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Médecine vétérinaire

Une sommité mondiale à Fermont

par Éric Cyr

Source photo : France Rodrigue

Le docteur en médecine vétérinaire Jerry Vanek était récemment de passage à Fermont dans le cadre de la 5e édition du Défi Taïga 200 afin de conclure une importante recherche qui s’est échelonnée sur une période de cinq ans. Le spécialiste de renom a mené une étude scientifique internationale sur l’attelage des chiens dans le cadre de laquelle il a été appelé à se rendre à 24 courses dans sept pays où il a examiné 8000 chiens et interrogé 800 meneurs de chiens (mushers).

Atteler ses rêves

Oeuvrant au sein de l’équipe de vétérinaires bénévoles à Fermont, il a mené son enquête ciblée en parallèle tout en s’assurant que les chiens reçoivent les soins appropriés avant, pendant et après la course. Le spécialiste a répertorié des informations au sujet de plusieurs variables concernant les chiens comme l’âge, le sexe, le poids, la race, le rang (position) au sein de l’équipe, la stérilisation ou non, le type de harnais et d’attelage utilisé, les blessures, le résultat de la course, etc. Le vétérinaire se plait à répéter la phrase suivante qui définit bien son leitmotiv : « Attelle tes rêves et conduis-les jusqu’au fil d’arrivée. »

Un parcours impressionnant

Ayant grandi dans une région rurale du nord-ouest du Minnesota aux États-Unis, Jerry Vanek a développé très tôt un grand intérêt pour les chiens, mais il ne se doutait pas à l’époque qu’il deviendrait professeur en médecine vétérinaire dans deux universités américaines et que cette passion le mènerait à donner des conférences et des cours magistraux partout à travers le monde, dont un séminaire à l’Université Harvard, et même jusqu’à prendre part à une expédition en Antarctique en 1993. L’homme a dévoué sa carrière aux chiens d’attelage. Dans le cadre de sa profession, il s’est rendu à la pointe sud du Chili, en Norvège septentrionale, en Suède, en Finlande, en République tchèque, en Pologne, en Italie, au Cap-Occidental en Afrique du Sud et dans les forêts du Maine aux États-Unis jusqu’au Yukon au Canada et à l’extrême pointe ouest de l’Alaska. Il a été vétérinaire dans plus d’une centaine de courses et d’expéditions dans dix pays sur quatre continents, depuis 1992, incluant les célèbres Alaska Iditarod et Yukon Quest. Il a de plus été appelé à trois reprises pour la reconstitution de la glorieuse course au sérum de 1925 (connue aussi sous le nom de grande course de la Miséricorde), un transport improvisé en urgence en Alaska par chemins de fer puis par traîneaux à chiens d’une caisse de sérum antidiphtérique sur plus de mille kilomètres entre Anchorage et Nome affligé par une épidémie en 1925, ce qui a contribué à sauver de nombreuses vies. C’est cet événement historique véridique qui a fait la renommée de Gunnar Kaasen et de son chien de tête, Balto, dont la détermination a inspiré le film d’animation de 1995 Balto, chien-loup, héros des neiges.

En quête de nordicité

« La plupart des gens veulent se tenir à l’écart de la neige, pour ma part je la pourchasse. Étant gamin j’écoutais la série télévisée Sergent Preston of the Yukon. J’ai attelé mon premier chien en 1964 et j’ai eu mon premier husky en 1958. Je suis vétérinaire depuis 1988, mais j’ai aussi pris part à des compétitions de 1975 à 1987 », confie modestement ce dernier qui explique que les connaissances dans ce domaine ont beaucoup évolué au cours des années tant au niveau de l’aspect des équipements que de l’organisation des courses. « Les chiens de traîneau constituent un apport économique important à travers le monde et, depuis les années 1970, plusieurs ingrédients sophistiqués et nutritifs, ont d’abord été testés sur ceux-ci avant d’être incorporés à la nourriture animale, par exemple les probiotiques, la pulpe de betterave et différents types de lipides comme le gras de poulet et des mélanges destinés à une meilleure protection des cartilages. »

L’homme et la bête

« Les conducteurs de traîneaux à neige se soucient véritablement de leurs compagnons à quatre pattes. Ils entretiennent avec ceux-ci une relation privilégiée puisqu’ils sont en leur compagnie 365 jours par année, ils les observent, les nourrissent et leur prodiguent des soins de façon quotidienne. Ils ne feraient rien d’intentionnel pouvant leur nuire, mais ce sont des êtres humains et donc ils peuvent parfois commettre des erreurs comme n’importe qui » selon le spécialiste qui explique que le principal moyen de se réchauffer pour un canin, tout comme pour un humain, est de manger, de boire et de dormir. Le halètement chez le chien est aussi un comportement naturel destiné à réguler sa température corporelle et à le rafraîchir. La gueule ouverte et la langue pendante, l’animal respire alors rapidement par exemple après un effort physique ou lorsqu’il fait chaud, mais aussi lorsque le chien est stressé, anxieux ou qu’il a peur.

« Les chiens nous parlent constamment et les coureurs doivent observer le comportement général et la posture des chiens de trait durant une course. C’est une forme de communication non verbale. » « Il y a un dicton qui dit que tu ne peux pousser une corde. Si le chien ne veut pas avancer, il ne le fera pas. Les pilotes d’attelages n’utilisent pas le fouet et les chiens sont guidés exclusivement par des commandes vocales et sonores. Ils ne sont pas forcés ou brutalisés puisqu’ils adorent courir et sont toujours prêts à s’élancer sur la piste. »

Les attelages sont munis de plusieurs dispositifs mécaniques de freinage pour ralentir ou arrêter incluant un ancrage à neige et au moins un crochet de neige, un mousqueton et un câble d’ancrage, mais aussi une méthode physique, un tapis de traîne.

De véritables athlètes

« Les chiens comptent avec les loups parmi les plus grands athlètes sur la planète. Ils disposent d’habiletés naturelles impressionnantes qui les incitent à vouloir courir. Ils ont hérité d’une génétique particulière notamment un cœur volumineux et la capacité pour leur métabolisme de convertir leurs graisses en énergie. Pour se faire, ils ont besoin d’absorber beaucoup d’oxygène, raison pour laquelle la mesure de leur consommation maximale d’oxygène (Vo2 max) est trois fois supérieure à celle de l’humain à leur plus haut niveau de performance. »

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Publié le 16 avril, 2018, dans la publication : Numéro 07 Volume 36

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Publié sur le site le 16 avril 2018

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