, plusieurs autres pompiers et pompières ont relevé le défi de prendre le départ de la course individuelle notamment des pompiers des SSI de la Ville de Baie-Comeau (caserne 84) et de Victoriaville (caserne 11) ainsi que de la brigade de sécurité incendie de Minerai de fer Québec (MFQ) et des Services d’intervention d’urgence de l’aéroport de Wabush au Labrador. Les compétiteurs ont démontré leur agilité, leurs compétences, leur habileté et leur vitesse dans le cadre de mises en situations difficiles et réalistes. Les exercices incluent : montée et descente d’escalier, hissage d’un boyau d’incendie, entrée forcée, course, tirage d’une lance d’incendie et sauvetage d’une victime.

Le directeur du Service de sécurité incendie de la Ville de Fermont, Yan Shaw, qui a accueilli de concert avec son équipe des confrères d’autres unités de la fraternité des pompiers, est ravi du déroulement de l’événement qui a été animé par l’équipe de la radio CFMF 103,1 et félicite tous les participants qui y ont pris part. Les organisateurs souhaitent remercier les bénévoles et les commanditaires qui ont contribué à assurer le succès de l’activité.

 

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Publié le 22 septembre, 2026, dans la publication : Numéro_15 Volume_44

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Publié sur le site le 21 septembre 2026

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Liberté de presse

Des journalistes sous haute surveillance

par Éric Cyr

La profession de journaliste semble être considérée comme une menace par les autorités au pouvoir qui ont légitimement accordé le droit aux forces policières d’entraver le travail de plusieurs journalistes enfreignant ainsi la liberté de presse au Québec et au Canada. Des méthodes douteuses dignes du KGB, la police politique de l’ex-U.R.S.S., ont été employées notamment des écoutes téléphoniques afin d’espionner les conversations entre des journalistes et leurs sources. Des perquisitions ont aussi été menées.

L’ordinateur du journaliste aux affaires judiciaires du Journal de Montréal, Michaël Nguyen, a été saisi dans le cadre d’une perquisition menée par la Sûreté du Québec (SQ) à la suite de la publication d’un article concernant la plainte déposée contre la juge de la Cour du Québec, Suzanne Vadboncoeur qui aurait insulté des constables spéciaux. Le Conseil de la magistrature souhaitait déterminer la provenance de ces informations alléguant que le reporter a eu accès illégalement à des documents confidentiels. Pourtant Michaël Nguyen n’a fait qu’exercer sa profession et n’a enfreint aucune loi. Selon l’avocat du Journal de Montréal, Me Bernard Pageau : « Toute perquisition dans un média d’information constitue une entorse à la liberté de presse et à la démocratie, c’est inacceptable. » Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Jean-Thomas Léveillé explique :

« Il est inadmissible de perquisitionner des journalistes ou des médias d’information pour tenter de démasquer leurs sources lorsque ce qui a été révélé est d’intérêt public…le public a le droit de savoir comment se comportent les représentants de l’État, qui plus est quand ils sont chargés d’appliquer la loi. »

Traquer ainsi la provenance de telles informations constitue une tentative d’intimidation envers les journalistes et les sources elles-mêmes et œuvrer à faire taire les lanceurs d’alerte risque d’empêcher le public d’être bien informé. Un autre journaliste de ce même média, Éric-Yvan Lemay et sa conjointe avaient aussi été pris en filature par la SQ en 2012 à la suite d’un reportage concernant l’accès aux dossiers médicaux confidentiels de patients dans plusieurs hôpitaux. Les policiers avaient également perquisitionné leur domicile à la recherche d’éléments de preuve du soi-disant « vol » de documents.

