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Journal le Trait d'Union du Nord
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  • Labrador

  • Un ballon à gaz se pose au Labrador

    La tête dans les nuages

    Une 23 octobre, 2017

    Un ballon à gaz se pose au Labrador

  • Une foire agricole réussie

    Le marché des fermiers

    Une foire agricole réussie

  • Nouveau propriétaire pour la mine Scully

    Tacora Resources

    Nouveau propriétaire pour la mine Scully

  • Une farandole équestre grandiose ravit les spectateurs

    Wabush : d’une pierre deux coups

    Une 28 août, 2017

    Une farandole équestre grandiose ravit les spectateurs

  • Ouvrage hydroélectrique de Muskrat Falls, la débâcle

    Contentieux Québec-Ottawa

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    Une 21 novembre, 2016

    Nouvelle vague d’immigration nordique

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    Les vestiges DE Cliffs

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    Économie fermontoise

    Une 10 octobre, 2016

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  • Certains Fermontois s’inquiètent des répercussions

    AUGMENTATION DES TAXES À TERRE-NEUVE-ET-LABRADOR

    Certains Fermontois s’inquiètent des répercussions

  • Entre désillusion et espoir

    Mine Scully

    Entre désillusion et espoir

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Labrador

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La tête dans les nuages

Un ballon à gaz se pose au Labrador

par Éric Cyr

Légende : Les deux Suisses durant leur long voyage aérien. Source : Fribourg Freiburg Challenge

La nouvelle a circulé sur plusieurs tribunes médiatiques de la planète. Deux aérostiers suisses ont battu le record en compétition de distance en ballons à gaz après une épopée aérienne de 3 670 km remportant par la même occasion la compétition annuelle de la course de charlières de longue distance de l’America’s Challenge, organisée par l’Albuquerque International Balloon Fiesta, le plus grand festival de montgolfières au monde, dans laquelle ils concourraient. C’est à la suite d’un atterrissage dans une zone boisée au sud du lac Lorraine non loin de Labrador City au Labrador, le 10 octobre dernier, que les deux membres d’équipage du Fribourg Challenge, Laurent Sciboz et Nicolas Tièche, ont dépassé le précédent exploit mondial.

Ils détrônent ainsi les champions belges Robert Berben, un commandant de bord d’un Airbus A330-300 et A319 chez Brussel Airlines, et Benoît Siméons, qui détenaient ce titre depuis 2005 après avoir parcouru la distance de 3 379 km en 65 heures 16 minutes durant la coupe aéronautique Gordon Bennett. L’équipage du Belgium 1 avait alors atterri à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Rivière-du-Loup au Québec. Les Suisses ont fait d’une pierre deux coups puisqu’ils ont par la même occasion aussi déclassé les tenants du record du America’s Challenge de 3 215,5 km qui avait été établi en 64 heures en l’an 2000 par les Américains, David Levin (décédé en mai dernier à 68 ans) et son frère Alan.

Des paysages magnifiques

L’aventure digne d’un roman de Jules Verne, qui a publié Cinq semaines en ballon, a surpris le chef du département des incendies de Labrador City, Joe Power. « Lorsque j’ai reçu l’appel de l’équipe au sol de Fribourg Challenge localisée en Suisse à 9 heures du matin, j’ai d’abord cru à un canular, je pensais que c’était une blague. Imaginez, nous sommes en octobre et il a déjà commencé à neiger ici. Après avoir reçu un second appel téléphonique du Gaz Command Center d’Albuquerque, j’ai réalisé que la situation était bien réelle. » Qui aurait pu imaginer un tel scénario au-dessus de la taïga canadienne?

Après avoir traversé neuf états américains et trois provinces canadiennes en aérostat dans une nacelle couverte d’à peine un mètre carré, où ils doivent demeurer debout et qu’ils ont partagée durant trois jours et trois nuits, les deux hommes sont quelque peu épuisés. Ils ne peuvent se permettre de dormir à tour de rôle que quatre heures par jour puisqu’ils doivent demeurer en constante communication avec les aéroports survolés et les avions qu’ils croisent. Le pilote Laurent Sciboz a visiblement été impressionné par les vastes étendues nordiques de la forêt boréale et de la taïga.

« Il y avait des arbres, des lacs et une nature grandiose à perte de vue. On avait l’impression que cette magnifique vision ne s’arrêterait jamais. Puis alors que nous dérivions à travers les nuages poussés par le vent, la neige mordante s’est mise à tomber et le sol se rapprochait soudainement de plus en plus. »

Le sol ou le ciel…

Les deux aéronautes, qui ont décollé en ballon d’Albuquerque au Nouveau-Mexique (États-Unis) le 7 octobre dernier, avaient prévu d’atterrir quelque part dans le nord du Québec, mais se sont plutôt posés à court de sable (le « carburant » des ballons à gaz) dans les environs de Labrador City quelques jours plus tard, le 10 octobre à 8 h 35, après 59 heures et 35 minutes de vol. Aidés de la force du vent qui a contribué à propulser leur ballon à des vitesses pouvant atteindre 140 km/h, les coéquipiers, qui ont été informés quelques heures plus tôt qu’ils viennent d’établir un nouveau record du monde, prennent la décision de redescendre au sol en considérant qu’ils avaient largué presque tout leur lest (sacs de sable) et épuisé leur réserve de gaz. Ils savent qu’ils doivent tenter un atterrage ou courir le risque de ne plus revoir la terre. Les premiers intervenants, incluant des pompiers, des policiers de la Royal Newfoundland Constabulary et des gardiens de sécurité de la minière Rio Tinto IOC, ont géré la situation inusitée avec professionnalisme.

