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    Une 5 octobre, 2020

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Une 5 octobre, 2020

Monument aux travailleurs disparus

Industrie minière

Les exploitants de fer en mode frugal

par Éric Cyr

Les multinationales qui exploitent des mines de fer disséminées dans la Fosse du Labrador doivent composer avec les aléas du marché mondial, notamment les fluctuations des prix et l’accroissement important du coût des carburants, dans un contexte géopolitique particulièrement instable.

ArcelorMittal :

une réduction des dépenses

À Fermont et sur la Côte-Nord, ArcelorMittal a choisi, pour l’instant, une approche différente en misant sur la compression de ses déboursements. L’entreprise a entrepris un important exercice visant à réduire ses dépenses opérationnelles de 10 %. Cette mesure survient dans un contexte marqué par l’augmentation des coûts des matières premières, de l’énergie et du transport maritime, alors que le prix du minerai de fer exerce une pression sur les revenus. Selon la minière, aucune perte d’emploi n’est directement liée à ce programme et les objectifs de production n’ont pas été abaissés. La décision illustre néanmoins les efforts actuellement déployés par les grandes sociétés minières pour améliorer leur efficacité et contrôler leurs dépenses. ArcelorMittal demeure l’un des piliers économiques de la région, avec ses installations minières de Mont-Wright et de Fire Lake, son réseau ferroviaire et ses installations de transformation et d’expédition sur la Côte-Nord.

MFQ :

des postes supprimés

La situation est plus directe pour Minerai de fer Québec (MFQ), filiale de Champion Iron, qui a supprimé 45 postes à sa mine du Lac Bloom, près de Fermont. La décision touche une organisation qui comptait près de 1460 employés. MFQ a expliqué cette diminution par la forte pression exercée sur ses coûts d’exploitation. Le carburant, les explosifs et le transport maritime figurent notamment parmi les dépenses qui ont augmenté et qui réduisent la marge de manœuvre des producteurs. Cette décision survient alors que Champion Iron poursuit parallèlement ses investissements afin d’accroître la proportion de concentré de très haute pureté produit sur place. Le site minier possède deux concentrateurs d’une capacité nominale combinée de 15 millions de tonnes par année et produit déjà un concentré à haute teneur en fer. La stratégie de la minière consiste notamment à miser davantage sur des produits de qualité supérieure, susceptibles de mieux répondre aux besoins futurs de la sidérurgie. La baisse des effectifs rappelle toutefois que les investissements majeurs et les perspectives à long terme ne mettent pas une entreprise à l’abri des difficultés immédiates.

IOC :

la restructuration se poursuit

Chez Rio Tinto IOC, les difficultés opérationnelles ont déjà eu des conséquences sur l’emploi. Depuis septembre 2025, des dizaines de postes de cadres et de gestionnaires ont été touchés à Labrador City et à Sept-Îles sur la Côte-Nord dans le cadre d’une réorganisation interne. Pour l’instant, les employés syndiqués n’ont pas été visés par ces mises à pied. La situation démontre néanmoins que même un joueur de cette envergure n’est pas à l’abri des impératifs de productivité et de réduction des coûts. IOC exploite un immense complexe intégré comprenant la mine et l’usine de traitement de Labrador City, un chemin de fer de 418 kilomètres et des installations portuaires à Sept-Îles. Cette intégration constitue une force, mais elle implique également des coûts considérables et une dépendance à l’efficacité de chacun des maillons de la chaîne. Dans une industrie où les marges peuvent rapidement se resserrer, une baisse de production ou un problème opérationnel, comme les interruptions temporaires de circulation sur le chemin de fer QNS&L survenues en août dernier, peut avoir des répercussions importantes sur les activités et les résultats financiers. Les ventes de minerai de fer d’IOC ont atteint près de 3,2 millions de tonnes au deuxième trimestre de 2026, mais le volume écoulé n’est qu’un élément de l’équation :
le coût nécessaire pour livrer ce minerai sur les marchés demeure tout aussi déterminant.

