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La CAQ réclame une enquête publique

Monde radiophonique

Nouvelle journaliste à CFMF 103,1

par Éric Cyr

Le panorama médiatique local s’est récemment enrichi puisqu’une journaliste a rejoint les rangs de l’équipe de la radio CFMF 103,1 à Fermont dans le cadre du programme Initiative de journalisme local de Patrimoine canadien qui soutient la création d’un journalisme civique original répondant aux besoins diversifiés des communautés mal desservies au pays tout en respectant l’indépendance de la presse.

Originaire de la petite municipalité de La Pêche, nichée au cœur des collines de l’Outaouais, Élizabeth Séguin, qui adore le français, a participé aux journaux étudiants des écoles qu’elle a fréquentées au primaire et au secondaire et est même demeurée en contact avec certains de ses enseignants de français. La jeune femme a suivi une formation en cinéma et médias de communications au cégep de l’Outaouais à Gatineau où elle a réalisé comme projet final d’équipe un documentaire sur le lac Pink, un lac méromictique situé dans le parc de la Gatineau, dont la couleur vert-émeraude et turquoise provient de la présence d’algues, et qui est en danger d’eutrophisation à cause des activités humaines.

Diplômée de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Élizabeth Séguin a obtenu un baccalauréat en journalisme en 2017. Elle a participé en tant que collaboratrice, chroniqueuse et responsable des entrevues à l’émission « Plein Feu », consacrée à la vulgarisation des conflits armés dans le monde, sur la webradio étudiante de cette université, CHOQ-FM, qui tire son nom de la « Centrale des humanoïdes sur les ondes du Québec » et qui diffuse sur Internet et en baladodiffusion (podcast) sur choq.ca. Elle a entre autres réalisé des entrevues et animé des discussions avec des ambassadeurs et des experts de géopolitique internationale notamment de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques. Celle-ci a par la suite effectué des stages dans les plus importants journaux de la région d’Ottawa-Gatineau, La Revue, aujourd’hui disparu, et Le Droit, avant de travailler à Fort-Coulonge pour une station de radio bilingue de la MRC de Pontiac, CHIP-FM 101,9 de 2017 à 2020.

Étoffer le paysage hertzien

Son parcours l’a finalement menée à Fermont, le 2 septembre dernier.

« Je songeais depuis un petit moment à aller découvrir d’autres régions du Québec. L’occasion s’est présentée quand j’ai aperçu l’offre d’emploi de journaliste radio pour Fermont pour laquelle j’ai postulé. À ma grande joie, ma candidature a été retenue. Il faut dire que mon ancien employeur connaissait le directeur des programmes de CFMF 103,1, Karl Gagné-Côté, et la directrice musicale et animatrice Geneviève Richard que j’avais aussi rencontrés lors d’un congrès de l’Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec (ARCQ). Je suis contente d’être ici. C’est un beau défi et une chance que m’offre la radio CFMF-FM. »

La transition se fait très bien pour celle qui alimente déjà les ondes d’un bulletin de nouvelles et publie régulièrement sur la page Facebook de la station.

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Publié le 21 septembre, 2020, dans la publication : Numéro_15 Volume 38

  • CFMF 103.1
  • Élizabeth Séguin
  • Fermont
  • Journaliste
  • MRC de Caniapiscau
  • Patrimoine canadien

Publié sur le site le 21 septembre 2020

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Presse écrite à l’agonie

Crise des médias au pays

par Éric Cyr

Source photo : Pixabay

À l’heure où la plupart des journaux souffrent énormément de la baisse des ventes publicitaires au profit des géants du Web comme Google et Facebook, la députée de Manicouagan, Marilène Gill, du Bloc québécois (BQ) considère qu’Ottawa compte parmi les fossoyeurs de la presse écrite et a fait une sortie à ce sujet, le 14 novembre dernier.

