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Volume 38

Indemnités de déplacement bonifiées

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Soins de santé spécialisés

Indemnités de déplacement bonifiées

par Éric Cyr

Le Parti québécois a obtenu un gain important pour les patients des régions éloignées à la suite de ses démarches auprès du gouvernement Legault qui s’est finalement engagé à revoir le régime désuet d’indemnisation pour les personnes devant se déplacer pour se faire soigner, d’ici l’automne, afin de l’adapter aux besoins réels.

Le gouvernement du Québec bonifiera le programme d’indemnités de déplacement pour les soins de santé qui est actuellement de 0,13 $ du kilomètre pour les patients qui ne peuvent subir une intervention médicale dans l’établissement de santé le plus proche et qui doivent se rendre dans une autre région pour recevoir des soins. C’est à la suite d’une intervention du porte-parole du Parti québécois en matière de santé, Joël Arseneau, que le nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, s’est montré favorable à une amélioration de la formule actuelle dont le montant des allocations n’a pas subi de redressement depuis 2004.

Les députés du Parti québécois, qui ont maintes fois réclamé une rectification de la compensation pour les déplacements concernant les patients des régions éloignées dans le cadre de sorties médiatiques et de questions en chambre, se réjouissent que le gouvernement se soit enfin engagé à régler la question. Que ce soit à l’ancienne ministre de la Santé, Danielle McCann, qui avait convenu de revoir les montants du programme, mais qui n’a pu concrétiser cette démarche sous prétexte de la pandémie, ou à son successeur, Christian Dubé, le Parti québécois a souvent fait valoir que les indemnités offertes aux personnes devant se déplacer pour se faire soigner étaient insuffisantes et devaient impérativement être bonifiées.

Une question de justice

Selon le député des Îles-de-la-Madeleine, le Parti québécois veillera à ce que le gouvernement de la CAQ honore sa promesse. « On ne peut plus tolérer cette situation, qui crée une iniquité à la fois entre les régions et les grands centres, mais également entre les citoyens du Québec, selon leur lieu de résidence. On va s’assurer de talonner le nouveau ministre pour que cette injustice soit corrigée. Nous ne nous contenterons pas d’une simple indexation; une refonte en profondeur du programme doit être effectuée afin que les citoyens obtiennent la pleine compensation des sommes qu’ils ont réellement engagées. » Le Parti québécois, qui invoque l’universalité du régime de soins de santé, estime que personne ne devrait avoir à payer pour se faire soigner au Québec en dénonçant le fait que le défraiement en vigueur est loin de couvrir l’entièreté des dépenses encourues par les patients et leurs accompagnateurs. Le Parti québécois réclame donc que le montant des indemnités soit au moins l’équivalent de celui offert par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail aux travailleurs accidentés vivant en région éloignée qui est de 0,45 $ du kilomètre. La députée péquiste de Duplessis, Lorraine Richard, qui a aussi fait des représentations dans ce dossier, confie : « Les habitants des régions ne devraient pas être pénalisés à cause de leur lieu de résidence. »

* À Fermont, la plupart des patients choisissent de se déplacer en avion pour leur rendez-vous avec des spécialistes notamment à cause de la longueur du trajet routier, des risques de bris de véhicule, des mauvaises conditions de la route nationale 389 et du faible taux de remboursement au kilomètre.

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Publié le 8 septembre, 2020, dans la publication : Numéro_14 Volume 38

  • Indemnités de déplacement
  • Intervention médicale
  • Parti québecois
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  • Soins de santé
  • Spécialistes
  • Traitements médicaux

Publié sur le site le 8 septembre 2020

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Sauvetage d’urgence en zone isolée

Mise à jour du protocole d’intervention

par Éric Cyr

Le comité régional de la MRC de Caniapiscau pour l’optimisation des services de sauvetage hors route a récemment procédé à la mise à jour et à l’amélioration du protocole d’intervention sur son territoire, qui englobe Fermont et Schefferville, dans le cadre des opérations de sauvetage d’urgence à l’extérieur du réseau routier.

Une entente a récemment été conclue avec la Direction générale de la sécurité civile et de la sécurité incendie, qui relève du ministère de la Sécurité publique, afin d’accroître la protection offerte aux citoyens dans les secteurs non accessibles par le réseau routier sur le territoire desservi par la MRC de Caniapiscau en améliorant le degré de préparation des organisations responsables des interventions d’urgence. L’accord est intervenu dans le cadre du programme d’aide financière pour le soutien à l’organisation des interventions pour urgences hors du réseau routier et a permis l’acquisition de matériel et d’équipement de sauvetage. Le directeur du Service de prévention des incendies de la Ville de Fermont, Jean-Sébastien Allard, et le capitaine de la caserne 12, Yan Shaw, sont très satisfaits des améliorations apportées qui permettent une meilleure efficacité en cas de manoeuvres dans des emplacements difficiles d’accès.

Le centre des mesures d’urgence, qui a apposé à des endroits stratégiques des affiches « En nature ma sécurité c’est ma responsabilité » constituant une dizaine de points de repère facilitant la localisation et l’évacuation, peut dorénavant compter sur de nouveaux outils et des équipements spécialisés additionnels qui ont été ajoutés à son arsenal afin de maximiser la performance lors d’actions spécifiques sur le terrain. Les pompiers fermontois disposent notamment d’un traîneau d’évacuation en motoneige, d’un traîneau d’évacuation de type centre de ski, d’un chariot sur roues conçu par un pompier local, Luc Rivière, et d’une remorque fermée qui deviendra un centre de commandement mobile. Le chef des pompiers, M. Allard, explique que le fait d’améliorer le rendement des intervenants en situation de détresse peut faire une différence notoire. Il ajoute que la conjoncture particulière relative à l’isolement géographique et à la vaste superficie à couvrir justifie l’importance pour les pompiers de se munir de tous les atouts nécessaires afin d’assurer leur autonomie lors de déplacements pour un sauvetage et une évacuation dans un lieu éloigné ou reclus. « Nous sommes prêts à intervenir et nous disposons d’équipements adaptés à ce type d’intervention nous permettant de réduire les difficultés et les embûches dans les situations plus ardues où l’on doit faire face à tout imprévu. »

Selon M. Allard, quatre facteurs essentiels peuvent grandement faciliter les recherches et accélérer le travail des secouristes lorsque l’on effectue une randonnée en forêt ou dans un endroit isolé.

1-Je dis où je vais, on sait où me trouver en tout temps.
2-Je sais où je suis, je peux m’orienter et diriger les secours vers moi.
3-Je garde le contact, je suis accompagné ou je dispose de l’équipement nécessaire pour communiquer sans mon téléphone portable cellulaire en l’absence de réseau.
4-Je compte d’abord sur moi, j’emporte une trousse de premiers soins, car je sais que les secours mettront du temps pour arriver.

En l’absence de réseau cellulaire, le numéro d’urgence à composer par téléphone satellite est le : 418 724-0171.