Tacora Resources :

un contexte fragile

Tacora Resources exploite la mine Scully à Wabush, une opération dont l’histoire récente illustre bien les difficultés du secteur du minerai de fer dans l’Ouest du Labrador. La mine avait cessé ses activités en 2014 avant d’être acquise par Tacora et relancée en 2019. Cette entreprise doit elle aussi composer avec les réalités d’une exploitation nordique éloignée des marchés. La compagnie mise sur la production d’un concentré de minerai à haute teneur en fer et à faible teneur en silice, recherché notamment dans le contexte de la production d’acier à plus faible empreinte environnementale. Mais un produit de qualité ne protège pas automatiquement une entreprise contre la hausse des coûts ou les fluctuations du marché. Les inquiétudes entourant l’emploi et les compressions chez les producteurs voisins ajoutent à l’incertitude dans une région où l’économie demeure fortement dépendante du minerai de fer. Toute réduction d’activité dans une mine peut également toucher les entrepreneurs, les fournisseurs, les transporteurs et les commerces locaux.

Tata Steel :

la leçon de Schefferville

Plus au nord, Tata Steel Minerals Canada (TSMC) connaît également les vicissitudes du marché du fer. Un épisode survenu en 2022 illustre cette réalité. La compagnie avait alors temporairement interrompu la majeure partie de ses activités près de Schefferville, invoquant précisément la baisse du prix du minerai et l’augmentation des coûts d’exploitation. Elle estimait alors que moins de 200 employés seraient affectés par cet arrêt temporaire. Les opérations ont finalement repris après une amélioration des conditions du marché. L’épisode demeure néanmoins révélateur de la réalité du secteur : une mine peut être pleinement fonctionnelle une année et devoir ralentir ou suspendre sa production lorsque les conditions économiques se détériorent.

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Publié le 6 octobre, 2026, dans la publication : Numéro_16 Volume_44

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Publié sur le site le 6 octobre 2026

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ArcelorMittal

Une entente de principe

par Éric Cyr

Une entente de principe en vue du renouvellement de la convention collective des travailleurs des cinq sections locales du Syndicat des Métallos d’ArcelorMittal sur la Côte-Nord a été conclue entre le comité de négociation et la compagnie minière, le 14 mai 2025.

Les quelque 2500 adhérents des unités syndicales locales 5778 (mines de fer de Mont-Wright et de Fire Lake à Fermont), 6869 (chemin de fer et le port à Port-Cartier), 7401 et 7401-FP Sud (employés de bureau de Port-Cartier et techniciens en protection des incendies), 7401 Nord et 7401-FP (employés de bureau de Fermont et force protectrice), et 8664 (usine de bouletage de Port-Cartier) ont été conviés à des assemblées délibérantes durant les jours suivants afin de se prononcer sur l’acceptation ou le rejet du contenu de cet accord de principe, une étape préliminaire à la signature d’un éventuel futur contrat de travail. Cette entente de principe n’a pas de valeur officielle jusqu’à ce que les syndiqués en aient pris connaissance et se soient prononcés sur sa teneur dans le cadre d’un suffrage, ce qui est était prévu pour le 22 mai.

« Les membres nous ont donné un rapport de force important avec les votes de grève quasi unanimes pris lors des assemblées officielles précédentes. Le comité de négociation estime être arrivé à obtenir une entente de principe à la hauteur du mandat donné par les membres. Ce sera maintenant à ceux-ci d’en évaluer le contenu et de se prononcer en assemblée générale », explique le représentant syndical des Métallos, Marc Tremblay.

ArcelorMittal Mines et Infrastructures Canada est pour sa part « heureuse d’annoncer qu’une entente de principe est survenue entre l’entreprise et les exécutifs des cinq sections locales du Syndicat des Métallos » en jugeant que « les objectifs des deux parties ont été atteints, reflétant un climat de collaboration et de respect mutuel » et que « cette entente pourra générer des retombées positives pour la Côte-Nord, notamment en favorisant la stabilité économique et le développement local. » ArcelorMittal se dit satisfaite de ces négociations qui permettent d’en arriver à une entente juste et équitable pour toutes les parties et dont la dernière phase s’est déroulée en présence d’un conciliateur nommé par le ministère du Travail.

