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  • Agents de sauvetage et lutte contre les incendies d’aéronefs

  • Des enjeux opérationnels ravivent le débat sur sa gouvernance

    Aéroport de Wabush

    Une 26 mai, 2026

    Des enjeux opérationnels ravivent le débat sur sa gouvernance

  • Une interprétation douteuse

    Transport aérien régional

    Une interprétation douteuse

Agents de sauvetage et lutte contre les incendies d’aéronefs

Des enjeux opérationnels ravivent le débat sur sa gouvernance

Aéroport de Wabush

Une 26 mai, 2026

Des enjeux opérationnels ravivent le débat sur sa gouvernance

Une interprétation douteuse

Transport aérien régional

Une interprétation douteuse

Aéroport de Wabush

Des enjeux opérationnels ravivent le débat sur sa gouvernance

par Éric Cyr

Légende : Sur la photo, l’aéroport de Wabush au Labrador sera-t-il cédé éventuellement par le gouvernement Carney au secteur privé ou est-ce que cela soulèverait une levée de boucliers ?

L’aéroport régional de Wabush, une infrastructure stratégique pour le Labrador Ouest et la ville voisine de Fermont au Québec, a récemment fait face à des défis opérationnels qui relancent les discussions à Ottawa sur son mode de gestion et, plus largement, sur l’avenir des petits aéroports régionaux au Canada. Exploité par le gouvernement fédéral par l’entremise de Transports Canada, cet aérodrome constitue un maillon essentiel de la mobilité dans cette région isolée où les alternatives terrestres et ferroviaires demeurent limitées. Il assure notamment le transport de passagers, de travailleurs miniers et de patients nécessitant des transports médicaux urgents.

Perturbations opérationnelles

Au cours des dernières années, l’aéroport a connu plusieurs épisodes de perturbations préoccupantes. Des enjeux liés à la conformité de certains équipements, notamment en matière de services de sauvetage et de lutte contre les incendies d’aéronefs, ont occasionné des interruptions temporaires ou des limitations du service aérien. À cela s’ajoutent des contraintes climatiques fréquentes dans le Nord, qui compliquent l’entretien des pistes et la régularité des vols. Ces dérèglements ont eu des effets directs sur la population locale. Dans une région où l’avion représente souvent le seul moyen rapide de déplacement, toute interruption se traduit par des retards dans des soins médicaux, des dérangements dans l’approvisionnement et des impacts sur les activités minières, un pilier économique du secteur.

Modèle de gestion remis en question

Ces difficultés alimentent un débat plus large sur la gestion des infrastructures aéroportuaires régionales au Canada. Le modèle actuel, dans lequel plusieurs petits aéroports sont administrés par le gouvernement fédéral, est de plus en plus questionné par le gouvernement de Mark Carney en raison de ses coûts d’exploitation et de la complexité de maintenir des services dans des zones peu densément peuplées. Dans ce contexte, certaines réflexions politiques évoquent la possibilité de revoir les structures de gouvernance. Parmi les scénarios discutés figurent des partenariats public-privé, un transfert de gestion à des instances régionales ou encore une implication accrue d’opérateurs privés dans l’exploitation quotidienne. Des débats plus larges sur l’optimisation des actifs fédéraux, parfois associés à des orientations politiques fédérales actuelles et futures, incluent également la question des infrastructures nordiques. Toutefois, aucune décision officielle n’a été annoncée spécifiquement concernant l’aéroport de Wabush.

Enjeux économiques et sociaux majeurs

Toute évolution vers une forme de privatisation ou de transfert de gestion soulève des préoccupations importantes dans la région. Les acteurs socio-économiques locaux craignent notamment une augmentation du coût des billets d’avion, une réduction des services jugés non rentables et une priorisation accrue des besoins industriels au détriment des services essentiels comme les évacuations médicales. À l’inverse, certains observateurs fédéraux estiment qu’un modèle de gestion différent pourrait hypothétiquement permettre d’accélérer les investissements nécessaires à la modernisation des infrastructures et d’améliorer la réactivité opérationnelle alors que les intervenants régionaux craignent que celui-ci soit une fausse « piste » éphémère qui puisse coïncider avec un sous-financement et un délaissement du service local.

