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    PAAR

    Une 18 février, 2025

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Le Québec en mode riposte

PAAR

Une nouvelle version

par Éric Cyr

Source photo : Pixabay

De nouvelles modalités pour le Programme d’accès aérien aux régions (PAAR) sont entrées en vigueur, le 3 février 2025. Ce remodelage a été instauré par le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui estime que ses changements inciteront les compagnies d’aviation à bonifier leur offre. Selon la nouvelle mouture, les clients d’un vol commercial pourront dorénavant voyager au Québec en profitant d’un rabais gouvernemental disparate à l’achat de 50 % à 85 % sur le prix des billets d’avion au lieu de l’ancienne version lancée en 2022 qui proposait un tarif fixe de 500 $ aller-retour exclusif pour les vols en partance ou à destination des aéroports de Québec, Montréal et Saint-Hubert. Le rabais s’applique dorénavant selon l’itinéraire pour les destinations admissibles au programme.

La nouvelle formule ne fait cependant pas l’unanimité et des spécialistes du domaine croient que des modifications plus substantielles sont indispensables afin d’assurer un meilleur service dans certaines régions comme la Côte-Nord. Il existe d’ailleurs des disparités et variantes selon les localités où les passagers souhaitent monter à bord. En résumé, les deux programmes sont fusionnés en un seul avec pour objectif de simplifier la procédure. Les billets offerts précédemment dont le prix était fixé à « 500 $ » ont été éliminés pour être remplacés par un rabais modulé selon les distances. Alors que le volet 1 de l’ancienne version du PAAR permettait aux résidents de certaines régions admissibles d’acheter un billet d’avion et de se faire rembourser une partie de son coût, il ne sera plus nécessaire dorénavant pour les consommateurs de faire une demande de remboursement auprès du ministère des Transports et de la Mobilité durable pour profiter d’un rabais. La nouvelle structure prévoit que pour se prévaloir d’une réduction, les voyageurs devront acheter un billet subventionné directement auprès d’un transporteur aérien participant au programme. La procédure exacte pour y avoir accès est indiquée sur le site Internet de chacun des transporteurs. Bien que la méthode puisse varier légèrement d’une entreprise aérienne à l’autre, le rabais gouvernemental s’appliquera pendant le processus d’achat dans tous les cas.

Une limite de six billets aller simple (trois allers-retours) par année par personne a été fixée. Toutefois, cette barrière annuelle ne s’applique pas si votre résidence principale est située dans la région de la Côte-Nord et donc les résidents nord-côtiers n’ont pas de limites quant au nombre de voyages. Les billets pour des déplacements par l’intermédiaire de liaisons aériennes régionales (vols entre régions) dont l’origine et la destination sont situées au Québec sont admissibles au programme. Les déplacements au sein d’une même région (vols intrarégionaux) sont aussi admissibles. Tout déplacement vers une destination située hors du Québec est exclu (à l’exception de Wabush au Labrador). Les organismes sans but lucratif et les voyages étudiants sont maintenant admissibles. Les déplacements pour affaires et pour le travail ne sont cependant pas inclus.

À titre d’exemple, un rabais de 60 % pourra être appliqué pour l’aéroport de Wabush (Fermont) et de 85 % pour celui de Schefferville. Un voyageur pourra obtenir 60 % de rabais pour l’aéroport de Baie-Comeau et 50 % pour l’aéroport de Sept-Îles. Cette mesure est aussi valide pour les aéroports de la Basse-Côte-Nord (85 %), de Havre-Saint-Pierre en Minganie et Port-Menier sur l’île d’Anticosti (75 %), de Val-d’Or et Rouyn-Noranda en Abitibi, Mont-Joli au Bas-Saint-Laurent, Bonaventure et Gaspé en Gaspésie (50 %) ainsi que les Îles-de-la-Madeleine (60 %) pour ne nommer que quelques dessertes aériennes couvertes.