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Publié le 8 septembre, 2020, dans la publication : Numéro_14 Volume 38

  • Caserne 12
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Publié sur le site le 8 septembre 2020

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Ville de Fermont

Des travaux majeurs d’infrastructures

par Éric Cyr

Source photo : Ville de Fermont

La Ville de Fermont a accordé des contrats pour la réfection de plusieurs rues d’origine de cette localité nordique dont l’asphaltage n’avait pas été refait, mis à part quelques rapiéçages, depuis l’incorporation de la municipalité en 1974, ainsi que pour le remplacement d’un ponceau menant au chemin du lac Carheil. L’administration municipale a l’intention de poursuivre dans cette voie durant les années subséquentes afin que les infrastructures de la Ville soient mises à niveau.

Le conseil municipal a pris une décision longuement mûrie et qui s’imposait. Cette initiative, totalisant plus de 3 millions de dollars, est certainement bien vue des citoyens puisque la réfection des chemins, qui nécessitaient une cure de rajeunissement, était en latence et n’avait pas été amorcée depuis l’implantation de la ville au début des années 1970. Les responsables des Services techniques, qui anticipent que d’autres travaux d’asphaltage devraient se poursuivre durant la prochaine saison estivale, tiennent à remercier les résidents des secteurs concernés de leur patience, car parfois les travaux se sont étirés en soirée.

Selon le directeur général de la Ville de Fermont, Philippe Pichet : « La municipalité se doit non seulement d’offrir des infrastructures de qualité, mais elle doit aussi les entretenir. L’orientation prise par le Conseil municipal permettra aux citoyens de profiter d’un réseau routier local en bonne condition, et ce pour plusieurs années. »

Asphaltage intensif

Les travaux qui ont été amorcés l’été dernier, avec la restauration d’une partie des bordures de ciment et l’asphaltage d’une portion de la rue de l’Aquilon jusqu’à la rue du Cosmos et d’une partie de la rue le Carrefour, se sont poursuivis, du 26 juillet au 18 août dernier, avec la compaction et le bituminage des rues Alexandre, des Glaces et de Brest ainsi que de l’intégralité de la rue Tilly jusqu’à la rue Johnson. C’est l’entrepreneur en excavation Construction Béluga qui a obtenu la gestion du chantier d’une somme de 2,339 millions de dollars.

Nouvelle structure

Un autre contrat d’importance totalisant 800 000 dollars a aussi été octroyé par la Ville à la firme Dexter Québec pour le changement d’un tuyau de ponceau à l’intersection des rues Duchesneau et Iberville à proximité du parc de maisons mobiles et qui a nécessité le détournement provisoire d’un ruisseau. L’ajout d’une passerelle temporaire pour piétons et pour cyclistes leur permettra d’accéder plus facilement au mont Daviault, qui offre une vue imprenable sur Fermont, durant la durée des travaux. De plus, l’ajout d’un bassin d’atténuation de la vitesse de l’eau et d’une frayère à poissons dans l’un des deux caissons permet de revaloriser le cours d’eau. Ce nouveau chantier, qui devrait s’étirer jusqu’à la fin septembre, a pris le relais, le 18 août, au moment où les travaux d’asphaltage se sont achevés.

Autres améliorations

Le directeur du Service technique de la Ville, Jean-Michel Meilleur, confie que d’autres aménagements ont été entrepris, dont la révision de la signalisation notamment celle de la zone scolaire à la suite des recommandations d’une étude réalisée par un étudiant stagiaire en ingénierie civile. Le stationnement des écoles a aussi subi des modifications avec l’ajout d’affiches et un changement d’orientation des lignes au sol. Les véhicules devront dorénavant s’y stationner exclusivement en marche arrière (à reculons) afin d’assurer la sécurité des élèves et des piétons. Une stabilisation du talus derrière ce stationnement a aussi été complétée ainsi que de celui dans le secteur des plateaux sportifs extérieurs (terrains de balle et de tennis) en plus d’un hydro-ensemencement de gazon qui contribuera à empêcher la boue de se propager dans ce secteur.

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Publié le 8 septembre, 2020, dans la publication : Numéro_14 Volume 38

  • Asphaltage
  • Bituminage
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Publié sur le site le 8 septembre 2020

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vendeur itinérant

Nomadisme jusqu’à Fermont

par Éric Cyr

Légende photo : Guy Simard accueille les clients et les passants avec un grand sourire.

Originaire du Saguenay, Guy Simard a sillonné les routes du Québec et du Nouveau-Brunswick durant de nombreuses années dans le cadre de son travail de vendeur itinérant. Après avoir beaucoup voyagé et parcouru de vastes et magnifiques territoires, c’est Fermont qu’il a choisi comme résidence secondaire et où il pose ses pénates quelques mois par année.

Avec plus d’un demi-siècle au compteur, ce n’est pas la fatigue qui l’a poussé à s’établir dans le Nord québécois, mais bien l’amour de ce lieu, des grands espaces, et l’hospitalité de ses gens. Il a appris le métier il y a près de trois décennies avant de croiser chez son fournisseur à Québec un compétiteur, René Leblanc. Ce dernier, qui se préparait à prendre sa retraite, a offert de lui vendre son commerce et son circuit et de l’accompagner pour lui montrer le parcours, l’aider à se familiariser avec la clientèle et lui présenter ses contacts. C’est donc cette rencontre fortuite qui a stimulé la fondation de l’entreprise Les Aliments Guy Simard. Il reste toujours en contact avec celui qui lui a appris l’anglais, ce qui lui a été fort utile puisqu’il devait se déplacer jusqu’au Labrador. Les deux hommes ont finalement travaillé 5 ans ensemble. « Je n’apprends pas vite », confie M. Simard en riant.

Il se remémore la première fois où il est arrivé à Fermont en décembre sous un froid sibérien. Il portait seulement une veste Louis Garneau et de petits souliers. Un policier l’apercevant ainsi vêtu le taquine en lui disant : « T’es habillé pour aller souper en ville. » Lors de son retour en février suivant, il s’était procuré un manteau arctique Canada Goose et des bottes de motoneige.

Avec son allure de dur à cuire, il pourrait à premier abord sembler intimidant, mais quiconque lui parle s’aperçoit rapidement qu’il cache derrière son sens de l’humour une grande sensibilité. « Quand j’ai décidé de m’investir plus sérieusement à Fermont, il y avait une problématique de logement et c’est un ami qui m’a offert l’hébergement sur place afin de me donner une chance de dénicher quelque chose qui me conviendrait », explique-t-il d’un timbre de voix grave et rauque. Celui-ci poursuit sur un ton moqueur : « Il ne prenait pas pour la même équipe de hockey que moi alors j’ai décidé de déménager. »

Guy Simard a finalement eu une occasion en 2016 d’acheter une maison mobile au parc de roulotte qu’il a entièrement rénovée. Il y affiche des tableaux d’artistes locaux et des photos de son chien et de ses chats, ses bébés. « Je me suis fait un petit nid douillet où je me sens chez moi et où je peux accueillir des amis. Je me suis bien intégré à la communauté que j’estime particulièrement. Je trouve les gens sympathiques. C’est d’ailleurs l’accueil chaleureux qui m’a incité à prendre la décision de m’établir ici. »

Bien qu’il réside à Fermont en moyenne six mois par année, M. Simard ne se considère pas comme un citoyen par intermittence. Il participe activement à la vie municipale et s’investit dans certains organismes communautaires locaux. « J’adore Fermont. Heureusement que ma blonde, la belle Nancy, est compréhensive, mais quand je monte dans le Nord, c’est un peu des vacances pour elle. Il y a aussi le climat hivernal rigoureux qui me fige tellement que ça m’aide à conserver mon air de jeunesse », lance-t-il à la blague.