Liberté de presse attaquée

En plus de la FPJQ, la Canadian Association of Journalists (CAJ), Canadian Journalists for Free Expression (CJFE) et Reporters sans frontières (RSF) dénoncent cette situation troublante et les démarches entreprises par le Conseil de la magistrature pour démasquer la source du journaliste dans une lettre commune :

« Michaël Nguyen n’a fait qu’exercer sa profession et n’a transgressé aucune loi. Il faisait simplement son travail en tant que journaliste en publiant un article sur le comportement discutable d’une juge. Le peuple québécois a le droit de savoir comment ses représentants se comportent. (Cette situation) compromet l’indépendance des journalistes et la protection de leurs sources, qui sont des principes fondamentaux dans un pays démocratique comme le Canada. »

Le professeur au Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal qui est aussi chroniqueur au journal Le Devoir, Pierre Trudel, parle d’un réflexe persistant de certains milieux de chercher l’identité de ceux qui relaient des informations d’intérêt public aux journalistes qu’il qualifie de « dangereux pour la liberté de presse. » La loi québécoise sur la presse, entrée en vigueur en 1929 est selon lui désuète et une mise à jour s’impose. « Il faut ajouter des règles afin de baliser un ensemble de pratiques judiciaires ou commerciales qui inhibent les médias dans l’accomplissement de leur rôle de « chien de garde. » » Dans le cas du journaliste Michaël Nguyen, la SQ affirme qu’il ne s’agissait pas d’une chasse aux sources et qu’elle n’a fait que répondre à une demande de la Couronne.

L’Assemblée nationale réagit

À la suite de cette affaire, l’Assemblée nationale du Québec a adopté à l’unanimité, en septembre, une motion pour « rappeler l’importance du principe de protection des sources journalistiques » et le premier ministre québécois Philippe Couillard a souligné l’importance de protéger la liberté de presse en annonçant trois nouvelles mesures qui seront instaurées rapidement par le gouvernement du Québec. La mise sur pied d’un comité d’experts indépendants, une directive obligeant d’obtenir l’autorisation du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avant que soit présentée une demande de mandat d’écoute électronique visant un journaliste, comme c’est notamment le cas pour les juges et les membres de l’Assemblée nationale, et une directive obligeant à consulter le DPCP avant de présenter à un juge toute autre demande de mandat qui pourrait avoir pour effet de révéler des sources journalistiques. La tenue d’une inspection portant sur l’interception des communications privées auprès des corps policiers concernés est aussi prévue.

Tendance inquiétante et généralisée

Un autre journaliste, Patrick Lagacé chroniqueur à La Presse a aussi été victime d’espionnage électronique par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui cherchait des cas de corruption à l’intérieur du corps policier. Ce dernier a qualifié sa mise sous surveillance de « chasse aux sorcières déguisée en enquête criminelle. » Cette affaire qui a fait grand bruit a aussi été relayée ailleurs dans le monde notamment par le plus grand quotidien français Le Monde, le New York Times et la BBC. D’autres journalistes auraient aussi été espionnés par le SPVM. Un texte cosigné par tous les patrons des grandes salles de nouvelles du Québec et dénonçant ces intrusions injustifiées des autorités policières dans le travail des journalistes est paru le 31 octobre dernier :

« Il est inacceptable que des enquêteurs aient pu avoir accès aux données téléphoniques et à la géolocalisation d’un journaliste sans autre motif que d’identifier des sources journalistiques à l’intérieur du corps de police. »

Après le SPVM, la SQ admet avoir obtenu secrètement les relevés téléphoniques de six journalistes, dans le cadre d’une enquête sur les fuites d’informations aux médias amorcée en 2013. Parmi les reporters ciblés par la SQ, on retrouve le chef du bureau parlementaire de La Presse à Québec, Denis Lessard. « Je couvre la politique depuis près de 40 ans, souvent sur des dossiers délicats. On se dit toujours que c’est possible d’être épié par les policiers, mais on est convaincu qu’ils n’oseraient pas aller jusque-là. » Les journalistes de Radio-Canada Alain Gravel, Marie-Maude Denis et Isabelle Richer sont aussi du nombre, tout comme Éric Thibault du Journal de Montréal ainsi qu’André Cédilot, journaliste chevronné de La Presse qui a ensuite rejoint Radio-Canada.

Tout le monde en parle

Patrick Lagacé (La Presse), Félix Séguin (TVA Nouvelles/Journal de Montréal), Monic Néron (98,5 FM) et Marie-Maude Denis (Radio-Canada) ont fait front commun sur le plateau de l’émission de télévision Tout le monde en parle pour dénoncer les pratiques du SPVM et de la SQ, qui ont épié leurs conversations et leurs allées et venues dans le but d’identifier leurs sources au sein des corps policiers.

