Fiascos informatiques fédéraux
Une enquête est réclamée à l’unanimité
par Éric Cyr
À l’initiative du Bloc québécois (BQ), toutes les formations politiques à Ottawa ont adopté en comité parlementaire, le 12 mars 2026, une motion unanime demandant au gouvernement fédéral de lancer une consultation gouvernementale publique et indépendante sur les dépassements de coûts exorbitants des contrats informatiques fédéraux, notamment ceux des plateformes Cúram, Phénix et ArriveCAN, que l’on pourrait qualifier de déconfiture. On se souviendra du gâchis monumental causé par le logiciel de gestion des ressources humaines, le système de paie Phénix lancé en 2016, qui est devenu un gouffre financier majeur et dont les répercussions se font encore sentir une décennie plus tard.
« C’est la première fois que des libéraux appuient notre demande d’enquête publique, alors que 85 000 retraités vivent des problèmes avec leur pension de vieillesse à cause du logiciel Cúram. C’est aussi la première fois que des libéraux constatent que presque 5 milliards de dollars en dépassements de coûts, ça soulève des interrogations. Finalement, c’est aussi la première fois que des libéraux réalisent que c’est inquiétant que ce genre de dépassements de coûts et d’erreurs se reproduisent constamment dans les chantiers informatiques du gouvernement canadien. Cette motion forcera maintenant la Chambre des communes à débattre et à voter sur cette demande unanime et légitime d’enquête publique et indépendante », a déclaré la députée de Côte-Nord-Kawawachikamach-Nitassinan, Marilène Gill, du Bloc québécois.
Faire la lumière sur ces désastres
La motion adoptée unanimement par les membres du Comité permanent des comptes publics entraînera un débat et un vote sur cette demande d’enquête que le Bloc québécois a présentés en Chambre lors de la semaine parlementaire du 23 mars. Tous les partis politiques sans exception réclament « que le Comité fasse rapport à la Chambre pour demander au gouvernement d’instaurer une enquête publique et indépendante sur les dépassements de coûts des contrats informatiques, parmi lesquels, notamment, Phénix, ArriveCAN et la modernisation du versement des prestations. »
Des échos jusqu’à Québec
Ce libellé fait écho à une motion également unanime adoptée par l’Assemblée nationale du Québec, le 25 février dernier, demandant « au gouvernement fédéral de mettre en place une enquête publique et indépendante sur les contrats informatiques fédéraux » et citant expressément en exemple les trois mêmes logiciels.
« Le Bloc québécois ira jusqu’au bout, au nom de tous les Québécois qui sont victimes d’erreurs de ces fiascos informatiques fédéraux, mais aussi au nom de tous ceux qui en ont assez de voir les libéraux gaspiller notre argent sans compter. J’invite le gouvernement de Mark Carney à faire preuve de transparence et à lancer cette enquête publique et indépendante essentielle », a conclu Marilène Gill.