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  • La fermeture il y a 40 ans

    Ville de Gagnon

    La fermeture il y a 40 ans

  • Fermeture définitive du comptoir local

    Caisse Desjardins

    Une 17 décembre, 2024

    Fermeture définitive du comptoir local

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    Services de santé

    Fermont et Schefferville épargnés pour l’instant

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    Schefferville

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Fermeture

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Triste quarantième anniversaire

Schefferville

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Ville de Gagnon

La fermeture il y a 40 ans

par Éric Cyr

La ville de Gagnon a été totalement rayée de la carte à la suite de sa fermeture il y a quatre décennies. Tous les bâtiments avaient été rasés quand le dernier avion décolla de la piste de l’ancien aéroport, le 1er juillet 1985. Lorsque l’on passe aujourd’hui en voiture le long de la route 389 à l’endroit où elle s’érigeait autrefois fièrement depuis sa fondation en 1960 jusqu’à 1985, on peut observer que la nature a repris ses droits. Seul un panneau routier sur lequel on peut lire l’inscription « site de l’ancienne ville de Gagnon » nous rappelle sa mémoire.

Un drapeau de l’ancienne municipalité hissé à un mât dans ce secteur attire l’attention sur des plaques commémoratives qui ont été installées par d’anciens citoyens de ce lieu et qui rappellent la présence antérieure d’activité humaine et de pionniers ayant œuvré dans la région.

Située au cœur de la forêt boréale du Québec, entre Baie-Comeau et Fermont, cette défunte ville minière fut l’un des projets les plus ambitieux de colonisation industrielle du Nord québécois. Fondée par la compagnie minière Québec Cartier, une filiale de U.S. Steel, qui travaillait à ce projet depuis 1957, Gagnon vit officiellement le jour en 1960, dans le but d’y exploiter des gisements de fer en commençant par celui de la mine du Lac Jeannine. En plus d’un chemin de fer privé construit pour se rendre sur place, un aéroport y fut également érigé. La localité fut nommée en l’honneur d’un homme politique qui a joué un rôle important dans le développement minier de la région, feu le lieutenant-gouverneur du Québec qui fut aussi ministre des Mines, Onésime Gagnon.

L’extraction de minerai de fer commence à la mine de Fire Lake dès 1963. Le minerai était transporté par train jusqu’à Port-Cartier, où il était traité et expédié par bateau. Un chemin de 250 km fut alors ouvert à travers la forêt afin de permettre aux travailleurs de se rendre à la nouvelle mine. Il sera plus tard intégré à la route 389. Gagnon était dotée d’infrastructures modernes notamment : aréna, bibliothèque, centre communautaire, cinéma, écoles primaire et secondaire, église, hôpital et piscine intérieure. En 1973, la population atteignait près de 4000 habitants. La ville possédait des logements confortables, des rues entretenues et offrait une vie communautaire organisée.

À Gagnon, la vie tournait presque entièrement autour de l’industrie minière. La compagnie qui était le principal employeur gérait presque tous les aspects du quotidien, y compris l’entretien des infrastructures municipales. Le modèle économique, bien que prospère, était entièrement dépendant du fer. Malheureusement, au tournant des années 1980, le marché mondial du fer subit un déclin et, en 1984, l’entreprise annonça la fermeture prochaine du site minier de Fire Lake, en raison de l’épuisement des ressources et des coûts d’exploitation.

