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Élection à Terre-Neuve-et-Labrador

Les annonces du gouvernement se multiplient

par Éric Cyr

Source photo : Facebook

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, le libéral John Hogan, était de passage dans l’Ouest du Labrador en septembre 2025 pour notamment y faire des annonces, voire des promesses électorales, à l’aube du prochain scrutin provincial qui se tiendra le 14 octobre.

Lors d’une visite éclair, le 17 septembre dernier, celui qui occupe le poste de premier ministre de cette province depuis le 9 mai 2025 a annoncé, au bureau touristique Gateway Labrador à Labrador City, son engagement en faveur de la construction de logements pour aînés et d’une nouvelle ligne de transmission d’énergie qui reliera Churchill Falls au Labrador Ouest, deux dossiers majeurs dont l’aboutissement est attendu depuis de nombreuses années et qui tardent à se concrétiser.

« Nous nous sommes engagés à ériger une nouvelle ligne de transmission d’électricité de Churchill Falls vers l’Ouest du Labrador ainsi qu’un nouveau projet de logements pour aînés dans la région. Le Labrador dispose d’abondantes ressources naturelles et d’une main-d’œuvre hautement qualifiée. Mais actuellement, beaucoup de projets ne peuvent se concrétiser parce qu’ils nécessitent plus d’électricité. Le nouveau protocole d’entente de Churchill Falls nous permet de reprendre le contrôle de notre énergie, sans risque financier. Les aînés du Labrador Ouest choisissent de rester dans les communautés qu’ils ont contribué à bâtir. Pour les soutenir, notre gouvernement libéral fera avancer les plans pour 40 nouvelles unités pour aînés en collaboration avec la Ville de Labrador City », confie le premier ministre Hogan qui promet qu’un gouvernement libéral réélu travaillera avec l’industrie et la société de la Couronne provinciale Newfoundland and Labrador Hydro (NL Hydro) pour construire une ligne de transmission afin de soutenir le développement industriel, commercial et résidentiel dans la région.

« Cette ligne transportera l’électricité que Terre-Neuve-et-Labrador obtiendra des nouveaux aménagements hydroélectriques de Churchill Falls grâce au nouveau protocole d’entente avec HydroQuébec », poursuit le politicien.

Le Labrador possède une abondance de ressources naturelles et une main-d’œuvre hautement qualifiée. Les communautés ont accueilli des opérations minières de grande envergure pendant des décennies, et il existe des perspectives importantes de croissance et de développement. L’expansion potentielle des activités des compagnies minières Iron Ore et Tacora Resources, le développement éventuel du projet minier Kami (du promoteur Champion Iron) qui vise l’extraction de minerai de fer au sud de Fermont au Québec du côté du Labrador) et un gisement de fer actuellement non exploité du lac Julienne Lake (à 25 kilomètres des villes de Labrador City et Wabush), offrent des perspectives de stabilité économique pour la région », confie le premier ministre sortant.

Selon le chef du Parti libéral de cette province, à l’heure actuelle, ces circonstances opportunes ne peuvent pas se concrétiser parce qu’elles requièrent davantage d’électricité, une énergie qui n’est pour l’instant pas accessible pour le Labrador Ouest. « Le nouveau protocole d’entente de Churchill Falls permet à Terre- Neuve-et-Labrador de reprendre le contrôle de notre énergie et de tirer profit de nos ressources, sans risque financier. Grâce à l’accès à davantage d’électricité provenant de la centrale existante de Churchill Falls et à l’augmentation de la capacité liée aux nouveaux projets, NL Hydro portera la puissance de 525 MW à 1990 MW, soit presque quatre fois la capacité actuelle. Cela permettra au Labrador Ouest d’atteindre tout son potentiel et est essentiel pour l’avenir des communautés. Cette région est déjà un moteur de l’économie de Terre-Neuve-et- Labrador ; renforcer l’industrie et les communautés du Labrador Ouest profitera à l’ensemble de la province. Grâce à un meilleur accès à l’électricité et 17 milliards de dollars de nouveaux revenus au cours des 17 premières années d’un nouveau contrat de Churchill Falls, un gouvernement libéral réélu pourra investir davantage dans les soins de santé, l’éducation, le logement et d’autres services pour tous les Terre-Neuviens et Labradoriens. Les aînés du Labrador Ouest choisissent de rester dans la communauté qu’eux-mêmes, leurs enfants et leurs petits enfants appellent « chez eux ». Pour soutenir leur volonté de vieillir sur place, un gouvernement libéral fera avancer les plans visant la construction de 40 unités pour aînés en collaboration avec la Ville de Labrador City.

