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Un contrat de travail à la hauteur des attentes

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Santé et sécurité du travail

De la poudre aux yeux

MFQ

Un contrat de travail à la hauteur des attentes

par Éric Cyr

Source photo : MFQ

Les travailleurs de Minerai de fer Québec (MFQ), une filiale de Champion Iron qui exploite la mine de fer du Lac Bloom à proximité de Fermont, ont évité une grève puisqu’ils ont ratifié, le 29 février 2024, dans une proportion de 86,7 % le renouvellement de la convention collective avec leur employeur pour une durée de cinq ans selon le Syndicat des Métallos qui en a dévoilé certains détails, le 1er mars.

Le président de la section locale 9996 des Métallos de la mine de fer du Lac Bloom, Sébastien Bergeron, qui représente 712 syndiqués, pour la plupart des navetteurs, confie : « Ce contrat fait de la compagnie québécoise Minerai de fer Québec, l’une des minières où les salariés sont les mieux payés. C’est grâce à la détermination des représentants et des membres des Métallos qui ont su négocier d’égal à égal avec la partie patronale pour que les travailleurs soient considérés et valorisés à la hauteur de leur contribution au succès de la mine. »

Gains appréciables

Le Syndicat explique que cette nouvelle entente prévoit des augmentations de salaire moyennes de 26,25 % échelonnées sur une période de cinq ans et qui atteindront 30,62 % pour les journaliers. Les hausses salariales totalisent en moyenne 26 % et s’accroitraient jusqu’à 31 % pour certains. Les dilatations salariales prévues sont de 13,25 % la première année puis de 3 % pour chacune des trois années subséquentes et de 4 % lors de la cinquième et dernière année qui couvre cet accord collectif. Les Métallos précisent que les journaliers obtiendront une majoration additionnelle de 4,37 % puisqu’ils sont reclassés dans l’échelle salariale, devenant ainsi, dès la première année, les mieux payés de la Côte-Nord dans leur métier tandis que l’ensemble des travailleurs de MFQ se hissera à un sommet salarial inégalé considéré parmi les mieux rémunérés de la région lors de la quatrième année. L’assurance collective a été fortifiée. La prime consentie aux travailleurs de nuit passera de façon progressive de 1,50 $ à 2 $ l’heure, devenant la plus alléchante parmi les minières qui œuvrent sur le territoire nord-côtier, et la prime mensuelle pour les travailleurs qui résident à Fermont a également été bonifiée, passant de 600 $ à 900 $. 

Améliorations substantielles

De nombreux amendements ont été apportés aux volets normatifs du nouvel arrangement. C’est l’ampleur des améliorations dans ces aspects qui a permis de conclure une entente d’une plus longue durée soit pour une période de 5 ans. La formation sera dorénavant attribuée de façon plus équitable dans le respect de l’ancienneté. Il en sera de même pour postuler à des affectations (assignations). Une clause a également été négociée pour que des travailleurs saisonniers puissent être embauchés annuellement à titre permanent. « Ces changements ont introduit davantage d’équité et de stabilité pour les travailleurs et les travailleuses. On peut aussi être fiers de voir que la majorité des membres a revendiqué une meilleure prime pour les résidents et les résidentes (de Fermont) qui forment une petite minorité du groupe », conclut le représentant syndical des Métallos, Marc Tremblay.

Le chef de la direction de Champion Iron, la maison mère de MFQ, David Cataford, se réjouit de la conclusion de cet accord : « Nous visons non seulement à procurer une plus grande stabilité pour nos travailleurs, pour la communauté et pour notre société, mais surtout de maintenir un partenariat solide et mutuellement bénéfique avec tous nos employés. » Selon le haut dirigeant, l’entente équilibre la nécessité pour la minière de rester concurrentielle en attirant les meilleurs talents tout en veillant à ce que l’entreprise puisse naviguer dans des contextes économiques incertains. « Cet important jalon permet à notre société de continuer d’avoir un impact positif localement en demeurant un chef de file au sein de la chaîne d’approvisionnent de l’acier vert. »   