Si vous avez acheté un billet au prix courant avant le 3 février 2025, il sera possible de vous faire rembourser selon les modalités du programme qui étaient en vigueur avant cette date. Tout billet acheté au prix régulier après le 31 mars 2025 ne pourra pas faire l’objet d’une demande de remboursement dans le cadre de l’ancien volet 1 puisque les billets subventionnés seront disponibles directement au moment de l’achat. Pour plus d’informations ou des précisions, communiquer par courriel à l’adresse suivante : transport.aerien@transport.gouv.qc.ca ou par téléphone au 1 800 717-8082, option 1 (sans frais au Québec). Les agences de voyages peuvent aussi vous aider à y voir plus clair.

Transport aérien régional

Des tarifs plus élevés un peu partout au Québec

Selon le Parti québécois (PQ), la nouvelle mouture du Programme d’accès aérien aux régions (PAAR) instaurée par le gouvernement Legault ne répond pas aux aspirations et aux exigences des régions du Québec dans le domaine du transport aérien.

Le porte-parole du Parti québécois en matière de transport, le député des Îles-de-la-Madeleine Joël Arseneau, déplore le contenu de la nouvelle version du PAAR récemment implantée par la Coalition avenir Québec (CAQ). « Que l’on vive aux Îles-de-la-Madeleine, à Gaspé, à Baie-Comeau, en Abitibi-Témiscamingue ou même au Saguenay–Lac-Saint-Jean, les Québécoises et Québécois paieront dorénavant en moyenne plus cher pour se déplacer en avion depuis la récente mise en œuvre du nouveau Programme d’accès aérien aux régions de la CAQ », a affirmé, le 6 février 2025, Joël Arseneau. « On réclamait depuis deux ans des améliorations du PAAR, mais les régions ressortent dans l’ensemble perdantes », calcule-t-il.

« Si l’objectif de la CAQ est d’augmenter le fardeau financier des citoyens qui dépendant d’un transport aérien régional efficace et abordable, c’est réussi », ironise le député madelinot qui dénonce la perte des acquis pour le soutien ciblé aux habitants des régions depuis 1989 et fait ressortir l’effet inflationniste de la révision du PAAR.

M. Arseneau explique qu’un seul regard sur les grilles de tarification des transporteurs aériens suffit à comprendre que le déplafonnement des tarifs à 500 $ entraîne une hausse généralisée des prix des billets d’avion pour les destinations régionales.

Dès l’annonce des nouvelles modalités du programme, en décembre, le député Arseneau a critiqué les nouvelles règles qui menaçaient de faire augmenter les coûts des billets d’avion pour les gens des régions du Québec. « Alors que le principe derrière le programme visait à réduire le coût des déplacements pour stimuler l’achalandage, c’est tout le contraire qui risque d’arriver avec le déplafonnement des tarifs », déplore l’élu. De plus, le député du Parti québécois se questionne à savoir combien de places seront offertes pour chaque catégorie de tarifs et pourquoi la CAQ insiste pour subventionner les billets d’avion des touristes des milieux urbains et des visiteurs d’Europe, d’Asie ou des États-Unis aux dépens des citoyens des régions ? Il rappelle que le soutien aux habitants des régions en matière de transport aérien remonte à l’adoption d’un décret en 1989. « La mesure s’appliquait d’abord aux résidents insulaires des Îles-de-la-Madeleine puis s’est étendue aux autres régions du Québec.

L’élu péquiste explique que la CAQ bafoue non seulement le décret sur l’insularité en haussant spécifiquement les tarifs aériens pour les Madelinots, mais assimile les besoins en transport aérien des citoyens des régions à ceux des villes et aux visiteurs étrangers. « Ce qu’il faut retenir, c’est que la CAQ trouve qu’on ne paie pas assez cher nos billets d’avion ». Joël Arseneau réitère qu’il faut travailler non seulement sur la demande, mais aussi sur l’amélioration de l’offre de transport aérien. « Je demande à la ministre des Transports et de la Mobilité durable, Geneviève Guilbault, de refaire ses devoirs, en cessant de se concentrer uniquement sur la demande, pour consolider l’offre en matière de transport aérien régional et la diversifier. Nous, gens des régions, avons besoin d’un service abordable et fiable qui répond réellement aux attentes et aux besoins des citoyens », conclut-il.