Comme tout bon citoyen local, il est écœuré du piteux état de la route 389. Il se déplace maintenant en avion et fait livrer sa marchandise.

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Publié le 24 août, 2020, dans la publication : Numéro_13 Volume 38

  • Aliments
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  • Guy Simard
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  • Les Aliments Guy Simard
  • Produits alimentaires
  • René Leblanc
  • Vente itinérante

Publié sur le site le 24 août 2020

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Campagne de financement

Se faire raser le coco pour une bonne cause

par Éric Cyr

Légende photo : La pandémie n’a pas eu raison de la générosité des Fermontois.

Un montant impressionnant de 21 436 $ a été amassé par des bénévoles au profit de l’organisme caritatif Cancer Fermont dans le cadre de la troisième édition du défi « Joan se paye ta tête », connu auparavant sous l’appellation « Paye-toi ma tête pour la cause », et rebaptisé en l’honneur d’une Fermontoise, feu Joan Rhéaume, qui s’est beaucoup investie pour l’organisme à but non lucratif (OBNL) venant en aide aux personnes atteintes du cancer et à leurs proches localement.

La pandémie n’aura pas eu raison de la détermination et du dévouement de ceux ayant cette cause à cœur. L’initiative, qui fut reprise avec brio cette année par l’organisateur Kevin Morissette, fut une belle réussite malgré l’adversité et la nécessité d’y apporter de nécessaires modifications. L’événement s’est déroulé à deux dates différentes durant la période estivale à cause des perturbations occasionnées par la crise de la Covid-19.

Félicitations aux courageux participants de la communauté : Frédéric McKinnon, Christian Bernard, Michel St-Laurent, Cindy Vignola, Manon Bouchard et la Française devenue Fermontoise d’adoption, Vanessa Guesdon, ainsi qu’aux travailleurs de l’entreprise Minerai de fer Québec de la mine du Lac Bloom, Kevin Gagnon, Raphaël Lachance et Dominic Gravel, qui se sont fait raser la tête ou la barbe pour cette bonne cause. Le fils de Joan Rhéaume, Benoit, qui s’est déplacé pour l’occasion, a également accepté de se faire raser la tête en mémoire de sa mère. Merci aux généreux donateurs qui les ont appuyés dans leurs collectes de fonds.

Solidarité exemplaire

Le président fondateur de l’œuvre de bienfaisance, Denis Grenier, était visiblement très ému lors du dévoilement d’une grande affiche destinée à publiciser l’événement et sur laquelle la photo de Joan Rhéaume apparaît. Il a d’ailleurs versé quelques larmes. « Je suis très fier de l’implication sociale et communautaire de la collectivité. L’appui inestimable reçu par Cancer Fermont est une preuve tangible de la très grande solidarité exprimée par les acteurs du milieu fermontois. La générosité de la population, des organismes et des entreprises assure la pérennité de l’organisation. Je remercie tous ceux qui soutiennent notre mission que ce soit en s’impliquant de façon bénévole ou par des dons. Chaque geste compte et contribue à apaiser un peu les souffrances et à réduire le stress de ceux qui luttent courageusement contre le cancer. »

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Publié le 24 août, 2020, dans la publication : Numéro_13 Volume 38

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Publié sur le site le 24 août 2020

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SUD DU 53e parallèle

Une bulle nordique

par Éric Cyr

Légende photo : Des agents de la faune sont venus prêter main-forte aux policiers au point de contrôle entre Fermont et Labrador City.

Malgré un contrôle frontalier qui demeure en vigueur du côté du Labrador, les résidents des trois villes nordiques de Fermont au Québec et de Labrador City et de Wabush au Labrador Ouest peuvent dorénavant circuler dans ces trois municipalités grâce à une entente conclue, à la fin juin dernier, entre les responsables du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador au grand bonheur des citoyens qui sont habitués à entretenir des liens sociaux et commerciaux.

Cette décision fait suite aux demandes formulées par les municipalités de Fermont et de Blanc-Sablon au gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador afin de permettre aux habitants de ces secteurs isolés de circuler plus librement entre les communautés limitrophes.

Le point de contrôle routier entre Fermont et Labrador City est maintenu le long de la route TransQuébec-Labrador, toutefois les citoyens de ces trois localités n’auront plus à s’isoler durant 14 jours après avoir franchi la frontière interprovinciale s’ils ne présentent pas de symptômes associés à la Covid-19. Les Fermontois doivent cependant satisfaire aux exigences en respectant certaines conditions et ne peuvent se déplacer au Labrador au-delà du périmètre des deux villes avoisinantes et doivent répondre à certains critères notamment avoir comme résidence permanente Fermont, être asymptomatiques et ne pas avoir voyagé à l’extérieur de la région dans les deux semaines précédentes. Les Labradoriens eux peuvent circuler librement au Québec qui a ouvert ses frontières à la fin mai. Le barrage routier situé au départ à la frontière a par la suite été reculé un peu plus loin en sol labradorien plus près de Labrador City et les policiers de la Royal Newfoundland Constabulary ont reçu l’assistance des agents de la faune de cette province qui les épaulent dans les vérifications d’usage.

Le point de contrôle à Blanc-Sablon en Basse-Côte-Nord, qui est déjà enclavé puisque la route 138 n’aboutit pas encore, a pour sa part immédiatement été retiré après l’accord permettant aux gens de l’endroit d’accéder à Red Bay au Labrador, mais ils ne peuvent se rendre sur l’île de Terre-Neuve qui leur est toujours interdite, ce qui cause beaucoup de frustrations.

Les frontières du Labrador pourraient en tout temps fermer à nouveau pour ces deux bulles si un cas de contamination à la Covid-19 survenait.

Port du masque

Selon les directives de la Santé publique du Québec en plus des normes de distanciation physique, le port du couvre-visage est obligatoire dans les lieux publics fermés depuis le 18 juillet, sauf pour les enfants de moins de 12 ans ou les personnes exemptées pour des raisons de santé. À Fermont, cette consigne s’applique principalement dans le centre commercial du mur-écran et au dépanneur de la station-service Esso. Le Labrador dans la province voisine a emboîté le pas, le 24 août, et le masque est depuis aussi requis entre autres dans les centres commerciaux.

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Publié le 24 août, 2020, dans la publication : Numéro_13 Volume 38

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Publié sur le site le 24 août 2020

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Aéroport de Wabush

Le couperet fédéral est tombé

par Éric Cyr

En plus de devoir composer avec le récent retrait d’Air Canada de l’aéroport de Wabush au Labrador, qui suscite le mécontentement, les citoyens des localités minières de Fermont, de Labrador City et de Wabush, ainsi que des nombreux utilisateurs de ce terminal aérien, ceux-ci devront digérer la décision du ministère des Transports du Canada qui a démantelé les services d’urgence-incendie qui y étaient rattachés, le 7 août dernier, malgré une forte opposition locale.