Infrastructure essentielle pour une région isolée

Au-delà des considérations économiques et politiques, l’aéroport de Wabush demeure avant tout une infrastructure vitale pour le Labrador Ouest et la communauté voisine de Fermont. Son rôle dépasse largement le transport aérien commercial : il constitue un outil de désenclavement, de sécurité sanitaire et de soutien aux activités industrielles.

Dans un contexte où les besoins de la région sont élevés et les contraintes opérationnelles importantes, l’équilibre entre efficacité économique et service public continuera d’alimenter les discussions et de susciter les passions.

Subrepticement en route vers une privatisation ?

La députée de Côte-Nord-Kawawachikamach-Nitassinan, Marilène Gill, du Bloc québécois, s’interroge au sujet d’un projet de loi discret et nébuleux destiné à obtenir furtivement des renseignements de la part des administrations aéroportuaires. Il appert que le gouvernement fédéral pourrait avoir l’intention inavouée de privatiser en douce l’aéroport régional de Wabush au Labrador qui assure également le service aérien pour Fermont au Québec.

La députée nord-côtière se demande si Ottawa veut faire de l’argent rapide avec les aéroports qui relèvent du ministère des Transports du Canada et a dénoncé, le 13 mai 2026, l’intention sournoise du gouvernement Carney de déposer, de façon discrète, un projet de loi qui constituerait une première étape inavouée visant à privatiser certains aéroports qui appartiennent à Transports Canada, ce qui pourrait toucher six aéroports de sa circonscription en plus de l’aéroport régional de Wabush, situé au Labrador, qui dessert aussi la Côte-Nord. « Dans la mise à jour économique déposée le 28 avril, on peut lire que ‘le gouvernement analyse des possibilités d’exploiter la valeur des aéroports pour investir dans la croissance à long terme du Canada, notamment par des modes de propriété différents’. Cela signifie qu’il fait l’inventaire pour savoir combien de revenus la vente de certains aéroports pourrait engendrer plutôt que de faire l’inventaire des besoins des citoyens et d’y répondre », explique Mme Gill.

Scénario dramatique pour la région

« Quelles seront les conséquences pour la population des régions dites éloignées et pour les citoyens de communautés souvent enclavées, dont les besoins essentiels, la sécurité et l’économie dépendent du transport aérien, si le gouvernement se départit de ses aéroports ? On le sait, le privé vise à maximiser les profits. Alors qui voudra acquérir un aéroport qui génère peu, ou pas, de profits, en plus d’être obligé d’investir dans son entretien et sa réfection ? Je crains que le gouvernement Carney ait déjà dans ses cartons l’objectif de mettre en catimini la clé dans la porte de certains aéroports », confie la députée nord-côtière.

« Voilà pourquoi je veux des réponses maintenant sur les intentions réelles des libéraux derrière ce projet de loi. J’ai d’ailleurs demandé une rencontre au cabinet du ministre des Transports, Steven MacKinnon. Il faut absolument sensibiliser le ministre aux impacts nocifs de la vente de ces actifs pour faire un coup d’argent rapidement au lieu de créer de la richesse pour mieux soutenir nos communautés, où qu’elles soient. On a besoin de connaître la liste des aéroports détenus par Transport Canada qui seront exclus d’un tel projet de vente, car ils ne pourraient pas être viables dans un système privatisé ni intéresser des investisseurs. Si le gouvernement Carney se débarrasse de nos aéroports, ça peut bien paraître dans son bilan artificiellement gonflé, mais un gouvernement responsable ne peut pas gérer ses actifs à la petite semaine en mettant en péril des communautés », conclut la députée bloquiste.