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Publié le 7 octobre, 2025, dans la publication : Numéro_16 Volume_43

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Publié sur le site le 6 octobre 2025

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Hydroélectricité

Entente historique d’un demi-siècle

par Éric Cyr

Source photo : Pixabay

Un protocole d’entente de 50 ans, dévoilé en grande pompe dans le cadre d’une conférence de presse, le 12 décembre 2024, a été conclu entre les gouvernements du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador au sujet de l’hydroélectricité. Celle-ci viendra à échéance en 2075. Hydro-Québec investira un montant de 25 milliards de dollars (G$) pour trois projets au Labrador.

La construction d’une nouvelle centrale hydroélectrique d’une capacité de 2250 mW à Gull Island, qui commencera ses activités d’ici 2034-2035, totalisera 20 G$ et une autre, Churchill Falls 2 (CF2), de 1100 mW, devrait être terminée d’ici 2035 pour 3,5 G$. Des travaux d’amélioration de la centrale existante de Churchill Falls de 1,5 G$ destinés à obtenir une augmentation progressive de la puissance actuelle qui s’accroîtra de 550 mW additionnels de 2028 à 2038 sont aussi prévus. Ce projet énergétique sur lequel se sont entendus les gouvernements caquiste de François Legault et libéral d’Andrew Furey, tous deux en perte de popularité, modifie l’ancienne entente de Churchill Falls qui garantissait au Québec des prix très inférieurs à la valeur du marché jusqu’en 2041 dont la nouvelle échéance est dorénavant fixée à 2025.

Ce nouveau scénario ne fait pas l’unanimité au sein des partis d’opposition des deux provinces et a été soumis à un vote de la Chambre d’assemblée de Terre-Neuve-et-Labrador, qui a adopté, à la suite d’un débat exceptionnel de l’Assemblée législative quatre jours à ce sujet, le 9 janvier 2025, une motion en faveur d’un accord de principe qui accorde aux négociateurs de la société de la Couronne Newfoundland and Labrador Hydro (Hydro NL), qui sera le propriétaire majoritaire de ces projets, un mandat les autorisant à poursuivre les négociations en vue de conclure une entente définitive avec la société d’État Hydro-Québec qui devrait être finalisée en 2026. Les progressistes-conservateurs, qui avaient donné le feu vert à l’époque au démarrage du désastreux projet hydroélectrique de Muskrat Falls, ont demandé de reporter le vote jusqu’à une révision de l’arrangement provisoire avant de prendre une décision irrévocable. Les députés de ce parti ont finalement boycotté le suffrage et sont sortis en guise de contestation. Après avoir hésité, les néo-démocrates et les deux députés indépendants se sont rangés du côté du gouvernement après avoir obtenu l’assurance qu’un groupe indépendant examinera le protocole d’entente et les négociations ultérieures.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey, qui a déchiré de façon théâtrale le contrat initial de 1969 et assuré que la frontière du Labrador est définitive, considère que cette transaction, qu’il décrit comme étant potentiellement la plus importante de l’histoire de sa province lourdement endettée, est un tournant qui mettra fin au sentiment d’amertume qui découlait de l’entente précédente qui avantageait selon lui grandement le Québec. La PDG d’Hydro NL, qui présentera une série de webinaires destinés à expliquer l’entente, Jennifer Williams, est satisfaite du nouvel accord qui comporte selon elle de nombreux avantages et qui permettra à ses concitoyens de reprendre le contrôle du fleuve Churchill. Le gouvernement de cette province a également lancé une campagne de promotion mettant en vedette des ouvriers visant à stimuler l’assentiment de la population.