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Publié le 18 février, 2025, dans la publication : Numéro_3 Volume_43

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Publié sur le site le 18 février 2025

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Guerre commerciale

Le Québec en mode riposte

par Éric Cyr

Dans une rare déclaration ministérielle prononcée au Salon rouge de l’Assemblée nationale, le 4 février 2025, le premier ministre du Québec, François Legault, a tenu à faire le point sur la menace tarifaire imposée par le président américain Donald Trump qui plane sur l’économie du Québec en s’adressant aux élus. Le discours prononcé a laissé planer un doute auprès des autres formations politiques qui ne se sont pas mises au diapason de ces belles paroles.

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a critiqué l’approche de la Coalition avenir Québec (CAQ), en dénonçant son manque de coopération et de collaboration avec les autres partis. « Dès le 9 janvier, nous avons offert au gouvernement du Québec de former une Équipe Québec qui inclurait les oppositions, les acteurs économiques et les experts de sorte à parler d’une seule voix et coordonner les préoccupations comme les propositions. La CAQ a balayé du revers de la main cette proposition et a préféré mener les négociations seule, ce qui n’a pas empêché le Parti québécois de faire des propositions. Constatant que nous ne disposons d’aucune information de la part du gouvernement et que les actions de la CAQ demeurent très opaques, nous souhaitons éviter les erreurs de la pandémie de même que prévenir les décisions précipitées qui pourraient causer plus de tort que d’apaisement de la situation. »

Le PQ a énoncé des constats et se pose des questions fondamentales qu’il juge importantes dans les circonstances.

– La première vague de contre-tarifs annoncés par le gouvernement du Canada ne représente que le 1/10 de la valeur de nos importations des États-Unis. Il ne s’agit donc pas d’une mesure aussi forte que ce qu’on a bien voulu nous présenter ; cette première phase n’entraînera pas nécessairement une onde de choc ni de grandes remises en question immédiates aux États-Unis. Les revenus générés par ces tarifs ne suffiront bien évidemment pas à pallier les pertes générées par cette guerre commerciale.

– Nous ne savons toujours pas ce qu’il est advenu de la demande de François Legault voulant que les tarifs soient redistribués pour soutenir les entreprises dans chaque province plutôt que d’être versés dans le budget consolidé du gouvernement du Canada.

– La question est essentielle, car Québec vient de faire le pire déficit de son histoire à 11 milliards, notamment parce que la CAQ a dépensé sans compter au cours des dernières années. Ce déficit est grave au point d’amener le gouvernement à faire des coupures dans toutes les directions depuis quelques mois : en santé, en éducation et dans les services sociaux. Le Québec n’a donc pas de marge de manœuvre et risque de voir ses revenus diminuer en cas de récession. Augmenter ce déficit pourrait causer une décote du Québec, ce qui nous entraînerait dans une spirale vers le bas et avec elle notre coût d’emprunt ne cessera d’augmenter.

– Bâtir des barrages et d’autres projets d’Hydro-Québec n’est pas une solution immédiate et directe à une éventuelle crise économique que la situation actuelle pourrait provoquer. L’affirmation de François Legault indiquant que « l’immense chantier d’Hydro-Québec va nous aider à créer des emplois qui vont remplacer ceux qui sont perdus » ne tient pas la route. Il faut compter un minimum de
5 ans avant que se crée un seul emploi dans des projets d’infrastructure de cette nature. Stimuler les projets énergétiques n’est pas pour autant une mauvaise idée, mais ce n’est pas un plan de match si des difficultés économiques surviennent à court terme.

– Même constat pour l’affirmation « On va aussi regarder la possibilité d’augmenter nos investissements dans les infrastructures ». D’ailleurs, il faut rappeler que le projet de loi d’accélération des projets d’infrastructures durant la pandémie n’a pas donné les résultats escomptés.

– Une escalade des tarifs entraînera en toute probabilité le retour de l’inflation, avec les conséquences qu’on connaît sur le consommateur québécois.

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Publié le 18 février, 2025, dans la publication :

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Publié sur le site le 18 février 2025

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