Et au Canada « Ma chouette »

En juin dernier, le premier ministre canadien Justin Trudeau avait qualifié « d’inacceptable » la filature par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) des journalistes Joël-Denis Bellavance et Gilles Toupin de La Presse. La Cour suprême a elle-même reconnu l’intérêt de protéger les sources journalistiques notamment dans le cadre de l’affaire « Ma chouette » du nom de l’informateur qui a permis au correspondant du Globe and Mail à Ottawa, Daniel Leblanc, d’exposer au grand jour le scandale des commandites au gouvernement fédéral au début des années 2000. La protection des sources est reconnue par les tribunaux, au nom de l’intérêt public, et les journalistes peuvent publier des informations d’intérêt public qui sont confidentielles. La Cour d’appel de l’Ontario a récemment octroyé à une coalition d’organismes qui comprend Reporters sans frontières et le syndicat des communications d’Amérique le droit d’intervenir dans le cas du journaliste de Vice News, Ben Makuch qui souhaite faire annuler la décision d’un juge de la Cour supérieure de l’Ontario qui a ordonné au journaliste de remettre à la GRC ses communications avec une source anonyme.

Le journalisme d’enquête pratiqué dans des conditions parfois extrêmement difficiles et risquées a un effet salutaire sur la société. Des actions concrètes doivent être envisagées et sont nécessaires pour protéger les sources journalistiques et essentielles pour la liberté de presse, un droit fondamental consacré par la Charte canadienne des droits et libertés et reconnu par la Cour suprême du Canada. La procédure pour l’obtention d’un mandat de surveillance contre un journaliste devrait être plus contraignante pour les corps policiers.

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Publié le 5 décembre, 2016, dans la publication : Numéro 21 Volume 34

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Publié sur le site le 5 décembre 2016

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Surveillance policière des journalistes

La CAQ réclame une enquête publique

par Éric Cyr

La Coalition avenir Québec (CAQ) réclame une enquête publique sur la surveillance des journalistes par les services policiers après qu’un ordinateur d’un journaliste du Journal de Montréal ait été perquisitionné et le téléphone d’un chroniqueur de La Presse mis sous écoute et d’autres journalistes sous surveillance. Selon la CAQ rien ne justifie cette intrusion délibérée dans la liberté de presse.

Pour le chef de la CAQ et député de L’Assomption, François Legault, le comité annoncé par le premier ministre Philippe Couillard est insuffisant.

« Il importe d’instituer très rapidement une enquête publique sur l’espionnage des journalistes par les services policiers. Il est inacceptable que des enquêteurs aient accès aux données téléphoniques d’un journaliste seulement pour identifier des sources à l’intérieur d’un corps de police. L’affaire Lagacé n’est pas simplement préoccupante, elle fragilise notre démocratie et nos institutions », a souligné François Legault, qui presse le gouvernement à envoyer le bon message.

Élément fondamental de notre démocratie

« Une enquête publique pourra forcer tout le monde à témoigner pour qu’on sache combien de journalistes ont été surveillés. Philippe Couillard préfère nommer un groupe d’experts. La liberté de presse ne profite pas seulement aux journalistes : c’est un élément fondamental de notre démocratie. Le premier ministre doit démontrer du leadership, prouver que la liberté de presse est protégée en posant les gestes qui s’imposent. Il doit accepter de faire la lumière et non se fermer les yeux sur cette atteinte à la liberté de presse » a déclaré le chef caquiste.

Charest-Couillard, le même tableau

Le chef de la CAQ a rappelé les propos inquiétants du chef de police du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet, qui disait avoir « un travail à faire » et qu’il avait « suivi les règles ».

« Comme (l’ancien premier ministre libéral) Jean Charest au début du scandale de la construction, Philippe Couillard refuse d’aller chercher toutes les réponses. Le premier ministre ne semble pas comprendre toute la gravité de la situation. Il préfère passer la balle au maire de Montréal, préfère garder le chef de police jusqu’au printemps, le temps que son comité lui fournisse des recommandations. Ce n’est pas ça que les Québécois veulent. Ils souhaitent savoir ce qui s’est réellement passé. Il doit prendre le taureau par les cornes pour une fois. Je lui propose de déclencher une enquête publique sur la surveillance des journalistes par les services policiers » a réitéré le député caquiste.

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Publié le 5 décembre, 2016, dans la publication : Numéro 21 Volume 34

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