Des professionnels du domaine croient que Transports Canada met la vie des passagers en danger. Cette décision arbitraire est dénoncée par une majorité d’intervenants politiques et socio-économiques de la région incluant le député provincial du Labrador Ouest, le néodémocrate Jordan Brown et les maires de Labrador City et de Wabush, Fabian Benoit et Ron Barron. La députée fédérale du Labrador, la libérale Yvonne Jones s’est pour sa part faite discrète. Il faut dire que c’est le gouvernement Trudeau dont elle fait partie qui a pris cette initiative et qui n’a pas non plus levé le petit doigt dans le dossier du récent départ du transporteur aérien national qui a choisi de délaisser les aéroports régionaux de plusieurs régions du Québec et au Labrador Ouest.

Coup sur coup

Ces deux épreuves successives ne passent pas du tout au sein de la population isolée prise en otage et qui doit utiliser le transport par avion lors d’évacuations médicales d’urgence, pour des consultations de spécialistes de la santé, pour des voyages d’agrément, des vacances, ou pour le travail. Plusieurs critiques dénoncent la situation et jugent que l’interruption de ce service, basé selon eux sur une politique fédérale qui utilise dans ce cas-ci des statistiques désuètes, repose sur des données incomplètes qui ne reflètent pas la réalité actuelle et qui ne tiennent pas compte de l’achalandage accru lié à la vitalité du monde minier.

Le pompier Ryan Connolly qui a travaillé au sein de ce service d’urgence-incendie affirme que la suppression de celui-ci met les passagers et les équipages atterrissant et décollant de Wabush à risque. Selon ce dernier, des professionnels spécialisés et formés dans ce genre particulier d’intervention doivent être sur place et prêts à intervenir rapidement en cas d’urgence. Il explique qu’il n’y a pas que dans le cas d’un écrasement d’aéronef que les pompiers peuvent faire toute la différence, mais aussi lorsqu’un incendie de moteur se déclare ou lors d’un déversement de carburant qui s’enflamme. Chaque seconde compte pour sauver des vies et le laps de temps d’intervention est primordial. Le type de carburant utilisé dans les avions brûle très rapidement et les flammes se comportent de façon agressive, il est donc essentiel que des pompiers soient physiquement sur les lieux et constamment sur le qui-vive afin de parer une éventuelle tragédie humaine en contrôlant les facteurs pouvant l’engendrer notamment les flammes qu’ils doivent tenter de maîtriser dès le début afin que le feu ne se propage pas aux sorties de l’appareil.

Vies humaines et statistiques

Transports Canada indique que le volume de passagers requis annuellement pour que les services d’incendie soient obligatoires dans une installation aéroportuaire est de 180 000 passagers et juge que ce seuil ne serait pas atteint à Wabush et en diminution depuis 2014 selon ses calculs. Il n’y aurait donc aucune obligation réglementaire de fournir ce service.

Données discutables

Le député Jordan Brown et le Syndicat des Métallos remettent en question les données de Transports Canada et sont plutôt convaincus que le trafic aérien aurait en fait considérablement augmenté avant la pandémie et que les chiffres dont s’inspire Transports Canada sont désuets, erronés et datent de plusieurs années. Les interventions qui prenaient auparavant en moyenne 3 minutes avant l’arrivée des premiers répondants sur la piste pourront dorénavant s’étirer d’au moins une quinzaine de minutes et plus avant que les secours les plus proches ne puissent agir. Les pompiers avoisinants ont organisé un défilé d’adieux en hommage à leurs confrères lors de leur dernière veille et ont activé les sirènes en passant en avant de l’aérogare.

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Publié le 24 août, 2020, dans la publication : Numéro_13 Volume 38

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Publié sur le site le 24 août 2020

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Les fly-in/fly-out

Étude sur les impacts

par Geneviève Beauchemin

Source photo : Jocelyn Blanchette

Il y a un peu plus de deux ans, j’ai eu la chance de passer deux semaines à Fermont afin d’étudier l’impact du phénomène du fly-in/fly-out (FIFO) sur la communauté. En tant qu’étudiante universitaire à la maîtrise, mon intérêt se porte vers les communautés du Nord. Par cette recherche, je tentais de mieux comprendre comment le FIFO affecte la communauté et quels en étaient les impacts sur le tissu social de cette municipalité.

Le FIFO est peu étudié au Québec et les impacts à long terme sur les communautés minières sont un angle mort important. Notre méthodologie s’appuie sur des travaux australiens où les chercheurs ont documenté une série d’impacts sociaux associés au FIFO. L’objectif de départ était donc de comparer les caractéristiques sociales recensées en Australie avec celles réellement vécues à Fermont.

Vous avez été plus de 375 personnes à compléter le questionnaire en ligne et une vingtaine de personnes à répondre à mes questions en entrevue. Cette participation démontre l’importance de ce sujet pour votre communauté et m’a permis de constater la grande générosité des gens qui m’ont parlé.

Le FIFO est un sujet très émotif à Fermont. Pour ou contre le FIFO, cette question divise la communauté et entraîne des tensions appréciables. L’enquête démontre que ce n’est pas la présence des FIFO qui désorganise actuellement la vie communautaire fermontoise, mais plutôt la perte de sens de la communauté. En fait, depuis la fin des travaux de construction et d’agrandissement (2008-2012) où la présence des travailleurs était associée à un sentiment d’envahissement et à des comportements souvent inappropriés, les résidents et les travailleurs migrants cohabitent relativement pacifiquement. Certains impacts sont encore présents malgré tout, notamment en ce qui concerne la pression sur le marché immobilier et la disponibilité des services de santé.

Cependant, l’impact le plus marqué se situe plutôt dans le changement de comportement des citoyens locaux face à l’ouverture des postes FIFO. En effet, plusieurs travailleurs résidents y voient une opportunité de quitter Fermont tout en conservant leur emploi, parfois même au prix de leur ancienneté.

Pour les Fermontois, la peur associée à la perte de la communauté côtoie le désir de quitter Fermont. Une même personne peut simultanément être fière d’être fermontoise et postuler pour un poste FIFO pour préparer sa retraite ou se rapprocher de sa famille. Pour certains, le FIFO est l’issue inespérée, pour d’autres, une chance. En fait, la vie dans le Nord exige beaucoup de ses résidents en matière de sacrifices et d’adaptations. Le Nord se conjugue parfois difficilement avec les désirs de la vie moderne.

En conclusion, mon étude aura au moins permis de voir que le FIFO représente un défi important pour le maintien d’une communauté dynamique à Fermont. L’attachement à cette communauté, confirmé par les témoignages de plusieurs résidents, permet d’espérer qu’on pourra trouver des moyens pour relever ce défi et préserver ce milieu de vie. Ce constat milite pour une réflexion commune sur le développement de votre région et pourquoi pas, sur l’occupation du territoire québécois.