Ville fantôme

Les tentatives du premier maire de couleur de l’histoire du Québec, René Coicou, de renverser cette décision en sollicitant l’appui du gouvernement du Québec étant demeurées vaines, Gagnon fut officiellement fermée en juin 1985. Les familles durent quitter leurs maisons à contrecœur. Les bâtiments furent, pour certains, démantelés et expédiés ailleurs, notamment à Fermont, où a été transporté le campanile de l’église, et, pour la plupart, démolis. Le réseau d’aqueduc fut scellé et les rues recouvertes de gravier. En quelques mois, une ville disparut entièrement de la carte. Aucun édifice ne fut épargné. Rien ne subsiste de nos jours sauf quelques vestiges : des fondations, des lampadaires et des trottoirs craquelés qui se dressent tels des témoins silencieux de ce que fut cette localité aujourd’hui disparue. Gagnon incarne à la fois la promesse de l’essor nordique et la précarité des villes monoindustrielles et reste vivante dans les souvenirs de ceux qui y ont vécu. Pour en connaître davantage, vous pouvez consulter deux ouvrages historiques à la bibliothèque de Fermont : Ville de Gagnon, jamais je ne t’oublierai de Chantal Poulin et Un seul souffle… la mine d’Annie Carle.

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Publié le 26 août, 2025, dans la publication : Numéro_13 Volume_43

  • Ancienne ville
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  • Modèle économique
  • Onésime Gagnon
  • Panneaux commémoratifs
  • Souvenirs
  • Ville de Gagnon
  • Ville fantôme
  • Ville minière
  • Ville nordique

Publié sur le site le 25 août 2025

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Caisse Desjardins

Fermeture définitive du comptoir local

par Éric Cyr

Le service au comptoir de la Caisse Desjardins des travailleuses et travailleurs unis de Fermont a fermé ses portes de façon définitive, le 11 novembre 2024, dans le cadre d’une restructuration visant la transformation de ce centre de service comme ce fut le cas pour plusieurs autres localités à travers le Québec qui ont perdu, depuis deux ans, plusieurs dizaines de guichets automatiques et de points de service qui étaient situés principalement dans des communautés rurales.

Cette décision, vivement décriée par les commerçants de l’endroit et les représentants du milieu, affecte grandement les commerces, les entreprises et les organismes de Fermont et a été prise de façon unilatérale sans envisager de potentielles solutions pour maintenir ouvert cet unique point de service de Desjardins dans un rayon de 560 kilomètres à la ronde. À la suite de ce remaniement, le guichet automatique de même qu’un système automatisé de casiers pour le dépôt et l’échange d’argent afin d’accommoder à distance les organisations qui sont rattachés à l’édifice situé au 100, rue de l’Hématite devraient demeurer en fonction grâce à une entente conclue avec des fournisseurs externes.

Des problématiques récurrentes et des interruptions de service fréquentes, en particulier durant la dernière période estivale, pouvaient laisser présager de cette disparition. Selon l’institution bancaire, la succursale de Fermont était fermée en moyenne 18 semaines par année en raison du manque de personnel. Cette année, toutefois, la caisse n’a été fermée que six semaines grâce à l’embauche d’employés en provenance de l’extérieur de la région. L’administration de l’établissement financier dit aussi avoir constaté une baisse du nombre de transactions au comptoir au fil des ans, alors que le service sur place n’était offert que deux heures par jour en moyenne cette année dans le cadre d’un horaire rigide qui ne convenait pas à plusieurs clients.

Le maire de Fermont, Martin Saint-Laurent, réprouve ce choix et confie que la Ville a proposé des solutions intéressantes aux dirigeants de la succursale afin de tenter de les convaincre de revenir sur leur décision, mais les suggestions sont demeurées lettre morte. L’administration municipale s’interroge maintenant sur les options qui s’offrent à la communauté et souhaite que les citoyens et commerçants fassent valoir leurs idées notamment auprès de la chambre de commerce. La directrice générale de la Chambre de commerce Fermont, Mélissa Gauthier, qui s’est fait le porte-voix des commerçants opposés à cette fermeture, dénonce également cet abandon de service qui nuira aux entreprises locales en compliquant grandement leurs tâches et en occasionnant des délais additionnels notamment pour la réception d’argent (billets de banque et monnaie) nécessaire à leurs ventes. Pour effectuer leurs transactions, celles-ci devront dorénavant impérativement faire la demande d’une carte de débit Desjardins.