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Publié le 26 mai, 2026, dans la publication : Numéro_10 Volume_44

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Publié sur le site le 26 mai 2026

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Transport aérien régional

Une interprétation douteuse

par Éric Cyr

Malgré les explications sommaires des raisons ayant entraîné la récente paralysie du service de vols commerciaux à l’aéroport régional de Wabush au Labrador, qui a commencé ses activités en 1961 et qui est sous la responsabilité du gouvernement fédéral, des doutes subsistent au sein du public en ce qui concerne la capacité des autorités aéroportuaires à assurer la sécurité des passagers.

Selon l’ancien superviseur de structures, surfaces et entretien mobile pour le ministère des Transports du Canada à l’aéroport local, Kirk King, le démantèlement du service de sécurité incendie aéroportuaire, qui a été réinstallé récemment et qui est maintenant fonctionnel après avoir été retiré durant près de cinq ans à l’aéroport de Wabush n’était pas dû à une baisse de la demande, mais plutôt à la volonté du ministère d’éviter des exigences de sécurité plus strictes. Celui-ci explique que les règles de sécurité ont été réécrites pour économiser de l’argent et que la suppression de ce service durant près de cinq ans n’aurait pas dû se produire. Les agents de sauvetage et lutte contre les incendies d’aéronefs qui ont repris du service respectent les exigences et les normes de la règlementation canadienne de l’aviation depuis le 1er octobre 2025 et donc la problématique ayant entraîné la fermeture de l’aérodrome aux vols commerciaux ne relève pas d’un manque d’effectifs ou de compétences. Le problème serait plutôt lié à l’incapacité de Transports du Canada qui aurait failli à entretenir son matériel conformément aux spécificités opérationnelles. La raison pour laquelle l’aéroport a été fermé durant près de deux jours serait l’usure des pneus d’un camion de pompiers, qui ont une durée de vie légale de dix ans, car c’est un véhicule d’urgence, n’ont pas été remplacés malgré une demande en ce sens qui datait de plus de deux ans et demi.

Selon le co-fondateur du groupe Advocates for Safer Airports in Canada (Coalition pour des aéroports plus sûrs au Canada), Chris Bussey, le ministère fédéral des Transports a profité de la diminution de l’achalandage aérien durant la pandémie qui a entraîné une baisse du trafic commercial aérien qui est passé sous la barre annuelle des 180 000 passagers commerciaux durant ce ralentissement directement causé par la Covid-19 en 2020 pour justifier le retrait du service de sécurité incendie local. La croissance importante de la présence d’avions Boeing 737 et des vols nolisés transportant des travailleurs en navettage (fly-in/fly-out), qui sont demeurés en activité durant cette période, aurait dû avoir plutôt l’effet inverse en contribuant à une mise à niveau de ce service en l’adaptant à la taille et à la fréquence des aéronefs et non pas à une rétrogradation de la classification de l’aéroport. Au lieu de cela, les responsables ont contourné cette obligation en retirant les vols nolisés de l’équation ce qui leur a permis d’éviter des coûts additionnels que ce nouveau calcul aurait nécessités par l’embauche de pompiers supplémentaires et l’achat d’équipements. M. Bussey explique que le volume annuel de passagers commerciaux dépasse à nouveau annuellement les 180 000 voyageurs aériens. Il juge que l’interprétation des données à l’époque par les autorités fédérales relève de la mauvaise foi et que considérant les chiffres actuels cette aérogare fonctionne en deçà des attentes nationales et internationales en matière de sécurité et que Transports Canada devrait baser ses décisions sur les risques réels et non sur une comptabilité « créative ».

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Publié le 4 novembre, 2025, dans la publication : Numéro_18 Volume_43

  • Aéroport régional de Wabush au Labrador
  • Agents de sauvetage et lutte contre les incendies d’aéronefs
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Publié sur le site le 3 novembre 2025

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