NDLR * le fly-in/fly-out aussi appelé navettage aérien est un mode de transport aéroporté, généralement par vols nolisés, destiné à déplacer des travailleurs vers leur lieu de travail et par la suite une fois leurs tâches complétées à les réacheminer à leur point d’origine.

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Publié le 22 juin, 2020, dans la publication : Numéro_12 Volume 38

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Publié sur le site le 18 juin 2020

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Naufrage mortel

La communauté fermontoise en deuil

par Éric Cyr

Source photo : Jean-Nicolas Barriault

Les Fermontois ont perdu l’un des leurs à la suite d’un tragique naufrage survenu lors d’une partie de pêche accompagnée d’une sortie en bateau qui a mal tourné sur le réservoir Manicouagan, non loin du barrage Daniel-Johnson qui alimente la centrale hydroélectrique de Manic-5, le 5 juin dernier.

La victime, un jeune homme de 20 ans, Samuel Larivière-Bergeron, qui accompagnait son père, William « Billy » Larivière, a perdu la vie à la suite d’un accident nautique dramatique. Selon la Sûreté du Québec, leur embarcation a percuté un obstacle, possiblement une roche immergée, avant de se remplir d’eau. Les deux occupants à bord ont dû se résigner à la quitter afin de tenter d’atteindre la berge à la nage, car elle se remplissait d’eau et menaçait de sombrer à cause des dommages causés par l’impact. Les deux hommes qui portaient leur veste de flottaison seraient parvenus malgré l’eau glacée à atteindre la rive où ils ont attendu les secours. Le jeune homme serait malheureusement vraisemblablement décédé d’hypothermie.

Les services d’urgence ont été appelés à se rendre sur place. Des équipes de la Sûreté du Québec munies d’embarcations de sauvetage et un avion Hercule des Forces armées canadiennes étaient en route vers les lieux afin de tenter de localiser les deux personnes en détresse quand ceux-ci ont été retrouvés mettant ainsi fin au déploiement. Un pilote d’hélicoptère local, Philippe St-Pierre, a accepté de prendre part aux recherches avec son aérodyne, geste très apprécié. Plusieurs autres Fermontois ont aussi généreusement offert leur aide.

Selon un expert en recherche et sauvetage et ancien policier de la SQ du poste principal de la MRC de Caniapiscau à Fermont qui a participé aux opérations, James Pelletier, « Les gens de Fermont se sont montrés solidaires et empathiques et se sont impliqués en fournissant de l’aide fort appréciée. Je suis toujours fier de constater la solidarité exemplaire et unique des citoyens fermontois. »

Hommage et solidarité

Un feu de camp nocturne, sorte d’oraison funèbre, a été organisé par des amis tout comme un défilé motorisé qui s’est spontanément tenu en l’honneur du très estimé citoyen fermontois. Après quelques crissements de pneus, le cortège routier à la mémoire du disparu a défilé dans les rues de la ville au son des klaxons, le 7 juin. Une campagne de sociofinancement a aussi été lancée afin d’aider la famille durant cette période difficile de deuil. L’administration municipale a pris la décision de mettre le drapeau de la Ville de Fermont en berne.

L’équipe du journal offre ses plus sincères condoléances à la famille et aux proches.

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Publié le 22 juin, 2020, dans la publication : Numéro_12 Volume 38

  • Deuil
  • Fermont
  • Hypothermie
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Publié sur le site le 18 juin 2020

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Pharmacie Alarie

Deux décennies bien remplies

par Éric Cyr

Un événement survenu en pleine crise de la Covid-19 aurait pu passer inaperçu, mais mérite d’être souligné. Le 1er avril dernier, la Clinique santé François et Ludovic Alarie devait célébrer son vingtième anniversaire d’implantation à Fermont cependant compte tenu de la pandémie exigeant des mesures de distanciation physique, cette commémoration a été mise en sourdine.

Évolution

En 2000, la seule pharmacie de la collectivité nordique est gérée par le Centre local de services communautaires (CLSC) dans un petit espace situé au sous-sol de l’établissement de santé. L’exiguïté des locaux et l’essor démographique motivent le pharmacien François Alarie à relever les défis de l’implantation d’une pratique professionnelle en région éloignée. Il ouvre donc, le 1er avril, les portes de la première pharmacie communautaire locale dans le mur-écran tout en répondant simultanément aux besoins de la population, en poursuivant son rôle de pharmacien d’hôpital et en continuant de servir les communautés de Schefferville et de Kawawachikamach. L’expérience se poursuit depuis deux décennies pour celui dont l’expertise est bien établie et qui a obtenu une reconnaissance unanime de ses pairs et des autres professionnels de la santé qu’il côtoie dans le cadre de sa profession. Le 3 janvier 2017, il s’est associé à son fils Ludovic (à gauche sur la photo), lui aussi pharmacien.

Aléas et embûches

Déterminé, François Alarie a dû composer avec certains obstacles au cours des années en se retroussant les manches et en faisant face à des épreuves difficiles comme le 30 décembre 2014, où un important dégât d’eau occasionné par une défectuosité du système de gicleurs et une interruption de courant inonde la pharmacie. Dans des conditions rudimentaires, le froid et la noirceur, le fondateur a poursuivi malgré l’adversité, et avec l’aide de ses employés dévoués, la distribution des ordonnances avec des lampes frontales et des manteaux d’hiver en attendant l’intervention d’experts en nettoyage après sinistre. La logistique de transport des médicaments et des produits constitue aussi souvent un casse-tête avec les nombreuses fermetures du seul lien routier de la région, la route 389, et il existe des limites de poids et de quantité pour l’avion-cargo. La cerise sur le gâteau restera certainement la réorganisation qu’aura nécessitée la crise de la Covid-19 durant laquelle la pharmacie a continué ses activités.

Distinctions

Le prestigieux prix « Pharmacien propriétaire à la carrière exemplaire » a été décerné à François Alarie par l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), le 8 novembre dernier, dans le cadre de la 4e édition du Gala d’excellence en pharmacie communautaire. Cette reconnaissance rend hommage à un professionnel du domaine pharmaceutique qui s’est démarqué par son leadership, sa capacité à innover, sa gestion efficace, son intégrité et son engagement.

Monsieur Alarie, qui réside à Fermont depuis bientôt 33 ans, est bien ancré dans son milieu et très estimé des citoyens de l’endroit pour sa personnalité chaleureuse et son professionnalisme. Il a aussi reçu la distinction de « Pharmacien de famille 2015 » attribuée par Uniprix.

Les propriétaires sont très reconnaissants de l’apport inestimable des employés actuels et de ceux qui ont défilé et qui ont contribué, ou qui contribuent encore, à la réussite de l’entreprise depuis 20 ans. Ils tiennent à mettre en évidence la fidélité de la cheffe d’équipe technique, Audrey Ferland, qui fait partie de l’organisation depuis l’ouverture de la pharmacie.