À la suite de l’annonce officielle de la fermeture du service, en octobre dernier, des délégués de la communauté des affaires ainsi que l’ensemble des élus municipaux qui plaident pour l’adoption d’un statut particulier pour la succursale de Fermont en raison de son éloignement sont très irrités par la situation et sont persuadés que ce scénario déplorable aurait pu être évité si ce n’était du manque d’ouverture et la réticence des administrateurs de la Caisse Desjardins à instaurer des mesures alternatives et à tenter de trouver des solutions pour maintenir le service. Le directeur général de la municipalité, Claude Gagné, déplore cette décision qui ne tient pas compte de la réalité de Fermont, de son éloignement et de son isolement et est persuadé que les dés étaient jetés d’avance puisqu’aucune proposition de la Ville n’a fait l’objet de discussions sérieuses avec Desjardins.

Par ailleurs, tel que le permet la Loi, la Ville de Fermont a exercé son droit de préemption sur les immeubles de Desjardins qui souhaite se départir de ses deux bâtiments locaux tout en demeurant locataire de son aire de services automatisés. Essentiellement, la Ville, qui veut éviter que ces immeubles ne changent de vocation et soient transformés pour loger des travailleurs navetteurs (fly-in/fly-out), pourrait ainsi acquérir en priorité ces édifices. Les deux bâtiments de Desjardins qui ont été mis en vente ont des évaluations foncières qui s’élèvent à près de 755 000 $.

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Publié le 17 décembre, 2024, dans la publication : Numéro_21 Volume_42

  • Caisse Desjardins
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Publié sur le site le 17 décembre 2024

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Services de santé

Fermont et Schefferville épargnés pour l’instant

par Éric Cyr

Légende : Sur la photo, le Centre de santé de Fermont résiste à la vague d’interruptions de services qui sévit actuellement.

Malgré la crise actuelle liée à la pénurie de main-d’œuvre et aux mesures transitoires menant à la fin du recours aux agences privées, d’ici octobre 2026, et au bras de fer entre celles-ci et le gouvernement du Québec qui en découle et qui entraîne une offre de services réduite pour les Nord-Côtiers, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord a confirmé, le 17 mai 2024, que les services sont maintenus à Fermont et à Schefferville.

Selon le conseiller en communications au CISSS de la Côte-Nord, Jean-Christophe Beaulieu, la fermeture d’une salle d’opération à Sept-Îles et d’une autre à Baie-Comeau pourrait cependant engendrer des ralentissements, mais aucun transfert de patients n’est envisagé actuellement.

« Certains transferts nécessitant une hospitalisation pourraient être dirigés vers des établissements de santé en dehors de la région advenant l’incapacité des hôpitaux de Baie-Comeau et de Sept-Îles d’accueillir ces usagers. »

Le CISSS mentionne que certaines réductions de services prévues ont pu être annulées grâce aux efforts consentis par ses équipes ainsi que par ses partenaires, dont le ministère de la Santé et des Services sociaux et d’autres établissements du réseau.

Le CISSS précise qu’il n’y aura pas de fermeture de 40 lits d’hospitalisation (20 à Baie-Comeau et 20 à Sept-Îles). Toutefois, les unités de débordement des deux hôpitaux demeurent fermées (8 lits à Sept-Îles et 13 lits à Baie-Comeau). Les urgences de Baie-Comeau et de Sept-Îles ont suffisamment de personnel pour fonctionner, mais la capacité d’occupation des civières demeure très limitée en cas de débordement. Dans le contexte actuel, des démarches ont été faites afin de bonifier les services ambulanciers sur le territoire. Des travaux sont aussi en cours afin de bonifier le service d’évacuation médicale de la Basse-Côte-Nord.

Le CISSS de la Côte-Nord explique que la situation demeure précaire partout sur le territoire et que des équipes sont mobilisées afin de rétablir les divers services dans les plus brefs délais. Les transferts médicaux vers les hôpitaux receveurs habituels (Baie-Comeau et Sept-Îles) pourraient être perturbés si leur capacité d’accueil est limitée. Dans les centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) et en soutien à domicile, il y a toujours des besoins de personnel, mais les services requis sont offerts et des suivis sont faits pour assurer des soins sécuritaires.