« La presse écrite est en crise partout au Québec et que font les partis fédéraux ? Les conservateurs partent en guerre contre les médias et les libéraux les laissent mourir. On a besoin d’une presse libre et forte au Québec pour une démocratie saine. Il faut que le gouvernement fédéral se sorte immédiatement la tête du sable », a déclaré la députée bloquiste de Manicouagan qui a accusé Ottawa de contribuer au déclin de la presse écrite.

Alors que le quotidien La Presse avait déjà aboli 158 postes en septembre 2015 incluant 43 à la rédaction, il annonçait récemment la suppression de 37 postes additionnels, dont 19 dans sa salle de rédaction. Le Bloc québécois réclame un crédit d’impôt remboursable sur les dépenses salariales des médias écrits. Marilène Gill s’attend également à ce que le gouvernement fédéral fournisse une aide financière immédiate aux journaux régionaux de la Côte-Nord.

David contre Goliath

Le Bloc demande aussi au gouvernement Trudeau une vaste refonte des lois encadrant le commerce électronique afin de soumettre les géants du Web, comme Facebook et Amazon, aux lois québécoises et canadiennes. Actuellement, ces multinationales profitent, entre autres, d’un avantage injuste face aux médias traditionnels dans la vente d’espaces publicitaires parce qu’elles ne sont pas soumises à la Loi sur l’impôt.

« Non seulement le gouvernement Trudeau est à la traîne, il fait même partie du problème. Il a triplé ses achats de publicité sur Facebook en sachant très bien que Facebook ne paie pas d’impôt chez nous. Ça prend un vrai changement de culture à Ottawa parce qu’actuellement, le gouvernement fédéral fait partie des fossoyeurs de la presse écrite », a conclu la députée.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a aussi fait connaître ses inquiétudes pour l’avenir de l’information en soulignant le contexte de précarité occasionnant des fermetures récurrentes d’entreprises de presse un peu partout au pays. La FPJQ juge que c’est un autre signe de la maladie qui ronge la presse écrite. Selon le président de l’organisme, Stéphane Giroux : « Seule une intervention des gouvernements permettra de sauver nos médias d’information. »

Soupir de soulagement

Le gouvernement Trudeau a finalement annoncé, le 21 novembre dernier, des mesures d’aide aux médias d’information totalisant 595 M $ sur cinq ans pour l’ensemble du pays et qui prendra la forme de deux crédits d’impôt. Le premier ministre Justin Trudeau confie qu’il est préoccupé par la situation. Il a admis la nécessité d’une information fiable et de qualité et que le gouvernement a la responsabilité d’aider et de faciliter la transition vers la numérisation : « On ne peut pas avoir une démocratie en santé si les citoyens ne sont pas bien informés. » La FPJQ croit que ces nouvelles mesures devraient aider les salles de rédaction à passer au travers de cette crise qui menaçait à moyen terme la survie du journalisme, un des piliers de la démocratie, et souligne qu’il était temps que les responsables fédéraux s’attaquent au problème afin de résorber la situation. Tous les partis d’opposition se réjouissent de cette décision sauf les conservateurs qui accusent les libéraux de tenter d’acheter les journalistes avant les prochaines élections.

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Publié le 3 décembre, 2018, dans la publication : Numéro 20 Volume 36

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Publié sur le site le 3 décembre 2018

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Auteure, journaliste et conférencière

De par le vaste monde avant un retour aux sources

par Éric Cyr

L’histoire de Mélanie Loisel a débuté à Fermont et elle est récemment revenue au bercail après avoir été invitée au berceau de son enfance par une équipe de tournage qui était de passage dans la région, du 15 au 18 mai dernier, dans le cadre de l’émission La Fabrique culturelle à Télé-Québec. Celle qui a parcouru la planète afin de récolter des témoignages pour son deuxième livre Ils ont vécu le siècle, où elle relate sa rencontre avec plusieurs personnalités qui ont marqué l’histoire contemporaine, était très émue de se replonger dans ses origines.

