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Du minerai destiné à la réduction directe

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Des redevances en abondance

Mine du Lac Bloom

Du minerai destiné à la réduction directe

par Éric Cyr

La société Champion Iron a annoncé, le 28 juin 2026, avoir franchi une étape importante dans son projet de production de matériel de qualité réduction directe pour bouletage (RDPB) à la mine de fer du Lac Bloom, située à proximité de Fermont. La minière a indiqué avoir produit ses premiers volumes de minerai de fer destinés à la réduction directe (RD), alors qu’une première expédition commerciale est prévue par navire au troisième trimestre de 2026.

Cette première cargaison devrait représenter au moins 160 000 tonnes métriques humides de minerai de fer de qualité RD, transportées par un grand vraquier de type Capesize. Parallèlement, Champion Iron a conclu un accord commercial portant sur une partie de sa capacité de production à court terme et poursuit des discussions avec plusieurs clients internationaux pour écouler les volumes restants. Le projet RDPB, dont le coût récemment estimé s’élève à environ 500 millions de dollars, doit progressivement atteindre sa capacité commerciale vers la fin de l’exercice financier en cours de la société. Il vise à convertir jusqu’à la moitié de la capacité de production du Lac Bloom afin de produire du matériel destiné au bouletage pour la réduction directe. Le nouveau produit pourrait atteindre une teneur en fer (Fe) de 69 %, comparativement à 66,2 % pour le concentré de haute pureté actuellement produit au Lac Bloom. Il devrait présenter une teneur combinée en silice et en alumine inférieure à 1,2 %. Selon Champion Iron, ces caractéristiques pourraient permettre au produit de bénéficier d’une prime importante sur les marchés. Les installations du Lac Bloom ont déjà démontré leur capacité à produire un concentré de qualité RD à 67,5 % Fe, alors que le nouveau produit RDPB pourra atteindre 69 % Fe.

Le développement de ce créneau répond à la transformation de l’industrie sidérurgique, qui cherche à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Les procédés utilisant le fer à réduction directe et les fours à arc électrique nécessitent des matières premières de très haute pureté afin d’optimiser les performances métallurgiques et de réduire l’intensité carbone de la production d’acier. Champion Iron estime que la qualité du minerai de la Fosse du Labrador, combinée à l’accès à l’hydroélectricité renouvelable, confère au Québec et au Canada un avantage pour répondre à cette demande croissante en minerai de fer de haute pureté.

« Le début de la production de minerai de fer de qualité RD marque une étape déterminante dans la mise en service du projet RDPB », a déclaré le chef de la direction de l’entreprise, David Cataford (au centre). Il souligne également que l’accord commercial conclu avec un groupe d’envergure mondiale témoigne de la demande croissante pour ce type de minerai.

Exploité par l’entremise de Minerai de fer Québec (MFQ), le complexe minier du Lac Bloom est situé à une quinzaine de kilomètres au nord de Fermont. Ses deux usines de concentration, principalement alimentées à l’hydroélectricité renouvelable, disposent d’une capacité nominale combinée de 15 millions de tonnes métriques humides par année.

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Publié le 25 août, 2026, dans la publication : Numéro_13 Volume_44

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Publié sur le site le 24 août 2026

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Industrie minière

Des redevances en abondance

par Éric Cyr

Source photo : Freepik

L’industrie minière a rapporté des sommes colossales au trésor québécois ces dernières années notamment en 2021. Le gouvernement du Québec a empoché cette année-là près d’un milliard de dollars, et plus exactement 926 millions, un sommet inégalé selon des données dévoilées dans un article de La Presse. De ce montant, ce sont les mines de fer de la région qui sont les plus payantes.

L’impôt minier sur le profit annuel des exploitants, qui varie de 16 à 28 % selon la marge bénéficiaire, a atteint un sommet en 2021 alors que les mines de Mont-Wright et de Fire Lake d’ArcelorMittal ont fait engranger 335,5 M $ à Québec et que la mine du Lac Bloom de Minerai de fer Québec (MFQ) a versé des droits miniers de 137,4 M $. Un total de 472,9 M $ a été recueilli seulement pour cette année-là juste dans le secteur de Fermont. L’année précédente, en 2020, c’est 306,1 M $ qui a été fourni par les deux minières fermontoises soit 175,5 M $ par ArcelorMittal et 130,6 M $ par MFQ.

Les exploitations minières de la Côte-Nord contribuent grandement à garnir les coffres de l’État québécois qui bénéficie de cette manne associée au prix élevé des métaux. Les montants versés suivent la fluctuation du prix des matières premières et comme la demande en fer a connu une croissance vertigineuse durant ces années, atteignant en moyenne à son point culminant jusqu’à 162 dollars américains la tonne, les deux entreprises minières qui exploitent un gisement de fer en territoire fermontois constituent une véritable manne pour le gouvernement du Québec. En 2020 et 2021, un total de 779 M $ a été envoyé dans les coffres de l’état québécois par ces compagnies.

Côte-Nord, la vache à lait

Cet exemple illustre bien toute l’importance stratégique de la Côte-Nord dont les besoins primaires notamment au niveau des transports semblent malheureusement avoir trop souvent été délaissés par les gouvernements successifs depuis de nombreuses années. Malgré l’abondance de richesses et de matières premières comme l’hydroélectricité et le fer, qui contribuent largement à enrichir les recettes publiques, la Côte-Nord est la seule région du Québec à devoir composer avec une démographie négative. Le contexte du manque de fluidité dans les domaines du transport contribue très certainement au phénomène qui nuit à toutes les sphères économiques et sociales. Plusieurs voix influentes s’élèvent en réclamant le désenclavement du territoire nord-côtier, ce qui ne semble pas avoir ému le gouvernement actuel puisque la route 138 demeure inachevée, il n’y a toujours pas de pont à l’embouchure de la rivière Saguenay à Tadoussac, la route nationale 389 ne respecte pas les normes minimales de sécurité, le service de traversiers est souvent compromis et le service aérien régional est peu fiable et ne répond pas aux besoins de l’ensemble des localités nord-côtières. Le gouvernement Legault, qui a nommé une ministre responsable de la Côte-Nord originaire de la région, réussira-t-il à inverser la tendance ? À suivre.

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Publié le 24 avril, 2023, dans la publication : Numéro_08 Volume_41

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Publié sur le site le 24 avril 2023

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