La création d’une équipe volante composée d’infirmières et de préposés aux bénéficiaires qui pourra être déployée dans les régions où la situation est critique, notamment sur la Côte-Nord, a été annoncée par Québec en collaboration avec la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).

Pour plus de détails au sujet des réductions de services, vous pouvez visiter la page à ce sujet sur le site Web du CISSS de la Côte-Nord qui est mise à jour régulièrement.

Lettre ouverte

par 22 signataires

Soins de santé

Le 13 mai 2024

Objet : Plan de contingence du CISSS de la Côte-Nord

Madame, monsieur,

Nous sommes les médecins-omnipraticiens, spécialistes, pharmaciens et présidents de conseils professionnels qui pratiquent sur le territoire de la Côte-Nord. Nous sommes aujourd’hui témoins d’une crise sans précédent dans notre système de santé régional. Cette fois-ci, il s’agit bel et bien d’une crise précipitée par notre gouvernement.

Depuis des années, nous vivons un effritement de nos effectifs au CISSS de la Côte-Nord. Il s’agit ici d’infirmières, d’infirmières auxiliaires, de technologues, de préposés et autres professionnels qui quittent le réseau pour rejoindre les agences privées. La main-d’œuvre indépendante a progressivement remplacé les retraites et les départs dans un réseau épuisé et sous pression jusqu’à occuper plus de 60 % des postes dans nos hôpitaux. La santé de notre population et la capacité de nos salles d’urgence à accueillir des malades et à les soigner en dépendent maintenant entièrement. On ne peut s’en passer.

Tout comme le Ministère et le gouvernement actuel, nous déplorons le recours chronique à la main-d’œuvre indépendante et nous souhaitons ultimement que ces professionnels réintègrent le réseau et s’établissent chez nous durablement au sein de la fonction publique. Mais cette main-d’œuvre, qui représente maintenant l’essentiel de nos forces, n’habite pas notre région et s’y déplace pour y travailler.

À partir du 19 mai, de nouvelles règles mises en place au ministère de la Santé et des Services sociaux effacent l’essentiel des avantages de notre main-d’œuvre indépendante, qui cessera alors en bloc de venir travailler dans notre région. Ces mesures visent la réintégration des professionnels dans le réseau, mais elles sont inapplicables et dangereuses sur la Côte-Nord. Les infirmières et autres travailleurs réintégreront le réseau proche de leur domicile, laissant ainsi un trou béant dans les services essentiels des Nord-Côtiers.

Le 19 mai, nous devrons fermer plus du tiers des lits de santé physique dans les hôpitaux de Sept-Îles et de Baie-Comeau pour une période indéfinie. Nos salles d’urgence ne fonctionneront qu’à une fraction de leur capacité actuelle et n’auront plus de soupape de débordement, même pour des patients gravement malades. Des dizaines de patients seront transférés inutilement vers les grands centres et hospitalisés à des centaines de kilomètres de chez eux, engendrant des coûts faramineux et des délais de transferts évitables. Tous les services hospitaliers seront atteints, notamment le bloc opératoire où des réductions de plus de 50 % des activités sont planifiées. L’enjeu de sécurité et les risques de conséquences délétères sont réels pour les patients. Des équipes de soignants déjà fragilisées s’épuiseront et il y aura un effritement du recrutement, de la rétention de médecins et de pharmaciens à long terme.

Le 19 mai, la Côte-Nord devient essentiellement un immense territoire québécois sans réseau de santé fonctionnel capable de prendre en charge les besoins de sa population. Et cette population devra s’exiler à des centaines de kilomètres pour recevoir des soins appropriés, ajoutant un stress supplémentaire sur d’autres établissements. Si le gouvernement veut éliminer le recours à la main-d’œuvre indépendante dans le système de santé en région, il doit mettre en place des incitatifs pour qu’elle s’y installe et qu’elle y demeure. En attendant, nous avons besoin de la main-d’œuvre indépendante pour faire fonctionner nos hôpitaux. C’est une réalité incontournable.