Entente hydroélectrique

Bémols du Parti québécois

Le Parti québécois (PQ) se questionne à savoir s’il faut célébrer l’entente entre Québec et St. John’s en ce qui concerne Churchill Falls et considère que peut-être du côté de Terre-Neuve il y a lieu de triompher comme le premier ministre Andrew Furey l’a fait. Cependant, du côté du Québec, il est d’avis qu’il faut examiner les faits avec lucidité et rigueur.

Le PQ félicite l’équipe de négociation d’Hydro-Québec pour le travail de longue haleine effectué afin d’arriver à cette entente et qui a fait au mieux avec les cartes qu’elle avait en main, mais déplore en revanche que le gouvernement Legault ne lui ait pas distribué la meilleure main. Il juge qu’il y aurait eu d’autres options par exemple la construction d’infrastructures de production ailleurs qui aurait pu coûter plus cher avec un prix de production d’énergie du kilowatt/heure (₵ / kWh) plus élevé.

Selon le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, le Québec aurait dû aborder la négociation avec la posture suivante :

– La centrale de Churchill Falls est située au Labrador, un territoire qui a été amputé du Québec pour être attribué à Terre-Neuve, une injustice historique. Aucun gouvernement du Québec n’a reconnu la frontière du Labrador déterminée par la mauvaise décision rendue en 1927 par le Conseil privé, une institution coloniale britannique qui, comme l’histoire l’a maintes fois démontré, a penché en défaveur du Québec. Dans une déclaration publiée en 2001 lors du changement de nom de Terre-Neuve, le gouvernement Landry a réitéré que le Québec n’accepte pas la décision de 1927 et ne reconnaît pas la frontière du Labrador, à l’instar des gouvernements de Taschereau, Duplessis, Johnson, Lévesque et Bouchard, entre autres, qui avaient affirmé la même chose d’une manière ou d’une autre.

– En ce qui concerne la prétendue injustice du contrat de 1969, ce n’en est pas une. D’abord pour la raison historique mentionnée ci-dessus. Mais aussi parce que le Québec et Terre-Neuve ont signé ce contrat de 1969 dans un contexte où Terre-Neuve n’avait aucune capacité pour développer une centrale hydro-électrique à Churchill Falls. Le Québec a donc assumé tous les risques pour la construction de la centrale avec, en contrepartie, un accès à l’électricité de Churchill Falls à des tarifs préférentiels jusqu’en 2041. Ce contrat est parfaitement légitime, ce que les tribunaux ont confirmé.

– Il n’y a pas de débouché pour l’électricité de Churchill Falls autrement que par le Québec.

– Le développement et la gestion de nouvelles infrastructures de production d’électricité ne peuvent être assumés exclusivement par Terre-Neuve, comme l’a démontré le fiasco de la centrale de Muskrat Falls (qui a coûté 13,5 milliards de dollars (G$), le double de ce qui était prévu, et qui produit de l’électricité au taux ahurissant de 22,6 ₵ / kWh, une tentative terre-neuvienne de contourner le Québec avec l’aide illégitime du fédéral.

Le PQ trouve que ça coûte cher aux Québécois que François Legault ne se soit pas souvenu de l’histoire du Québec et du Labrador et n’ait pas assuré la posture stratégique que le Québec aurait dû avoir en se présentant aux négociations sur Churchill Falls en position de faiblesse, en acceptant que le Québec n’eût soi-disant d’autre choix que de faire des concessions majeures à Terre-Neuve. Selon le PQ, il a accrédité la théorie terre-neuvienne que c’est Terre-Neuve qui est victime d’une injustice à cause du contrat de 1969, en abandonnant son devoir de rappeler la véritable injustice de 1927 et de maintenir la position historique du Québec.

« Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) négocie une partie importante de notre avenir énergétique sans aucun plan, aucune vision d’ensemble. On l’attend toujours, le plan du gouvernement de la CAQ en énergie, mais en vain depuis des années », conclut le chef du PQ.

 

 

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Publié le 21 janvier, 2025, dans la publication : Numéro_1 Volume_43

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Publié sur le site le 21 janvier 2025

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Feux de forêt

Du jamais vu dans la région

par Éric Cyr et Océane Bossé

Source : Leona Rockwood

Des incendies de forêt d’une ampleur sans précédent ont fait rage au Labrador et sur la Côte-Nord du Québec durant la saison estivale. Au Labrador, près du tiers de la population a été déplacé dans le cadre de deux évacuations orchestrées en moins d’un mois par les autorités de Terre-Neuve-et-Labrador. L’évacuation de Labrador City se veut la plus importante à ce jour dans cette province. La Côte-Nord, incluant la MRC de Caniapiscau au Québec, a aussi été aux prises avec des feux hors de contrôle disséminés un peu partout sur le territoire.

Ces nombreux brasiers, dont certains se sont rapprochés de façon inquiétante de plusieurs localités, ont nécessité des évacuations préventives de citoyens qui ont dû rapidement quitter les lieux où ils demeurent notamment dans certains secteurs de Port-Cartier sur la Côte-Nord et pour la totalité des résidents de deux des plus importantes agglomérations urbaines du Labrador, Churchill Falls, où les flammes menaçaient également l’importante centrale hydroélectrique qui fournit 15 % de toute l’énergie du Québec et 25 % de celle de Terre-Neuve-et-Labrador, ainsi que ceux de la ville minière de Labrador City. D’autres municipalités étaient en état d’alerte, comme Sept-Îles sur la Côte-Nord et Wabush au Labrador, ou de préalerte comme Fermont.

Fortement sollicités, les pompiers forestiers qui étaient sur un pied d’alerte constant ont combattu d’arrache-pied et sans relâche les incendies majeurs dispersés à plusieurs endroits et qui se montraient particulièrement agressifs à l’aide d’avions-citernes (bombardiers d’eau) et d’hélicoptères. Les manœuvres se sont effectuées de concert avec des collègues de plusieurs provinces (Québec, Terre-Neuve-et-Labrador, Nouveau-Brunswick, Ontario).

Le Labrador et la MRC de Caniapiscau ont été durement touchés par ces foyers d’incendie destructeurs alimentés par la sécheresse et propulsés par de forts vents qui ont occasionné à quelques reprises des fermetures de portions de la Trans-Québec-Labrador (routes 389 et 500), le seul lien routier de la région. Les flammes ont de plus ravagé plusieurs hectares de forêt. Un nombre important de citoyens a été évacué, allant de quelques centaines à Port-Cartier, à 750 à Churchill Falls et jusqu’à 9600 à Labrador City soit environ 10 350 personnes pour le Labrador, ce qui représente environ le tiers de sa population.

Les habitants du Labrador qui ont été évacués se sont, pour la très vaste majorité, réfugiés à Happy Valley-Goose Bay. Durant la première vague en partance de Churchill Falls, le 19 juin, on pouvait constater un défilé de véhicules se dirigeant vers cette ville qui abrite une base militaire le long de la Trans-Labrador (route 500). Lors du second épisode, le 12 juillet, alors que les gens forcés de fuir s’orientaient dans la même direction à partir de Labrador City, on pouvait apercevoir un interminable cortège dans lequel des automobiles, qui se suivaient à la queue leu leu, se rendaient plus à l’est. Constituant un véritable défi logistique, ces deux déplacements encadrés par les autorités et les forces de l’ordre dont le second a nécessité l’évacuation de personnes âgées, à mobilité réduite et de patients de l’hôpital, ont reçu l’appui sur le terrain de l’Armée du Salut et de la Croix-Rouge, qui ont participé aux efforts d’hébergement et de ravitaillement de ceux ayant dû abandonner en vitesse leur domicile. La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) a coordonné avec l’aide de la clinique vétérinaire locale la prise en charge des très nombreux animaux de compagnie qui ont suivi leurs maîtres. La population des localités avoisinantes a fait preuve de générosité et a témoigné sa solidarité en offrant de l’aide et du soutien aux victimes, en particulier celle de Happy Valley-Goose Bay qui a été fortement sollicitée à deux reprises, mais aussi celles de Churchill Falls et de Wabush, où quelques résidents de Labrador City se sont rendus, et de Fermont, où quelques autres ont temporairement trouvé refuge dans leurs roulottes au camping de l’endroit. Malgré l’envergure des incendies forestiers, le pire a heureusement pu être évité.