La proposition patronale précédente qui ne répondait pas aux attentes des syndiqués avait été rejetée par ces derniers dans le cadre d’un vote dont la proportion oscillait entre 95 % et
99,8 % selon la section syndicale. Les membres se sont dotés du même souffle d’un mandat de grève à déclencher au moment jugé opportun.

Ni le syndicat, ni l’employeur n’ont souhaité commenter plus en détail le contenu de l’entente de principe avant que celle-ci ne soit entérinée par les syndiqués.

Au moment de mettre sous presse, le résultat du vote des syndiqués n’était pas encore connu.

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Publié le 27 mai, 2025, dans la publication : Numéro 10 Volume_43

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Publié sur le site le 27 mai 2025

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Industrie minière

Des redevances en abondance

par Éric Cyr

Source photo : Freepik

L’industrie minière a rapporté des sommes colossales au trésor québécois ces dernières années notamment en 2021. Le gouvernement du Québec a empoché cette année-là près d’un milliard de dollars, et plus exactement 926 millions, un sommet inégalé selon des données dévoilées dans un article de La Presse. De ce montant, ce sont les mines de fer de la région qui sont les plus payantes.

L’impôt minier sur le profit annuel des exploitants, qui varie de 16 à 28 % selon la marge bénéficiaire, a atteint un sommet en 2021 alors que les mines de Mont-Wright et de Fire Lake d’ArcelorMittal ont fait engranger 335,5 M $ à Québec et que la mine du Lac Bloom de Minerai de fer Québec (MFQ) a versé des droits miniers de 137,4 M $. Un total de 472,9 M $ a été recueilli seulement pour cette année-là juste dans le secteur de Fermont. L’année précédente, en 2020, c’est 306,1 M $ qui a été fourni par les deux minières fermontoises soit 175,5 M $ par ArcelorMittal et 130,6 M $ par MFQ.

Les exploitations minières de la Côte-Nord contribuent grandement à garnir les coffres de l’État québécois qui bénéficie de cette manne associée au prix élevé des métaux. Les montants versés suivent la fluctuation du prix des matières premières et comme la demande en fer a connu une croissance vertigineuse durant ces années, atteignant en moyenne à son point culminant jusqu’à 162 dollars américains la tonne, les deux entreprises minières qui exploitent un gisement de fer en territoire fermontois constituent une véritable manne pour le gouvernement du Québec. En 2020 et 2021, un total de 779 M $ a été envoyé dans les coffres de l’état québécois par ces compagnies.

Côte-Nord, la vache à lait

Cet exemple illustre bien toute l’importance stratégique de la Côte-Nord dont les besoins primaires notamment au niveau des transports semblent malheureusement avoir trop souvent été délaissés par les gouvernements successifs depuis de nombreuses années. Malgré l’abondance de richesses et de matières premières comme l’hydroélectricité et le fer, qui contribuent largement à enrichir les recettes publiques, la Côte-Nord est la seule région du Québec à devoir composer avec une démographie négative. Le contexte du manque de fluidité dans les domaines du transport contribue très certainement au phénomène qui nuit à toutes les sphères économiques et sociales. Plusieurs voix influentes s’élèvent en réclamant le désenclavement du territoire nord-côtier, ce qui ne semble pas avoir ému le gouvernement actuel puisque la route 138 demeure inachevée, il n’y a toujours pas de pont à l’embouchure de la rivière Saguenay à Tadoussac, la route nationale 389 ne respecte pas les normes minimales de sécurité, le service de traversiers est souvent compromis et le service aérien régional est peu fiable et ne répond pas aux besoins de l’ensemble des localités nord-côtières. Le gouvernement Legault, qui a nommé une ministre responsable de la Côte-Nord originaire de la région, réussira-t-il à inverser la tendance ? À suivre.

