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Fête nationale des Acadiens

Une histoire de résilience et de fierté

par Éric Cyr

Chaque année, le 15 août, les Acadiens et les Acadiennes célèbrent leur fête nationale. Bien plus qu’une journée de festivités, cette date constitue un important symbole d’affirmation identitaire, de résilience et de survivance pour un peuple dont l’histoire a été profondément marquée par la déportation et le déracinement.

La Fête nationale de l’Acadie trouve son origine en 1881 lors de la première Convention nationale acadienne tenue à Memramcook, au Nouveau-Brunswick. Les représentants acadiens réunis à cette occasion souhaitaient notamment défendre la langue et la culture du peuple acadien, renforcer son unité et se donner des symboles rassembleurs. Après des discussions animées, les délégués choisirent le 15 août, jour de la fête de Notre-Dame de l’Assomption, comme fête nationale. Le choix n’allait toutefois pas de soi. Certains représentants auraient préféré la Saint-Jean-Baptiste, célébrée le 24 juin, qui aurait permis aux Acadiens de s’associer davantage aux Canadiens français du Québec. L’Acadie venait de se doter d’une fête nationale qui lui était propre et qui reflétait alors l’importance de la religion catholique dans la société acadienne.

Traumatisme du Grand Dérangement

Pour comprendre la portée symbolique de cette fête, il faut remonter au milieu du XVIIIe siècle. En 1755, dans le contexte de la guerre de Sept Ans et des affrontements entre la France et la Grande-Bretagne en Amérique du Nord, les autorités britanniques entreprennent la déportation massive des Acadiens, une politique de déplacement forcé qui visait à disperser la population acadienne et qui a profondément marqué son histoire. Certains historiens ont qualifié la Déportation d’épuration ethnique ou de génocide en raison de la volonté des Britanniques de faire disparaître leur présence collective. Ces qualificatifs font toutefois l’objet de débats historiques. Le terme le plus établi demeure celui de Déportation des Acadiens ou de Grand Dérangement. Le 28 juillet 1755, le Conseil de la Nouvelle-Écosse décide officiellement de déporter la population acadienne. Les opérations commencent dès le mois d’août, dans la région de Fort Cumberland (anciennement Fort Beauséjour), avant de s’étendre à d’autres établissements acadiens. Le 5 septembre, les hommes acadiens sont rassemblés à Grand-Pré, où on leur lit l’ordre de déportation. De 1755 à 1762, des milliers d’Acadiens sont expulsés de leurs terres et disséminés dans les colonies anglo-américaines, en Angleterre et en France. Plusieurs sont emprisonnés, des familles sont séparées et plusieurs meurent pendant les voyages ou dans des conditions difficiles. Parcs Canada estime que sur une population de plus de 14 000 personnes, plus de 10 000 Acadiens ont été dispersés et environ 4 000 autres ont réussi à fuir ou à échapper à la déportation.

Le 28 juillet : se souvenir avant de célébrer

Le 28 juillet est consacré à la commémoration du Grand Dérangement, et la première commémoration officielle a eu lieu en 2005 à Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse, à l’occasion du 250e anniversaire du début de la Déportation. Celle-ci constitue un moment de recueillement et de mémoire qui permet de rappeler les souffrances vécues par les familles acadiennes, de rendre hommage aux victimes et de transmettre cette histoire aux générations suivantes. Quelques semaines plus tard, le 15 août prend une tout autre dimension : après le souvenir vient la célébration. La Fête nationale rappelle que, malgré les douloureuses épreuves, l’Acadie a survécu et s’est reconstruite.

Drapeau acadien, symbole d’un peuple

Trois ans après le choix du 15 août, les Acadiens se réunissent à nouveau en convention nationale, cette fois à Miscouche, à l’Île-du-Prince-Édouard, où ils adoptent, le 15 août 1884, leur drapeau national. Inspiré du tricolore français, le drapeau acadien est bleu, blanc et rouge. Une étoile dorée, appelée Stella Maris, est placée dans la partie bleue. Elle représente Marie, en référence à Notre-Dame-de-l’Assomption, patronne de l’Acadie. Ils adoptent également la devise « L’Union fait la force » et l’Ave Maris Stella comme hymne national acadien. Ces symboles viennent consolider le sentiment d’appartenance d’une population dispersée, mais déterminée à préserver son identité. Aujourd’hui, le drapeau étoilé flotte dans les communautés acadiennes des provinces de l’Atlantique, mais aussi ailleurs comme au Québec, en Louisiane aux États-Unis et dans d’autres régions du monde où vivent des descendants de l’Acadie.