Clin d’œil du passé

Mélanie Loisel arrive au journal vêtue d’un manteau carreauté, de jeans et de bottes avec les lunettes en buée, car elle revient tout juste d’une randonnée en nature sous la pluie où elle s’est ressourcée sur une grosse roche, sa roche, celle où elle allait souvent quand elle était plus jeune pour faire le vide et méditer. Elle s’adapte au milieu dans lequel elle évolue. Pour interviewer les grands de ce monde, elle s’habille en tailleur et se maquille, mais ici elle est chez elle et en tenue très décontractée. « Je reviens très fébrile et excitée d’être ici. C’est un retour aux sources, à la source de mon inspiration. La nordicité, le mur, les paysages rustiques, les souvenirs en famille et entre amis. Ma mère était enseignante en 5e année et mon père travaillait à la mine. Revenir aujourd’hui, voir le lac, les épinettes, la mousse, revoir ce qui fait partie de mon quotidien m’inspire beaucoup. C’est une sensation que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Je me remémore des souvenirs d’enfance et d’adolescence qui sont accompagnés de sensations et d’odeurs. Lorsque j’écris, ça m’anime », confie-t-elle avant de poursuivre : « Je me balade, je traîne les pieds, heureuse de revoir des scènes familières. Je suis vraiment une petite fille de la place et c’est comme ça que je suis perçue quand je croise les anciens. C’est l’enfance qui nous construit et lorsque je reviens aux racines, c’est un peu comme me replonger dans mon imaginaire. C’est de là que je viens et c’est là que je puise mon inspiration. Mon vécu est habité par 25 ans de souvenirs, d’histoires, d’anecdotes, de couleurs qui émanent de Fermont. »

Mur-écran, forteresse d’inspiration

« Dans ce livre, je parle aussi d’où je viens. Je suis partie de Fermont et je raconte le mur. Le mur c’est tous nos souvenirs, toutes nos histoires, tout était dans le mur. C’est notre enfance, nos amis, les copains que j’aime encore revoir. L’aventure a commencé ici. Rien n’est impossible. Fermont a été un tremplin qui m’a permis de conquérir le monde. J’ai été invitée dans plusieurs conférences et je décris par ricochet mon parcours qui a débuté ici. » Interrogée sur certains auteurs qui parlent de cette localité nordique sans y être allés, elle explique : « Tout artiste peut écrire sur ce qu’il veut, il n’y a pas de barrière. L’imaginaire et la réalité peuvent souvent se confondre. Fermont c’est une partie de ma vie. Fermont peut fasciner, mais le Fermont d’un auteur qui n’y a jamais mis les pieds n’est pas le Fermont de la petite fille d’ici. J’ai un regard de l’intérieur sur ce lieu, le seul endroit au monde où je ressens le plus d’émotions. »

Les pages jaunies de la première impulsion

Mélanie Loisel est visiblement très émue lorsqu’elle retrouve le premier article qu’elle a rédigé alors qu’elle était enfant en fouillant dans les archives reliées du journal Le Trait d’union du Nord. La joie spontanée illumine son visage comme si elle avait retrouvé un trésor perdu.

« J’ai beaucoup voyagé et écrit sur d’autres gens, d’autres cultures, d’autres pays et je comprends que le Fermont de mes souvenirs n’est pas le Fermont d’aujourd’hui, mais j’accepte l’évolution, le changement. C’est différent et c’est bien ainsi. Rien n’est figé dans le temps. Je suis partie il y a 18 ans et je comprends qu’il faut s’adapter aux nouvelles réalités et à la technologie. La Ville a toujours courtisé l’industrie minière et vit en fonction de l’économie. »

Quand le passé côtoie l’avenir

Télé-Québec l’a invitée sur place pour parler du Fermont qui l’inspire. « Je me souviens des paysages splendides, d’une communauté très soudée où les gens font preuve d’une grande solidarité et où les liens sociaux prédominent, d’un endroit où on a toujours cru en  moi et où on m’a toujours soutenue. Mon expérience fermontoise influence beaucoup mon écriture et a forgé ma structure mentale. J’ai acquis à Fermont un bagage solide et j’y ai puisé une force qui me permet de relever les défis les plus fous. On était très aimés et très unis à Fermont », raconte-t-elle. « C’est une invitation que je ne pouvais refuser et après avoir parcouru le monde, c’est une belle façon de boucler la boucle après la parution de mon dernier livre il y a un an et demi. »