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Publié le 24 avril, 2023, dans la publication : Numéro_08 Volume_41

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Publié sur le site le 24 avril 2023

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Devoir de mémoire

Monument aux travailleurs disparus

par Éric Cyr

Un mémorial a été érigé par le Syndicat des Métallos en hommage aux travailleurs miniers de la section locale 5778 décédés dans le cadre de leurs fonctions à côté du columbarium à Fermont, et dont le dévoilement a été fait le 22 septembre dernier, devant une foule d’une soixantaine de personnes incluant des représentants des familles de certaines de ces victimes ayant malheureusement perdu la vie. Ce témoignage de respect coïncide avec le 60e anniversaire de cette cellule syndicale de Gagnon, Fire Lake et Fermont.

La présidente des membres de cette unité, Karine Sénéchal, a prononcé un discours émouvant lors de la cérémonie officielle à côté de la structure de granit surplombée d’un casque de mineur qui est située aux abords de la municipalité nordique. « Ce monument est bien en vue et les familles pourront s’y recueillir. Elle constitue aussi un rappel de l’importance de la prévention des accidents et de la nécessité de faire preuve de prudence dans leur milieu de travail pour les travailleurs qui l’apercevront en partant pour les mines. » Par la suite, la représentante à la prévention, Nadine Joncas, a lu avec grande émotion une lettre rédigée par la fille d’un de ces travailleurs disparus, Noémie Lebel, qui avait seulement 6 mois quand elle a perdu son père, Steve Lebel, il y a trente ans.

Le coordonnateur régional des Métallos, Nicolas Lapierre, était sur place pour l’occasion. Après avoir salué l’auditoire et particulièrement les familles endeuillées qui ont perdu un être cher, le syndicaliste a rappelé l’importance d’un réel paritarisme en santé et en sécurité. « Le Syndicat des Métallos souffre et comprend votre douleur. Nous sommes ici afin qu’on se souvienne des travailleurs et travailleuses qui ont perdu la vie chez nous, dans nos milieux de travail et de l’apport qu’ils ont eu. Nous avons un devoir de mémoire afin que d’autres drames soient évités. Il y a eu beaucoup d’améliorations en santé et en sécurité, mais il reste beaucoup à faire. Le paritarisme doit exister dans tous les milieux de travail et doit être au centre de nos actions. C’est une bataille quotidienne qui exige de la détermination et de la ténacité. La santé et la sécurité doivent être des valeurs qui se sentent, que l’on estime, qui se vivent et qui font partie d’une véritable culture d’entreprise afin qu’elle rejaillisse sur l’ensemble du personnel. »

Afin de ne jamais oublier…

On peut lire ces mots gravés dans la pierre sur le devant de l’imposante structure : « Mémorial en hommage aux travailleurs décédés. Le temps qui adoucit la peine n’efface pas le souvenir. Afin de ne jamais oublier nos collègues décédés au travail, ce mémorial leur rend hommage pour ce qu’ils ont accompli et d’y avoir laissé leur vie. Nous nous souviendrons de vous à jamais! » Un peu plus bas est inscrit : un père, un conjoint, un fils, un frère, un oncle, un ami, un collègue ainsi que les années où au moins un drame est survenu dans l’une des trois mines de fer du Lac Jeannine, de Fire Lake et du Mont-Wright : 1961, 1962, 1964, 1969, 1972, 1973, 1974 (Jean-Noël Savard), 1976, 1978, 1979, 1988, 1989 (Jacques Dancause), 1990 (Steve Lebel), 1997 (Hubert Sirois), 1999 (René Huest) et 2019 (Vincent Bigonesse).

Pour cette commémoration, des lampions avaient été déposés sur le monument et des photos de disparus étaient aussi mises en évidence.

Comme ces tragédies se sont produites dans deux municipalités, soit la défunte ville de Gagnon et Fermont, et s’échelonnent sur plus d’un demi-siècle, les recherches se poursuivent afin de répertorier les travailleurs manquants qui ont péri sur leur lieu de travail dont plusieurs demeurent inconnus pour l’instant. Le Syndicat des Métallos vous invite à le contacter si vous en connaissez.

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Publié le 5 octobre, 2020, dans la publication : Numéro_16 Volume 38

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Publié sur le site le 5 octobre 2020

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