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Publié le 19 mars, 2024, dans la publication : Numéro_05 Volume_42

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Publié sur le site le 19 mars 2024

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Santé et sécurité du travail

De la poudre aux yeux

par Éric Cyr

Source photo : Pixabay

Le ministre du Travail, Jean Boulet, a déposé, le 16 mars dernier, des amendements concernant la réforme de la loi sur la santé et la sécurité du travail. Ces modifications frileuses ont été décriées d’un commun accord par les quatre grandes centrales syndicales québécoises : la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) avec qui les Métallos, le plus important syndicat du secteur privé au Québec, est affilié, la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), qui dénoncent à l’unanimité des reculs inacceptables dans le domaine.

Les dirigeants syndicaux accueillent avec beaucoup de déception les amendements proposés dans le cadre de l’étude détaillée du projet de loi no. 59 qui selon eux ne règlent rien et ouvrent la porte aux abus. L’alliance syndicale explique : « Plusieurs lacunes ont été relevées dès le dépôt du projet de loi non seulement par nos organisations, mais également par plusieurs représentants de la société civile, médecins en santé publique, juristes et universitaires. Malheureusement, les modifications soumises par le ministre demeurent insuffisantes afin d’assurer adéquatement la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs. »

« À propos des mesures de réparation à la suite d’une lésion ou d’un accident, les Québécois et les Québécoises vont encore être moins bien protégés avec le projet de loi no. 59. En ajoutant de multiples limitations d’accès à la loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles (LATMP), le ministre complexifie et réduit considérablement l’accès aux droits de protection et de réadaptation. C’est inacceptable ! Plus ça va, plus on s’éloigne de l’objectif initial de cette loi. Faut-il rappeler au ministre qu’elle a pour but de protéger les travailleurs et travailleuses ? » dénonce le président de la FTQ, Daniel Boyer.

« En ce qui concerne la prévention, le nombre minimal de rencontres du comité SST (santé et sécurité au travail) est famélique. On ne sait même plus le nombre de représentants qui doivent y siéger. Plus rien sur le minimum d’heures de libération pour le représentant en prévention. Le ministre nous propose plutôt d’attendre que l’employeur et les travailleurs s’entendent, sinon la commission tranche et les parties peuvent contester les décisions devant les tribunaux. On n’avait pas assez de la judiciarisation des lésions professionnelles, maintenant c’est la judiciarisation de la prévention qui s’ajoute ! Cette façon de faire ne sert personne et aura pour effet de négocier la prévention dans nos relations de travail. La prévention, c’est non négociable ! » ajoute le président de la CSN, Jacques Létourneau.

« Ça fait 40 ans que nous attendons cette réforme, le ministre n’a pas le droit de rater la cible. Alors qu’on veut des mécanismes de prévention fonctionnels, les amendements apportés risquent de judiciariser et d’engorger davantage les tribunaux. Le ministre s’était engagé à inclure les risques psychosociaux dans sa réforme, mais aucun ajout en ce sens n’est prévu malgré toute l’importance qu’occupe cette problématique dans nos milieux de travail aujourd’hui. Les hommes et les femmes doivent pouvoir revenir auprès de leur famille en toute sécurité après une journée de travail. Le ministre a encore l’occasion d’apporter des correctifs et l’étude détaillée lui donne cette possibilité. Nous l’invitons à agir », déclare la présidente de la CSQ, Sonia Ethier.

« Nous l’avons dit dès le début, un sérieux coup de barre doit être donné, et malheureusement, rien ou presque dans ce que nous propose le ministre ne nous laisse entrevoir une amélioration du régime de santé et de sécurité du travail. Ce que nous observons en matière de prévention et de réparation soulève de grandes inquiétudes. Ce projet de loi va passer à l’histoire pour les mauvaises raisons s’il n’est pas sérieusement amendé », conclut le président de la CSD, Luc Vachon.

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Publié le 29 mars, 2021, dans la publication : Numéro_06 Volume 39

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Publié sur le site le 29 mars 2021

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