Tournés vers l’avenir

Le gouvernement du Canada a officiellement reconnu le 15 août comme la fête nationale des Acadiens en 2003. Le 15 août est l’occasion de célébrer la contribution du peuple acadien à la société, sa culture, la langue française, sa musique et ses traditions. Parmi les coutumes les plus populaires figure le Tintamarre, au cours duquel les participants font du bruit avec des casseroles, des instruments et divers objets afin de faire entendre leur présence. Cette tradition festive symbolise une volonté de ne pas être oubliés et de faire résonner haut et fort l’identité acadienne. Ainsi, le 15 août n’est pas uniquement une fête populaire. Il constitue l’aboutissement d’une longue histoire marquée par la colonisation, le déracinement, la dispersion et la reconstruction. Entre le 28 juillet, journée de mémoire du Grand Dérangement, et le 15 août, journée de célébration nationale, se dessine le parcours d’un peuple qui a refusé de disparaître. Plus de 270 ans après le début de la Déportation, l’Acadie demeure bien vivante. Son drapeau flotte, sa langue se transmet et ses traditions continuent de se renouveler. Tous les 15 août, les Acadiens célèbrent non seulement ce qu’ils sont devenus, mais aussi la force d’un peuple qui, malgré l’adversité et l’une des périodes les plus tragiques de son histoire, a réussi à préserver son identité et à la transmettre aux générations suivantes.

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Publié le 25 août, 2026, dans la publication : Numéro_13 Volume_44

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Publié sur le site le 24 août 2026

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Labrador

Une présence francophone notoire

par Éric Cyr

Le lancement des cérémonies officielles du 50e anniversaire du mouvement communautaire francophone et acadien de Terre-Neuve-et-Labrador « 50 ans d’élan communautaire 1973-2023 » organisées par la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL) et le Réseau culturel francophone TNL s’est tenu, le 21 janvier 2023, dans différentes localités de cette province et notamment au centre de ski nordique Menihek à Labrador City de concert avec l’Association francophone du Labrador.

L’objectif est de souligner tout au long de l’année la présence du fait français dans cette province et l’assurance, l’énergie et la ténacité des citoyens des communautés francophones qui y vivent. Plusieurs activités étaient proposées dans l’Ouest du Labrador dans le cadre de cet événement inaugural notamment un atelier de fusion sur verre offert par une artisane de Vitrerie Thibodeau, des activités hivernales incluant de la glissade, du ski de fond et de la raquette. Une réunion en ligne avec les autres partenaires de la province s’est déroulée en soirée suivie d’un souper communautaire cuit sur charbon de bois et une prestation musicale offerte par Louise Gauthier et sa fille, qui étaient accompagnées par la pianiste Lucie Cauchon.

La ministre terre-neuvienne responsable des Affaires francophones, Sarah Stoodley, et les présidents de différentes associations francophones provinciales ont prononcé des allocutions pour l’occasion durant la rencontre virtuelle. La présidente de la FFTNL, Sophie Thibodeau, explique que cette démarche constitue une grande étape puisqu’elle coïncide avec un demi-siècle d’existence pour l’organisme qu’elle préside et pour certains autres incluant l’Association francophone du Labrador qui a vu le jour en 1973 et dont la présidente actuelle est Julie Blanchette.

« Sans élan, sans conviction, sans détermination, une communauté ne va nulle part et ne fête jamais 50 ans d’histoire et de réalisations », confie Sophie Thibodeau.

Selon cette dernière, plusieurs dossiers majeurs ont cheminé pour les communautés francophones durant cette période comme la fondation d’un journal, l’adoption d’un drapeau et d’une journée de la francophonie terre-neuvienne et labradorienne ainsi que la création de nombreux réseaux francophones dans divers domaines d’importance : culture, éducation, petite enfance, santé, justice, immigration, accueil des nouveaux arrivants, aînés, alphabétisation, éducation postsecondaire et formation aux adultes.

Pour en savoir plus consulter la page Facebook : AFLTNL

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Publié le 30 janvier, 2023, dans la publication : Numéro_02 Volume_41

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Publié sur le site le 30 janvier 2023

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