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    Industrie minière

    Les exploitants de fer en mode frugal

Compagnies Minières

Les exploitants de fer en mode frugal

Industrie minière

Les exploitants de fer en mode frugal

Industrie minière

Les exploitants de fer en mode frugal

par Éric Cyr

Les multinationales qui exploitent des mines de fer disséminées dans la Fosse du Labrador doivent composer avec les aléas du marché mondial, notamment les fluctuations des prix et l’accroissement important du coût des carburants, dans un contexte géopolitique particulièrement instable.

ArcelorMittal :

une réduction des dépenses

À Fermont et sur la Côte-Nord, ArcelorMittal a choisi, pour l’instant, une approche différente en misant sur la compression de ses déboursements. L’entreprise a entrepris un important exercice visant à réduire ses dépenses opérationnelles de 10 %. Cette mesure survient dans un contexte marqué par l’augmentation des coûts des matières premières, de l’énergie et du transport maritime, alors que le prix du minerai de fer exerce une pression sur les revenus. Selon la minière, aucune perte d’emploi n’est directement liée à ce programme et les objectifs de production n’ont pas été abaissés. La décision illustre néanmoins les efforts actuellement déployés par les grandes sociétés minières pour améliorer leur efficacité et contrôler leurs dépenses. ArcelorMittal demeure l’un des piliers économiques de la région, avec ses installations minières de Mont-Wright et de Fire Lake, son réseau ferroviaire et ses installations de transformation et d’expédition sur la Côte-Nord.

MFQ :

des postes supprimés

La situation est plus directe pour Minerai de fer Québec (MFQ), filiale de Champion Iron, qui a supprimé 45 postes à sa mine du Lac Bloom, près de Fermont. La décision touche une organisation qui comptait près de 1460 employés. MFQ a expliqué cette diminution par la forte pression exercée sur ses coûts d’exploitation. Le carburant, les explosifs et le transport maritime figurent notamment parmi les dépenses qui ont augmenté et qui réduisent la marge de manœuvre des producteurs. Cette décision survient alors que Champion Iron poursuit parallèlement ses investissements afin d’accroître la proportion de concentré de très haute pureté produit sur place. Le site minier possède deux concentrateurs d’une capacité nominale combinée de 15 millions de tonnes par année et produit déjà un concentré à haute teneur en fer. La stratégie de la minière consiste notamment à miser davantage sur des produits de qualité supérieure, susceptibles de mieux répondre aux besoins futurs de la sidérurgie. La baisse des effectifs rappelle toutefois que les investissements majeurs et les perspectives à long terme ne mettent pas une entreprise à l’abri des difficultés immédiates.

IOC :

la restructuration se poursuit

Chez Rio Tinto IOC, les difficultés opérationnelles ont déjà eu des conséquences sur l’emploi. Depuis septembre 2025, des dizaines de postes de cadres et de gestionnaires ont été touchés à Labrador City et à Sept-Îles sur la Côte-Nord dans le cadre d’une réorganisation interne. Pour l’instant, les employés syndiqués n’ont pas été visés par ces mises à pied. La situation démontre néanmoins que même un joueur de cette envergure n’est pas à l’abri des impératifs de productivité et de réduction des coûts. IOC exploite un immense complexe intégré comprenant la mine et l’usine de traitement de Labrador City, un chemin de fer de 418 kilomètres et des installations portuaires à Sept-Îles. Cette intégration constitue une force, mais elle implique également des coûts considérables et une dépendance à l’efficacité de chacun des maillons de la chaîne. Dans une industrie où les marges peuvent rapidement se resserrer, une baisse de production ou un problème opérationnel, comme les interruptions temporaires de circulation sur le chemin de fer QNS&L survenues en août dernier, peut avoir des répercussions importantes sur les activités et les résultats financiers. Les ventes de minerai de fer d’IOC ont atteint près de 3,2 millions de tonnes au deuxième trimestre de 2026, mais le volume écoulé n’est qu’un élément de l’équation :
le coût nécessaire pour livrer ce minerai sur les marchés demeure tout aussi déterminant.

Tacora Resources :

un contexte fragile

Tacora Resources exploite la mine Scully à Wabush, une opération dont l’histoire récente illustre bien les difficultés du secteur du minerai de fer dans l’Ouest du Labrador. La mine avait cessé ses activités en 2014 avant d’être acquise par Tacora et relancée en 2019. Cette entreprise doit elle aussi composer avec les réalités d’une exploitation nordique éloignée des marchés. La compagnie mise sur la production d’un concentré de minerai à haute teneur en fer et à faible teneur en silice, recherché notamment dans le contexte de la production d’acier à plus faible empreinte environnementale. Mais un produit de qualité ne protège pas automatiquement une entreprise contre la hausse des coûts ou les fluctuations du marché. Les inquiétudes entourant l’emploi et les compressions chez les producteurs voisins ajoutent à l’incertitude dans une région où l’économie demeure fortement dépendante du minerai de fer. Toute réduction d’activité dans une mine peut également toucher les entrepreneurs, les fournisseurs, les transporteurs et les commerces locaux.

Tata Steel :

la leçon de Schefferville

Plus au nord, Tata Steel Minerals Canada (TSMC) connaît également les vicissitudes du marché du fer. Un épisode survenu en 2022 illustre cette réalité. La compagnie avait alors temporairement interrompu la majeure partie de ses activités près de Schefferville, invoquant précisément la baisse du prix du minerai et l’augmentation des coûts d’exploitation. Elle estimait alors que moins de 200 employés seraient affectés par cet arrêt temporaire. Les opérations ont finalement repris après une amélioration des conditions du marché. L’épisode demeure néanmoins révélateur de la réalité du secteur : une mine peut être pleinement fonctionnelle une année et devoir ralentir ou suspendre sa production lorsque les conditions économiques se détériorent.

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Publié le 6 octobre, 2026, dans la publication : Numéro_16 Volume_44

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Publié sur le site le 6 octobre 2026

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