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Publié le 29 mai, 2017, dans la publication : Numéro 10 Volume 35

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Publié sur le site le 30 mai 2017

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Liberté de presse

Des journalistes sous haute surveillance

par Éric Cyr

La profession de journaliste semble être considérée comme une menace par les autorités au pouvoir qui ont légitimement accordé le droit aux forces policières d’entraver le travail de plusieurs journalistes enfreignant ainsi la liberté de presse au Québec et au Canada. Des méthodes douteuses dignes du KGB, la police politique de l’ex-U.R.S.S., ont été employées notamment des écoutes téléphoniques afin d’espionner les conversations entre des journalistes et leurs sources. Des perquisitions ont aussi été menées.

L’ordinateur du journaliste aux affaires judiciaires du Journal de Montréal, Michaël Nguyen, a été saisi dans le cadre d’une perquisition menée par la Sûreté du Québec (SQ) à la suite de la publication d’un article concernant la plainte déposée contre la juge de la Cour du Québec, Suzanne Vadboncoeur qui aurait insulté des constables spéciaux. Le Conseil de la magistrature souhaitait déterminer la provenance de ces informations alléguant que le reporter a eu accès illégalement à des documents confidentiels. Pourtant Michaël Nguyen n’a fait qu’exercer sa profession et n’a enfreint aucune loi. Selon l’avocat du Journal de Montréal, Me Bernard Pageau : « Toute perquisition dans un média d’information constitue une entorse à la liberté de presse et à la démocratie, c’est inacceptable. » Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Jean-Thomas Léveillé explique :

« Il est inadmissible de perquisitionner des journalistes ou des médias d’information pour tenter de démasquer leurs sources lorsque ce qui a été révélé est d’intérêt public…le public a le droit de savoir comment se comportent les représentants de l’État, qui plus est quand ils sont chargés d’appliquer la loi. »

Traquer ainsi la provenance de telles informations constitue une tentative d’intimidation envers les journalistes et les sources elles-mêmes et œuvrer à faire taire les lanceurs d’alerte risque d’empêcher le public d’être bien informé. Un autre journaliste de ce même média, Éric-Yvan Lemay et sa conjointe avaient aussi été pris en filature par la SQ en 2012 à la suite d’un reportage concernant l’accès aux dossiers médicaux confidentiels de patients dans plusieurs hôpitaux. Les policiers avaient également perquisitionné leur domicile à la recherche d’éléments de preuve du soi-disant « vol » de documents.

Liberté de presse attaquée

En plus de la FPJQ, la Canadian Association of Journalists (CAJ), Canadian Journalists for Free Expression (CJFE) et Reporters sans frontières (RSF) dénoncent cette situation troublante et les démarches entreprises par le Conseil de la magistrature pour démasquer la source du journaliste dans une lettre commune :

« Michaël Nguyen n’a fait qu’exercer sa profession et n’a transgressé aucune loi. Il faisait simplement son travail en tant que journaliste en publiant un article sur le comportement discutable d’une juge. Le peuple québécois a le droit de savoir comment ses représentants se comportent. (Cette situation) compromet l’indépendance des journalistes et la protection de leurs sources, qui sont des principes fondamentaux dans un pays démocratique comme le Canada. »

Le professeur au Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal qui est aussi chroniqueur au journal Le Devoir, Pierre Trudel, parle d’un réflexe persistant de certains milieux de chercher l’identité de ceux qui relaient des informations d’intérêt public aux journalistes qu’il qualifie de « dangereux pour la liberté de presse. » La loi québécoise sur la presse, entrée en vigueur en 1929 est selon lui désuète et une mise à jour s’impose. « Il faut ajouter des règles afin de baliser un ensemble de pratiques judiciaires ou commerciales qui inhibent les médias dans l’accomplissement de leur rôle de « chien de garde. » » Dans le cas du journaliste Michaël Nguyen, la SQ affirme qu’il ne s’agissait pas d’une chasse aux sources et qu’elle n’a fait que répondre à une demande de la Couronne.