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Publié le 22 juin, 2020, dans la publication : Numéro_12 Volume 38

  • 20e anniversaire
  • Clinique santé François et Ludovic Alarie
  • Distinction
  • Fermont
  • Fondateur
  • Pharmacie
  • Pharmacien de famille
  • Pharmacien propriétaire

Publié sur le site le 18 juin 2020

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Québec-Labrador

Une frontière toujours imperméable

par Éric Cyr

Dans le contexte actuel de crise liée à la Covid-19, une rencontre virtuelle qui regroupait des décideurs politiques de Terre-Neuve-et-Labrador et du Québec s’est déroulée, le 12 juin dernier, au sujet d’une éventuelle réouverture de la frontière Québec-Labrador au Labrador Ouest par cette province et selon certaines règles précises dont les deux parties auront convenu. Aucune décision officielle n’a été prise à la suite de cet entretien, mais les participants se sont entendus pour présenter un plan adapté aux réalités propres aux citoyens des villes minières frontalières de la région sise sous le 53e parallèle.

Le document officiel demandant un déconfinement transfrontalier uniquement pour les citoyens résidents de la ville de Fermont, qui respectent certains critères stricts établis au préalable, sera préparé et soumis conjointement par le député provincial du Labrador-Ouest, le néodémocrate Jordan Brown, et la députée de Duplessis, la péquiste Lorraine Richard, au Directeur de la Santé publique de Terre-Neuve-et-Labrador qui détient le pouvoir décisionnel dans ce dossier.

En plus de ces deux députés, plusieurs intervenants politiques ont assisté à l’entretien, dont le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Dwight Ball, des représentants de la Santé publique des deux provinces, le préfet de la MRC de Caniapiscau et maire de Fermont, Martin St-Laurent, le maire de Labrador City, Fabian Benoit et le maire de Wabush, Ron Barron. Les instances décisionnelles ont prévu la tenue d’une nouvelle réunion à une date ultérieure afin de préciser les orientations futures liées à la réalité géopolitique particulière des résidents du secteur et la décision quant à une réouverture ou non de la frontière par le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador.

Selon Mme Richard, de nombreuses pistes de solutions ont été envisagées et plusieurs possibilités sont étudiées pour parvenir à la réouverture. Elle parle d’une très bonne collaboration de la part des représentants de la province voisine, mais déplore le manque d’intérêt du Secrétariat du Québec aux relations canadiennes (SQRC), anciennement le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes, qui ne semble pas véritablement se préoccuper de la situation. La députée va continuer de discuter avec ses homologues du Labrador tout en tentant d’essayer d’inciter le SQRC à accélérer le processus. Cette dernière explique que Fermont n’est pas considérée une zone chaude comme certains grands centres urbains puisqu’aucun cas de Covid-19 n’y a été recensé à ce jour.

« Il faut trouver des moyens sécuritaires de permettre aux gens de circuler. »

De son côté, M. St-Laurent, qui entretient des liens constants avec ses homologues labradoriens, a bon espoir qu’une entente favorable qui conviendrait aux trois localités pourrait être conclue en tenant compte des critères du pouvoir décisionnaire comme notamment en exigeant une preuve de résidence et une déclaration que la personne n’a pas quitté la région depuis 14 jours avant de pouvoir franchir la frontière.

Le gouvernement du Québec a abandonné ses contrôles frontaliers, le 31 mai dernier, incluant celui qui avait été installé entre Fermont et le Labrador Ouest. Une autre province, le Nouveau-Brunswick, maintient aussi des contrôles à ses frontières.

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Publié le 22 juin, 2020, dans la publication : Numéro_12 Volume 38

  • 53e parallèle
  • Covid-19
  • Frontière
  • Québec Labrador
  • Santé publique de Terre-Neuve-et-Labrador
  • SQRC
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Transport aérien

La sécurité des passagers menacée

par Éric Cyr

Le ministère des Transports du Canada qui gère l’aéroport régional de Wabush au Labrador a prévu de démanteler les services d’urgence-incendie qui y sont rattachés dès le 8 août prochain ce qui pourrait avoir de graves incidences sur la sécurité des nombreux passagers empruntant ce terminal aérien, parmi les plus achalandés dans les provinces atlantiques, qui dessert notamment les villes de Labrador City et de Wabush au Labrador Ouest, mais également la localité de Fermont dans la MRC de Caniapiscau au Québec.

Plusieurs travailleurs aéroportés œuvrant dans le domaine minier et qui utilisent un système de navettes par vols nolisés (fly-in/fly-out) pour se rendre sur leur lieu de travail transitent par cet aérodrome, mais aussi des patients de l’hôpital Labrador West Health Centre de Labrador City et du Centre multiservice de santé et de services sociaux de Fermont qui doivent se déplacer pour aller consulter des spécialistes à l’extérieur de la région ou lors d’un transfert médical d’urgence. L’aéroport situé au 2, rue Airport Road à Wabush appartient à Transports Canada tout comme plusieurs autres sur la Côte-Nord.

L’aérogare de Wabush auparavant considéré comme faisant partie des « petits » aéroports détenus par le gouvernement du Canada et bien qu’étant encore inscrit dans cette catégorie, semble être victime de son succès puisqu’il s’est beaucoup étendu au cours des années pour accommoder de plus en plus de passagers. Plusieurs s’insurgent contre cette suppression de services, dont le député provincial du NPD de la circonscription du Labrador-Ouest à l’Assemblée législative de Terre-Neuve-et-Labrador, Jordan Brown, qui a écrit une lettre à ce sujet au ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, le 25 mai dernier, lui demandant d’intervenir et de faire marche arrière. Le député néodémocrate s’est dit très préoccupé de la sécurité des passagers qui utilisent cet aéroport ainsi que de celle des pompiers des municipalités de Wabush et de Labrador City qui seraient forcés de prendre le relais en cas d’incendie. « Cet aéroport est très achalandé, si une tragédie survenait sur place, qui serait là pour y faire face ? Personne. »

Déjà menacé en 2012, ce service d’urgence avait été conservé après des représentations de l’Union canadienne des employés des transports (UCET) et du maire de Wabush, Ron Barron qui qualifie cette décision d’irresponsable : « Je trouve ironique que le ministre Garneau parle de l’importance de soutenir nos transporteurs aériens ici au pays, qu’il qualifie d’essentiels, et qu’il souhaite les épauler durant la crise de la Covid-19 qui sévit actuellement alors qu’il choisit pourtant de sabrer ce service vital pour les passagers de notre région. La raison invoquée par Transports Canada est que l’achalandage aérien ne justifie pas de maintenir ce service localement. Il serait peut-être temps de revoir ces critères. Quelle est la valeur d’une vie ? Avec de plus en plus de gros transporteurs qui atterrissent et décollent de Wabush, comment ne pas imaginer que si une tragédie survenait, les services de santé et d’urgence limités dans la région ne réussiraient pas à répondre à la catastrophe adéquatement et avec efficacité ? Avec une telle logique, et si les dirigeants des villes avoisinantes avaient un raisonnement aussi farfelu que celui du ministre, ils pourraient se questionner sur la pertinence d’offrir un service municipal de prévention des incendies en considérant la faible démographie et le nombre minime d’interventions annuelles pour un feu. Une vie ici est tout aussi importante qu’une vie ailleurs. »