Cette crise est accélérée inutilement par des décisions politiques et un manque d’écoute face à notre réalité régionale. Les solutions ne peuvent être les mêmes dans l’ensemble du réseau, sur tout le territoire du Québec. Il faut trouver rapidement une voie de sortie de crise. Nous le devons à nos proches et à nos patients.

 

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Publié le 28 mai, 2024, dans la publication : Numéro_10 Volume_42

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Publié sur le site le 29 mai 2024

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Schefferville

Triste quarantième anniversaire

par Éric Cyr

Source photo : Ville de Schefferville

Il y a quatre décennies, le 2 novembre 1982, la compagnie minière IOC annonçait l’abandon de ses activités minières à Schefferville condamnant ainsi la majorité des habitants de cette petite localité nordique, qui comptait 5000 habitants à son apogée, à un exode vers le sud mettant ainsi fin abruptement à leurs habitudes et à leur mode de vie.

Cette décision du principal employeur de l’endroit, qui a érigé ses premières installations sur place en 1947 et qui a commencé son exploitation en 1949, de délaisser sa mine de fer coïncide avec la quasi-fermeture de la petite ville mono-industrielle, qui a déjà constitué lors de sa période de prospérité économique l’un des trois fleurons de l’industrie du fer au Québec de concert avec Gagnon et Fermont, deux autres villes minières de la MRC de Caniapiscau.

Après la surprise, c’est la consternation pour les résidents de l’endroit. La vaste majorité des Blancs, soit environ 4000 personnes à l’époque, devra se résigner à plier bagage et à partir ailleurs pour refaire sa vie. Ce déracinement forcé laissera des traces et inspirera même une chanson au musicien québécois Michel Rivard, Le dernier train. Bien que certains choisissent de rester, dont les Autochtones des deux communautés adjacentes de Matimekush-Lac John (Innus) et de Kawawachikamach (Naskapis), la minière IOC détruit tout de même la plupart des infrastructures municipales : hôpital, maisons, piscine, sans considération pour ceux qui demeureront sur place. Le gouvernement du Québec adopte une loi afin de fermer la ville, mais se ravise et modifie sa position en 1990 en se heurtant à la volonté des membres des Premières nations et de quelques blancs de demeurer sur le territoire. Sans cette détermination et cette présence physique, Schefferville aurait été rasée de la carte comme ce fut le cas trois ans plus tard, en 1985, pour Gagnon.

La crise du fer en 1981

Selon le président de la minière IOC à l’époque, Brian Mulroney, devenu plus tard premier ministre du Canada, le minerai de fer que l’on extrait du sol à Schefferville n’est plus compétitif et dans un tel contexte la mine n’est plus viable. Le coût de production, combiné à celui de la main-d’œuvre, ne peut rivaliser avec la concurrence mondiale féroce de pays comme le Brésil et c’est ce qui justifie cette décision de cesser les opérations minières scheffervilloises, ce qui entraînera du même coup la fermeture du concentrateur et de l’usine de bouletage de Sept-Îles.

L’histoire se répète ?

Schefferville a connu un second souffle en 2010 avec une deuxième ruée vers le fer lors de l’arrivée de Labrador Iron Mines puis de Tata Steel en 2012. L’industrie minière n’emploie cependant que peu d’employés locaux favorisant plutôt le navettage aérien (fly-in/fly-out) et les travailleurs vivent à l’extérieur du périmètre urbain. Ce regain semble avoir été de courte durée puisque Tata Steel vient d’annoncer en novembre la cessation de ses activités pour une période indéterminée.

Actuellement, environ 2000 Autochtones et 250 Allochtones vivent à Schefferville.

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Publié le 12 décembre, 2022, dans la publication : Numéro_21 Volume_40

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Publié sur le site le 12 décembre 2022

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