L’Assemblée nationale réagit

À la suite de cette affaire, l’Assemblée nationale du Québec a adopté à l’unanimité, en septembre, une motion pour « rappeler l’importance du principe de protection des sources journalistiques » et le premier ministre québécois Philippe Couillard a souligné l’importance de protéger la liberté de presse en annonçant trois nouvelles mesures qui seront instaurées rapidement par le gouvernement du Québec. La mise sur pied d’un comité d’experts indépendants, une directive obligeant d’obtenir l’autorisation du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avant que soit présentée une demande de mandat d’écoute électronique visant un journaliste, comme c’est notamment le cas pour les juges et les membres de l’Assemblée nationale, et une directive obligeant à consulter le DPCP avant de présenter à un juge toute autre demande de mandat qui pourrait avoir pour effet de révéler des sources journalistiques. La tenue d’une inspection portant sur l’interception des communications privées auprès des corps policiers concernés est aussi prévue.

Tendance inquiétante et généralisée

Un autre journaliste, Patrick Lagacé chroniqueur à La Presse a aussi été victime d’espionnage électronique par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui cherchait des cas de corruption à l’intérieur du corps policier. Ce dernier a qualifié sa mise sous surveillance de « chasse aux sorcières déguisée en enquête criminelle. » Cette affaire qui a fait grand bruit a aussi été relayée ailleurs dans le monde notamment par le plus grand quotidien français Le Monde, le New York Times et la BBC. D’autres journalistes auraient aussi été espionnés par le SPVM. Un texte cosigné par tous les patrons des grandes salles de nouvelles du Québec et dénonçant ces intrusions injustifiées des autorités policières dans le travail des journalistes est paru le 31 octobre dernier :

« Il est inacceptable que des enquêteurs aient pu avoir accès aux données téléphoniques et à la géolocalisation d’un journaliste sans autre motif que d’identifier des sources journalistiques à l’intérieur du corps de police. »

Après le SPVM, la SQ admet avoir obtenu secrètement les relevés téléphoniques de six journalistes, dans le cadre d’une enquête sur les fuites d’informations aux médias amorcée en 2013. Parmi les reporters ciblés par la SQ, on retrouve le chef du bureau parlementaire de La Presse à Québec, Denis Lessard. « Je couvre la politique depuis près de 40 ans, souvent sur des dossiers délicats. On se dit toujours que c’est possible d’être épié par les policiers, mais on est convaincu qu’ils n’oseraient pas aller jusque-là. » Les journalistes de Radio-Canada Alain Gravel, Marie-Maude Denis et Isabelle Richer sont aussi du nombre, tout comme Éric Thibault du Journal de Montréal ainsi qu’André Cédilot, journaliste chevronné de La Presse qui a ensuite rejoint Radio-Canada.

Tout le monde en parle

Patrick Lagacé (La Presse), Félix Séguin (TVA Nouvelles/Journal de Montréal), Monic Néron (98,5 FM) et Marie-Maude Denis (Radio-Canada) ont fait front commun sur le plateau de l’émission de télévision Tout le monde en parle pour dénoncer les pratiques du SPVM et de la SQ, qui ont épié leurs conversations et leurs allées et venues dans le but d’identifier leurs sources au sein des corps policiers.

