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Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté

Célébration du centième anniversaire de l’Armistice

par Éric Cyr

Légende : Le wagon de l’armistice. Source : Bibliothèque nationale de France/Gallicia

Le jour du Souvenir, connu aussi sous le nom de jour de l’Armistice, est une journée de commémoration annuelle observée en Europe et dans les pays du Commonwealth pour souligner les sacrifices de la Première Guerre mondiale et rendre hommage aux soldats morts au combat pendant cet affrontement sanguinaire ainsi que dans d’autres conflits armés. Cette tradition revêt une signification particulière cette année puisque le 11 novembre 2018 coïncide avec le centenaire de l’Armistice signé par les plénipotentiaires, le 11 novembre 1918, mettant ainsi fin aux hostilités entre les belligérants de la Grande Guerre.

Signature de l’armistice

Le commandant en chef des forces alliées sur le front occidental (ouest), le maréchal Foch, intraitable, signe, dans une ancienne voiture-restaurant de luxe réquisitionnée par l’armée française pour être aménagée en bureau, le traité de paix entre les états-majors alliés et allemands. L’Allemagne est forcée d’accepter les clauses dictées par les vainqueurs. C’est dans un lieu discret à l’abri des regards, la clairière de Rethondes, située près d’une gare au milieu de la forêt de Compiègne dans l’Oise, en France, que s’incline l’empire allemand. La sonnerie du clairon de l’armée française, qui annonce le cessez-le-feu, retentit, à la symbolique 11e heure le 11e jour du 11e mois 1918, officialisant la fin des hostilités.

Après la conclusion de la paix à Versailles en juin 1919, la Compagnie internationale des wagons-lits offre le fameux wagon emblématique de la victoire à l’État français, qui l’expose dans la cour d’honneur de l’hôtel des Invalides à Paris où il devient l’incarnation de ce qui était censé être la dernière lutte armée mondiale, la « der des ders », avant d’être oublié puis remarqué par un riche Américain en voyage qui propose de le changer d’emplacement et de le transporter jusque dans la fameuse clairière dite de l’Armistice à l’entre-deux-guerres où il est installé dans un musée inauguré le 11 novembre 1927 en présence du maréchal Foch et des officiers alliés présents lors de la signature de l’armistice.

Rebond de l’histoire

La montée du nazisme engendre la Deuxième Guerre mondiale et, en 1940, l’Allemagne triomphe. Adolf Hitler a une idée fixe, il veut assouvir sa vengeance et laver l’humiliation de 1918 qu’il qualifie de « diktat » du traité de Versailles imposé à l’Allemagne et qu’il considère comme un affront et une souillure. La Wehrmacht défile alors dans la célèbre clairière où Hitler cible la voiture de chemin de fer pour consacrer la défaite française où il signe l’armistice du 22 juin 1940 avec le gouvernement du maréchal Pétain à la suite de la bataille de France au début de la Seconde Guerre mondiale. Il prend la place symbolique du maréchal Foch dans un soin de propagande pour dicter ses conditions inflexibles à la France occupée. Après avoir détruit les monuments aux disparus de la Grande Guerre sauf le buste du maréchal, les nazis volent ensuite le wagon-salon qui est déplacé à Berlin en Allemagne où il est affiché comme trophée avant d’être mis à l’abri dans la forêt de Thuringe et à Ohrdruf puis à proximité à Crawinkel. C’est ici où les versions historiques divergent. Le fameux symbole finira-t-il incendié par la Schutzstaffel (SS) en 1945, juste avant la chute du IIIe Reich et la capitulation allemande ou alors détruit lors d’un bombardement de l’armée russe ou américaine ?

Figure historique

Aujourd’hui, le wagon de l’Armistice exposé au Musée de la clairière de Compiègne n’est pas une reproduction, mais bien un jumeau identique de l’authentique. Le président français Emmanuel Macron accompagné de la chancelière allemande Angela Merkel s’est rendu, le 10 novembre 2018, sur ce lieu de mémoire hautement significatif où se dresse désormais un musée à l’endroit où furent signés les armistices de 1918 et de 1940, une première en 78 ans pour une chef d’État allemand. Les deux dignitaires y ont signé le livre d’or. Une plaque commémorative est installée sur place et l’on peut y lire une inscription gravée dans la pierre : « Ici, le 11 novembre 1918, succomba le criminel orgueil de l’empire allemand vaincu par les peuples libres qu’il prétendait asservir. »

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Publié le 19 novembre, 2018, dans la publication : Numéro 19 Volume 36

  • 11 novembre 1918
  • 22 juin 1940
  • Allemagne
  • Centenaire armistice
  • Centième anniversaire Armistice
  • France
  • Hitler
  • Maréchal Foch
  • Première Guerre mondiale

Publié sur le site le 19 novembre 2018

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