Le député Brown qui a déjà été pompier volontaire abonde dans le même sens : « Les pompiers volontaires ne sont pas formés pour ce genre d’intervention qui nécessite des connaissances spécifiques et spécialisées. » Le maire de Wabush n’a d’ailleurs aucune intention de mettre la vie de pompiers municipaux en jeu en les déployant à l’aéroport sans autre appui professionnel déjà formé sur les lieux. « Les pompiers municipaux peuvent constituer un renfort à des ressources sur place, mais ne peuvent remplacer un service de sauvetage et de lutte contre les incendies d’aéronefs. La Ville ne peut sciemment envoyer des pompiers au front affronter une telle situation sans avoir au préalable reçu une formation spécialisée. »

Transports Canada a déclaré dans un communiqué que la sécurité est sa priorité absolue. « Transports Canada utilise les dernières données disponibles pour prendre sa décision afin que la sécurité des utilisateurs du réseau de transport ne soit jamais compromise. » Cette décision serait basée sur le nombre de passagers transitant par Wabush qui n’aurait pas le seuil requis pour le maintien d’un tel service selon un système de collecte électronique de statistiques sur le transport aérien dont la base de données est détenue et gérée par ce même ministère. M. Brown, soupçonne que les données analysées remontent à quelques années lorsque le prix du minerai de fer était très bas et qui a depuis rebondi. Le député demande une nouvelle étude sur le trafic aérien une fois les restrictions liées à la crise de la Covid-19 levées en faisant référence à un certain nombre de projets miniers dans la région qui font venir de nombreux travailleurs par avion. Selon lui, les statistiques désuètes employées par Transports Canada ne reflètent nullement la réalité actuelle qui a beaucoup changé avec un accroissement important du transport aérien lié à l’activité économique et à la vitalité minière en forte croissance avant la pandémie.

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Publié le 8 juin, 2020, dans la publication : Numéro_11 Volume 38

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  • Sécurité des passagers
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Éducation

Réouverture des écoles primaires

par Éric Cyr

Sur la photo, les règles de distanciation physique s’appliquent aussi dès l’arrivée et lors du départ.

Les élèves fermontois de niveau primaire de l’école Des Découvertes de la Commission scolaire du Fer ont pu retourner en classe, le 11 mai dernier, alors que ceux de la Commission scolaire anglophone Eastern Shores ont pu faire de même, le lendemain 12 mai, tout en respectant des règles strictes imposées afin de prévenir la propagation du virus de la Covid-19 qui sévit actuellement un peu partout, mais heureusement pour l’instant pas ici.

Selon la directrice de l’école Des Découvertes, Marie-Josée Murray, contactée par visioconférence, la « deuxième rentrée de l’année scolaire » est conforme aux attentes et tout se passe bien. « Toutes les règles dictées par le ministère de la Santé publique sont respectées notamment la désinfection des mains de même que l’entretien adéquat de l’établissement selon les directives émises. Les enfants ont été divisés en deux groupes distincts afin de faciliter la distanciation physique lors de l’arrivée et du départ. La nouvelle procédure est bien rodée et s’applique depuis déjà bientôt un mois » confie cette dernière qui est visiblement heureuse des résultats à ce jour. « On a instauré les recommandations tirées du guide transmis aux écoles par la CNESST (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail) et une collaboration fructueuse règne avec les membres de la communauté et plusieurs partenaires qui nous appuient dans nos efforts de restructuration destinés à faciliter une transition harmonieuse. »

Mme Murray explique que des marques délimitent le périmètre à l’intérieur de l’école où des pastilles de couleur identifient chaque étage et des barrières ont été vissées au sol à l’extérieur de l’entrée principale avec l’aide d’employés municipaux. Les marcheurs qui se rendent à l’école à pied empruntent la cour arrière pour accéder à l’établissement alors que ceux qui s’y rendent en véhicule automobile ou en autobus passent par l’avant. Du personnel du secondaire a été appelé en renfort afin d’aider à gérer les navettes et assurer que tout se passe bien et de façon sécuritaire lorsque les écoliers divisés en deux groupes par noms de famille investissent les lieux. Les élèves de troisième cycle (5e et 6e années) ont été dispersés dans les locaux de la polyvalente Horizon-Blanc afin de mieux distancer les classes.

« Je suis très fière du personnel et des élèves qui font preuve de résilience en ces temps difficiles. Même à deux mètres de distance, on peut apercevoir des étoiles dans les yeux des enfants. »

Assurer la continuité

Bien que les parents aient le choix de garder leurs enfants à la maison, ce sont en moyenne 140 élèves de l’école Des Découvertes sur 246 qui se déplacent quotidiennement pour assister aux cours soit un taux de présence de 57 %. L’école primaire offre aussi de l’appui à distance afin de soutenir l’apprentissage et le cheminement pédagogique de ceux qui restent à domicile. Pour les élèves de la polyvalente Horizon-Blanc, des cours en ligne obligatoires, abordant les matières déterminées par le ministère de l’Éducation afin de couvrir les notions essentielles, sont offerts par les enseignants.

Du côté anglophone, ce sont 11 écoliers sur 17 qui sont généralement en classe soit une moyenne de 65 %. Une formule d’enseignement à distance a également été proposée par des professeurs avec un appui en télétravail pour ceux qui s’instruisent actuellement à partir de chez eux. Jointe au téléphone, la directrice de l’école Fermont School, Karen Kean, confie : « Tous affichaient de larges sourires et étaient heureux de renouer des liens lorsqu’ils se sont revus à l’occasion de cette nouvelle rentrée des classes. Cette petite école c’est comme une famille. Lorsque nous adoptons une attitude positive et que nous travaillons ensemble, nous pouvons relever n’importe quel défi. Je suis très fière de la bienveillance et de la compassion des élèves et des membres du personnel et de leur capacité d’adaptation aux nombreux changements qui sont survenus. »

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Publié le 8 juin, 2020, dans la publication : Numéro_11 Volume 38

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  • École primaire
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  • Marie-Josée Murray
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  • Réouverture des écoles

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Litige foncier

Entente à l’amiable pour la Ville de Fermont

par Éric Cyr

Un arrangement à l’amiable est survenu entre la Ville de Fermont et les créanciers de la minière Cliffs Ressources naturelles qui a exploité la mine du Lac Bloom jusqu’en janvier 2015, Bloom Lake General Partners, le 29 mai dernier, mettant fin au différend au sujet de l’interprétation d’un article de la Loi québécoise sur la fiscalité municipale qui les opposait depuis plusieurs années.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ), qui a accompagné Fermont depuis le début de cette cause et tout au long des procédures en mandatant un avocat par le biais de son Fonds municipal d’action juridique, se réjouit de ce dénouement qui met un point final à cette saga et à une longue bataille devant les tribunaux. La cause d’abord entendue par le Tribunal administratif du Québec (TAQ) s’est par la suite déplacée jusqu’à la Cour du Québec puis à la Cour supérieure du Québec avant de connaître son dénouement.