Et au Canada « Ma chouette »

En juin dernier, le premier ministre canadien Justin Trudeau avait qualifié « d’inacceptable » la filature par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) des journalistes Joël-Denis Bellavance et Gilles Toupin de La Presse. La Cour suprême a elle-même reconnu l’intérêt de protéger les sources journalistiques notamment dans le cadre de l’affaire « Ma chouette » du nom de l’informateur qui a permis au correspondant du Globe and Mail à Ottawa, Daniel Leblanc, d’exposer au grand jour le scandale des commandites au gouvernement fédéral au début des années 2000. La protection des sources est reconnue par les tribunaux, au nom de l’intérêt public, et les journalistes peuvent publier des informations d’intérêt public qui sont confidentielles. La Cour d’appel de l’Ontario a récemment octroyé à une coalition d’organismes qui comprend Reporters sans frontières et le syndicat des communications d’Amérique le droit d’intervenir dans le cas du journaliste de Vice News, Ben Makuch qui souhaite faire annuler la décision d’un juge de la Cour supérieure de l’Ontario qui a ordonné au journaliste de remettre à la GRC ses communications avec une source anonyme.

Le journalisme d’enquête pratiqué dans des conditions parfois extrêmement difficiles et risquées a un effet salutaire sur la société. Des actions concrètes doivent être envisagées et sont nécessaires pour protéger les sources journalistiques et essentielles pour la liberté de presse, un droit fondamental consacré par la Charte canadienne des droits et libertés et reconnu par la Cour suprême du Canada. La procédure pour l’obtention d’un mandat de surveillance contre un journaliste devrait être plus contraignante pour les corps policiers.

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Publié le 5 décembre, 2016, dans la publication : Numéro 21 Volume 34

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Publié sur le site le 5 décembre 2016

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Surveillance policière des journalistes

La CAQ réclame une enquête publique

par Éric Cyr

La Coalition avenir Québec (CAQ) réclame une enquête publique sur la surveillance des journalistes par les services policiers après qu’un ordinateur d’un journaliste du Journal de Montréal ait été perquisitionné et le téléphone d’un chroniqueur de La Presse mis sous écoute et d’autres journalistes sous surveillance. Selon la CAQ rien ne justifie cette intrusion délibérée dans la liberté de presse.

Pour le chef de la CAQ et député de L’Assomption, François Legault, le comité annoncé par le premier ministre Philippe Couillard est insuffisant.

« Il importe d’instituer très rapidement une enquête publique sur l’espionnage des journalistes par les services policiers. Il est inacceptable que des enquêteurs aient accès aux données téléphoniques d’un journaliste seulement pour identifier des sources à l’intérieur d’un corps de police. L’affaire Lagacé n’est pas simplement préoccupante, elle fragilise notre démocratie et nos institutions », a souligné François Legault, qui presse le gouvernement à envoyer le bon message.

Élément fondamental de notre démocratie

« Une enquête publique pourra forcer tout le monde à témoigner pour qu’on sache combien de journalistes ont été surveillés. Philippe Couillard préfère nommer un groupe d’experts. La liberté de presse ne profite pas seulement aux journalistes : c’est un élément fondamental de notre démocratie. Le premier ministre doit démontrer du leadership, prouver que la liberté de presse est protégée en posant les gestes qui s’imposent. Il doit accepter de faire la lumière et non se fermer les yeux sur cette atteinte à la liberté de presse » a déclaré le chef caquiste.

Charest-Couillard, le même tableau

Le chef de la CAQ a rappelé les propos inquiétants du chef de police du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet, qui disait avoir « un travail à faire » et qu’il avait « suivi les règles ».

« Comme (l’ancien premier ministre libéral) Jean Charest au début du scandale de la construction, Philippe Couillard refuse d’aller chercher toutes les réponses. Le premier ministre ne semble pas comprendre toute la gravité de la situation. Il préfère passer la balle au maire de Montréal, préfère garder le chef de police jusqu’au printemps, le temps que son comité lui fournisse des recommandations. Ce n’est pas ça que les Québécois veulent. Ils souhaitent savoir ce qui s’est réellement passé. Il doit prendre le taureau par les cornes pour une fois. Je lui propose de déclencher une enquête publique sur la surveillance des journalistes par les services policiers » a réitéré le député caquiste.

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Publié le 5 décembre, 2016, dans la publication : Numéro 21 Volume 34

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