Par Éric Cyr, journaliste

Une évacuation qui tisse des liens

Les citoyens de la ville de Labrador City au Labrador ont été évacués, le 12 juillet 2024, à cause des feux de forêt situés à proximité de la municipalité nordique. Ceux-ci étaient invités à se diriger vers Churchill Falls puis à Happy Valley-Goose Bay pour y séjourner durant une période indéterminée.

Tout comme ses concitoyens, une résidente de Labrador City, Lise Boucher, a reçu un avertissement en fin d’après-midi lui indiquant qu’elle devait quitter son domicile le plus rapidement possible. Plusieurs questions surgissent alors dans son esprit. Que devons-nous apporter dans nos valises ? Quelle sera la durée de cette évacuation ? L’inquiétude s’installe. Mais elle ne sera pas seule puisque son ami, Célian Lézer, un jeune homme d’origine française qui travaille à l’Association francophone du Labrador, et sa chatte Rosalie l’accompagnent, elle et son petit chien Buddy, dans sa voiture.

Par chance, le plein d’essence de l’auto avait été fait la veille. Les compagnons d’infortune ont ainsi pu commencer leur périple imprévu vers la ville de Churchill Falls sans devoir attendre un long moment pour s’approvisionner en carburant. Selon madame Boucher, la circulation était très lente et la patience était de mise. Un trajet d’une durée habituelle de 2 h 30 vers Churchill Falls s’est prolongé en une escapade de plus de six heures puisque tous les habitants de Labrador City se dirigeaient simultanément dans la même direction en empruntant l’autoroute Trans-Labrador, la route 500, vers l’Est. Madame Boucher était soulagée que le jeune homme qu’elle considère comme son « ange gardien » s’assoie du côté conducteur. Les deux aventuriers improvisés conservent une attitude positive par rapport à la situation d’urgence et ne se laissent pas abattre. Ce ne fut que vers 2 h du matin qu’ils arrivèrent à Churchill Falls où ils furent accueillis dans une ambiance très chaleureuse. Des gens attendaient les personnes évacuées qui étaient exténuées avec de la nourriture à volonté, d’énormes matelas, des toilettes et des douches.

Le lendemain matin vers 9 h, après avoir mis deux heures à franchir les 750 mètres les séparant de la station d’essence, se sentant maintenant reposés et soulagés, les deux complices repartent sur la route en direction de Happy Valley-Goose Bay après avoir attendu un certain moment pour faire le plein. La circulation serait désormais fluide pour les trois prochaines heures. Lors de leur arrivée à destination, la Croix-Rouge canadienne ainsi que plusieurs équipes s’affairent à l’aréna local afin d’accueillir les voyageurs. Des services de la Société de prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) sont accessibles pour accommoder les maîtres d’animaux de compagnie ayant oublié d’apporter certaines choses (cages, nourriture, litière, etc.). Lise Boucher affirme que les familles d’accueil qui se sont offertes pour héberger gratuitement les animaux étaient extraordinairement bienveillantes. Certains résidents de Labrador City (environ 750) étaient logés dans des chambres sur la base militaire qui étaient situées dans plusieurs bâtisses des Forces armées canadiennes dotées de lits, de bureaux et de salles de bain communes et une cafétéria se trouvait à quelques minutes de marche. D’autres s’accommodent de lits de camps ou de matelas posés au sol installés dans des édifices municipaux alors que certaines personnes dormaient dans des chambres du collège communautaire de l’endroit. Une friperie locale ainsi que celle de Labrador City offraient gratuitement des vêtements. Une cafétéria proposait des déjeuners, des dîners et des soupers aux personnes évacuées en plus d’un camion de cuisine de rue de l’Armée du Salut qui fournissait des repas.