Sur le plan juridique, l’aboutissement de ce dossier concernant l’interprétation d’une section de l’article 65 de la Loi sur la fiscalité municipale constitue un gain majeur définitif pour les municipalités minières et industrielles du Québec dont Fermont s’est fait le porte-étendard en refusant de céder à la version large de son adversaire relative aux expressions « équipement d’une mine à ciel ouvert » et « chemin d’accès à une exploitation minière » et qui souhaitait exclure plusieurs immeubles, considérés par les créanciers comme des équipements, du rôle d’évaluation foncière. Ce règlement, qui fera jurisprudence, met donc un point final à la contestation du jugement du TAQ, qui a été maintenu par la Cour du Québec.

Les principes qui ont été défendus avec succès par la Ville de Fermont et l’UMQ, ont été acceptés sans réserve par le TAQ, puis à nouveau confirmés en appel par la Cour du Québec. C’est donc le statu quo pour l’assiette fiscale de nombreuses municipalités, dont Fermont. L’administrateur de l’UMQ pour la Côte-Nord et maire de Sept-Îles, Réjean Porlier confie : « Cette victoire est importante, car ce sont non seulement les quelque 420 municipalités minières qui en auraient souffert advenant un jugement défavorable des tribunaux, mais probablement l’ensemble des municipalités industrielles québécoises, vu l’impact potentiel sur plus de 1,3 milliard de dollars aux rôles d’évaluation foncière qui étaient ici en cause. »

Le maire de Fermont, Martin St-Laurent est soulagé que cette affaire soit enfin réglée de façon définitive. « Il est clair qu’un bâtiment ne constitue pas un équipement et l’interprétation de la loi par les tribunaux a tranché en faveur des municipalités. Il est normal de payer des taxes sur des bâtiments miniers et il y a dorénavant un jugement en ce sens. Cet accord vient confirmer que l’évaluation foncière de la Ville de Fermont de 240 M $ est bel et bien conforme et ça vient consolider le montant de réclamation de la Ville conformément à la Loi sur les arrangements avec les créanciers. » En plus de ne pas avoir à rembourser un montant de 12 M $ en taxes municipales, Fermont pourrait aller chercher environ 3 M $
additionnel.

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  • Loi québécoise
  • UMQ
  • Union des municipalités du Québec
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Pandémie

La nouvelle calamité

par Éric Cyr

Source photo : Nicholas Woolridge/Biomedical Communications

Comme tout droit sorti d’un mauvais film de série B s’installe ce que l’on a d’abord qualifié d’épidémie. Une nouvelle souche du coronavirus, la Covid-19, gagne le monde qui nage en plein inconnu. Les premiers cas apparaissent au loin en République populaire de Chine puis en Europe, en Amérique et sur tous les continents. C’est l’incertitude et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tarde à réagir. Les experts du domaine scientifique émettent finalement des avis au sujet de ce virus ravageur qui se propage à tout vent.

Après un décalage, la réalité fait surface et la vie est bouleversée. Il y a les anxieux, les critiques, les incrédules, les insouciants, les méfiants, les stupéfaits. Chacun tente d’expliquer le contexte ayant mené à ce fléau planétaire qui change de façon draconienne les habitudes et les mœurs. Un peu partout, des gens meurent comme des mouches. Dans l’empire du Milieu, Wuhan, une mégalopole polluée, fait la manchette autour du globe. En Italie, la « sérénissime » Venise est désertée et les gondoles se font discrètes dans la cité des Doges. Personne ne rêve plus de bâtir des châteaux en Espagne. Certains voient un parallèle avec la terrible grippe espagnole qui a sévi lors de la Première Guerre mondiale et qui a décimé dix fois plus de gens que la Grande Guerre elle-même. Pourtant cette maladie contagieuse du début du XXe siècle ne tire pas son origine en terre hispanique, mais bien du Kansas aux États-Unis. La France, berceau de la démocratie moderne, n’y échappe pas et, après l’Hexagone, l’affliction se propage progressivement à l’ensemble de l’Union européenne en Russie et jusqu’au pays de l’oncle Sam où en seulement un mois sans se « tromper », elle tue plus d’Américains que la guerre du Vietnam.

Ça va bien aller, mais des frontières ferment, des populations sont cloisonnées, confinées. Les médias ne parlent que de la nouvelle pandémie. La course au vaccin a commencé. Les savants cherchent un remède. De brillants scientifiques sont mis à contribution. Les rassemblements sont interdits : quarantaine et distanciation sociale sont des mots à la mode. Des photos circulent. Recherché virus. Créée en laboratoire ou issu de l’évolution naturelle ? Les complotistes s’opposent aux adeptes de Darwin. Pendant ce temps, des cadavres s’empilent. L’infection galopante se propage à la vitesse grand V bousculant l’ordre établi. Les normes sont ébranlées et des pays se disputent du matériel médical tant convoité. Les voisins deviennent des suspects, des politiciens improvisent des discours à la télévision, à la radio et dans les journaux et qui sont relayés sur Internet. Des mesures drastiques sont instaurées. C’est la guerre au virus et gare aux dommages collatéraux.

Des voix s’élèvent pour parler d’une éventuelle mutation virale et d’une deuxième vague encore plus mortelle. Tout bascule, les conventions se bousculent. Personne n’est invincible, nul n’est à l’abri. Pourtant, les dirigeants parlent dorénavant de déconfinement. L’économie s’oppose à la pandémie.

Le monde a changé. Des précautions d’usage sont en vigueur : poignées de main et accolades sont proscrites. Partout, des armées de masques font surface. Héros et Zoro se battent pour tenter d’enrayer la progression de l’ennemi invisible.

Des anges gardiens deviennent les meilleurs sous la terreur. Les combattants s’alignent au front et malgré la frayeur attendent le prochain chapitre qui viendra assurément, inévitablement. Seront-ils vainqueurs, serons-nous épargnés du danger ? Les philosophes auront beau discourir vitam aeternam sur les expressions du latin médiéval en opposition classique « natura naturans », la nature naturante, ou « natura naturata », la nature naturée, le phénomène est bien concret et les nombreuses dépouilles en témoignent.

Le virus se serait-il calmé où ne serait qu’une accalmie avant la tempête ? Qui vivra verra. Après avoir tué sans vergogne durant quelques années, la grippe espagnole s’est finalement dissipée. Qu’adviendra-t-il de la Covid-19 ? Bientôt un mauvais souvenir ? En attendant à vos masques, prêts, portez ! C’est la ruée vers les cagoules en tout genre. Tous veulent s’en procurer : industriels, artisanaux ou composés de plusieurs matériaux. Oui, le monde a bien changé. Pénurie de certaines denrées, c’est la panique sur les marchés. Les investisseurs se souviennent du krach boursier de 1929. Vaccin ou pas ? L’avenir le dira. En attendant de pouvoir dire : gàobié, gaddio, adios, adieu, farewell ou sayonara à cette peste moderne, protégez-vous bien et restez en sécurité.

 

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Publié le 8 juin, 2020, dans la publication : Numéro_11 Volume 38

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  • Culture et Communications Québec
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