Madame Boucher confie que la cordialité et la solidarité des gens sur place étaient exemplaires et incroyables. Les gens évacués discutaient entre eux et partageaient au sujet de leurs expériences hors du commun vécues à la suite de leur évacuation et de leur déplacement inattendu. La générosité et l’entraide étaient au rendez-vous. Lise Boucher et son jeune camarade ont finalement retrouvé leurs demeures respectives à Labrador City, le 23 juillet dernier. Demeurant dans cette ville depuis 1967, Mme Boucher explique qu’une telle aventure ne lui était jamais arrivée auparavant et que cette expérience humaine fut très enrichissante.

Par Océane Bossé, journaliste étudiante

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Publié le 27 août, 2024, dans la publication : Numéro_13 Volume_42

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Publié sur le site le 27 août 2024

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Hydroélectricité

Churchill Falls : vers l’avenir

par Éric Cyr

Source photo : Aird & Berlis

Terre-Neuve-et-Labrador a remporté le 20 juin dernier sa première victoire, toutefois partielle, en un demi-siècle dans le conflit qui l’opposait à Hydro-Québec au sujet de l’entente concernant la vente d’électricité de la centrale hydroélectrique de Churchill Falls au Labrador.

La longue bataille juridique dans l’interprétation et l’application du contrat du 12 mai 1969, qui s’est avérée très profitable pour le Québec et dont la validité a été confirmée par la Cour suprême du Canada en 2018, remonte à 50 ans. À l’approche de la fin du terme initial de 40 ans, la récente décision partagée de la Cour d’appel du Québec constituera vraisemblablement la dernière dans ce dossier puisque tous les recours semblent dorénavant épuisés pour cette province. La plus haute instance judiciaire québécoise a tranché et, dans ce cas particulier, donne raison à Terre-Neuve-et-Labrador qui soutient qu’Hydro-Québec ne jouit pas du droit exclusif d’acheter toute l’énergie produite par cette centrale du Labrador.

La décision stipule cependant que la société d’État québécoise jouit toujours du « droit exclusif d’acheter et de recevoir toute la puissance disponible et toute l’énergie produite à la centrale de Churchill Falls » jusqu’au 31 août 2041 sur une base mensuelle sans être restreinte à un plafond quantitatif à l’exception de celle associée à deux blocs. Terre-Neuve-et-Labrador devra donc se contenter de la mince consolation de pouvoir écouler une petite quantité de l’électricité produite à Churchill Falls pour la vente à une tierce partie en vue d’une consommation hors Québec.

« Le droit d’Hydro-Québec à l’énergie produite par la centrale est maintenant assujetti à un plafond contractuel qui n’existait pas pendant les 40 premières années de l’entente. À compter du 1er septembre 2016, la quantité d’énergie ne dépend plus que des besoins d’Hydro-Québec : elle est prédéterminée. »

Interprétation et non-renégociation

Hydro-Québec, qui a assumé tous les coûts et les risques associés au projet lors de la signature de l’accord de 1969, pourra donc continuer à acheter la majeure partie de l’électricité produite à cette installation du Labrador incluant toute la puissance additionnelle offerte puisque le jugement ne remet pas en cause le contrat initial ni le prix de vente de l’électricité déterminé il y a cinquante ans. La société d’État a tout de même applaudi cette décision dans un communiqué : « Hydro-Québec est heureuse de constater que la Cour d’appel confirme son droit à la flexibilité opérationnelle prévue au contrat de 1969 et qu’elle confirme qu’Hydro-Québec n’est pas assujettie à des blocs d’énergie mensuels. »

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Dwight Ball, s’est dit soulagé de la décision et considère que cela aura un apport bénéfique pour sa province. Lors d’une rencontre avec son homologue à la fin de l’année dernière, le premier ministre du Québe François Legault, anticipant de nouveaux projets, disait privilégier la coopération et souhaiter que les deux provinces travaillent ensemble pour l’avenir au-delà de 2041, vision alors partagée par son vis-à-vis.

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Publié le 26 août, 2019, dans la publication : Numéro_13 Volume 37

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Publié sur le site le 26 août 2019

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Contrat d’hydroélectricité

Le dossier de Churchill Falls à nouveau devant la Cour suprême

par Éric Cyr

La société d’État Nalcor Energy de Terre-Neuve-et-Labrador a l’intention de demander à la Cour suprême du Canada d’inciter son vis-à-vis la société d’État Hydro-Québec à renégocier l’entente sur le prix de l’électricité pour la centrale de Churchill Falls située au Labrador. Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador avait déjà été débouté par la plus haute instance fédérale en 1984 et en 1988 et plus tard par la Cour supérieure du Québec qui avait aussi rejeté une tentative visant à faire modifier cet accord en 2014 et en août dernier. Conclu en 1969, cet engagement a été automatiquement renouvelé le premier septembre pour 25 ans soit jusqu’à la date d’échéance en 2041.

Le statu quo

Le contrat est l’objet de frictions entre les deux provinces depuis des décennies. Après avoir déjà contesté cette transaction jusqu’en Cour suprême du Canada et essuyé deux refus, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador s’était tourné vers la Cour supérieure du Québec en 2010 plaidant la notion de « bonne foi » du Code civil du Québec après qu’Hydro-Québec eut refusé de renégocier les tarifs entourant l’achat d’électricité de Churchill Falls. La Cour d’appel du Québec s’est aussi rangée derrière le verdict rendu en 2014 par le tribunal de première instance et a estimé en août dernier qu’Hydro-Québec n’avait aucune obligation de rouvrir l’entente conclue en 1969 concernant l’énergie produite à Churchill Falls. L’entente prévoit que la société d’État québécoise peut acheter l’électricité de Churchill Falls à bas prix avant de la revendre à un tarif plus élevé sur son marché intérieur (voire aux Québécois) ainsi qu’à l’exportation, ce que déplore Terre-Neuve-et-Labrador.

La grosse part du gâteau

Depuis la signature de l’entente, le 12 mai 1969, les profits encaissés par l’État québécois ont été largement supérieurs à ceux réalisés par Terre-Neuve-et-Labrador. En 2010, la province de l’Atlantique estimait que cet accord lui avait permis d’empocher seulement un milliard de dollars comparativement à 22 milliards de dollars pour le Québec et évalue qu’à la suite du renouvellement du contrat, Hydro-Québec devrait empocher 1,7 milliard de dollars par année pour l’électricité en provenance du réservoir Smallwood qui alimente Churchill Falls comparativement à
60 millions de dollars annuellement pour Terre-Neuve-et-Labrador. La société d’État québécoise a toujours prétendu en cour, avec, succès, qu’à la signature du contrat il y a 47 ans, c’est elle qui a tout payé et qui a pris tous les risques.

La centrale hydroélectrique souterraine de Churchill Falls est aménagée sur le cours supérieur du fleuve Churchill, au Labrador. Avec une puissance installée de 5 428,5 mégawatts (MW)*, elle constitue la deuxième plus grande centrale souterraine au monde derrière la centrale Robert-Bourassa à la baie James dans le nord du Québec.

*1 MW = 1000 kilowatts (KW)

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Publié le 24 octobre, 2016, dans la publication : Numéro 18 Volume 34

  • Centrale souterraine
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  • Lignes de transmission
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  • Terre-Neuve-Labrador

Publié sur le site le 24 octobre 2016

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