Comme le lieu de l’atterrissage de l’aéronef était inaccessible par voie terrestre, l’hélicoptère le plus proche qui était dans la localité voisine de Fermont au Québec a été appelé en renfort afin de localiser les occupants du ballon qui ont été secourus sans encombre par le pilote Luc Gauthier qui a aussi rapatrié en quelques minutes l’aérostat.

Les deux Suisses ont par la suite été conduits à Labrador City où ils ont pu se remettre de leurs émotions dans une chambre d’hôtel après avoir été examinés par un ambulancier paramédical. Le lendemain, ils roulent la toile du ballon et rassemblent leurs équipements dans la caserne locale. Leur périple n’est pas terminé puisqu’ils repartent sur-le-champ afin d’aller récupérer le prestigieux trophée sur les lieux de leur départ en aérodyne dans le désert du Nouveau-Mexique à proximité de la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

L’équipe au sol, qui a aussi vécu une aventure à laquelle ils ne s’attendaient pas en empruntant la sinueuse route nationale 389, « fait monter » les deux aéronautes qui ont encore beaucoup de route à faire, cette fois-ci sur le plancher des vaches.

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Publié le 23 octobre, 2017, dans la publication : Numéro 17 Volume 35

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Publié sur le site le 23 octobre 2017

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Le marché des fermiers

Une foire agricole réussie

par Éric Cyr

Légende : L’entreprise agricole Pousse partout! a fièrement représenté Fermont lors du marché des fermiers au Labrador.

La première édition du marché des fermiers (Farmers Market) qui s’est tenue en face du lac Tanya, à la Légion royale canadienne et à la loge des scouts sur la rue Baden Powell non loin du centre commercial Mall à Labrador City a attiré une foule nombreuse de plusieurs centaines de personnes, le 30 septembre dernier, malgré une température très froide. Des cultivateurs, des producteurs maraîchers, des boulangers et des pâtissiers de la région ont pu exposer et faire connaître leurs produits à un vaste public. Un volet artistique a aussi été présenté incluant des artistes et artisans et de la musique.

Plusieurs résidents du Labrador ont découvert la jardinerie Pousse partout! qui proposait des arbustes et vivaces ainsi que des fines herbes en pots pour l’occasion. La propriétaire Francine Marcoux était heureuse d’être ambassadrice de Fermont : « Ce rassemblement nous a permis de faire rayonner l’entreprise au Labrador. » Elle était accompagnée d’une bénévole bilingue, Johanne Beaulieu, dont l’appui a été très apprécié. Les membres des Jardins communautaires du Labrador Ouest ont fait don d’une partie de leurs récoltes (surtout des patates et des carottes) afin de les mettre en vente dans le cadre d’une collecte de fonds pour la banque alimentaire du Labrador Ouest et les Olympiques spéciaux. Ils ont amassé un montant de 2 251 $ qui sera divisé à parts égales entre ces deux organismes caritatifs.

Des pommes de terre seront aussi ensachées et distribuées aux plus démunis. Le trésorier de l’organisme, Yves Cyr, tient à remercier les cultivateurs locaux et ceux qui ont contribué à ces causes en achetant ces produits spécifiques. Deux producteurs de Happy Valley-Goose Bay étaient aussi sur place, Des Sellers de Nature’s Best Farm avec un choix varié de légumes biologiques et Tom Angiers de Spruce Meadow Farms qui s’occupe aussi de Noah’s Arc Petting Barn, une grange composée d’animaux de ferme domestiqués dont quelques-uns étaient sur place au grand bonheur des enfants.

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Publié le 9 octobre, 2017, dans la publication : Numéro 16 Volume 35

  • Agriculture nordique
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Publié sur le site le 11 octobre 2017

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Tacora Resources

Nouveau propriétaire pour la mine Scully

par Éric Cyr

L’entreprise américaine Tacora Resources a reçu les autorisations gouvernementales nécessaires pour l’achat de la mine Scully située à Wabush. La Cour supérieure du Québec a donné son aval à cette transaction qui s’élève à plus de 2 millions de dollars dont une garantie de 750 000 $ a déjà été versée. Cela devrait redonner un second souffle à cette petite municipalité monoindustrielle du Labrador qui voguait depuis trois ans dans l’incertitude depuis que Cliffs ressources naturelles avait fermé le site minier en 2014, tout comme celui de la mine du lac Bloom en sol québécois qui avait subi le même sort en raison de la hausse des coûts de production.

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador se réjouit de cette annonce qui constitue une étape importante en vue de la réouverture de la mine selon la ministre des Ressources naturelles de cette province, Siobhan Coady, qui entend poursuivre les efforts nécessaires à sa concrétisation. La remise en service de ces infrastructures contribuera à insuffler une plus grande vitalité à la région, mais aussi à la Côte-Nord dont l’économie est intimement liée à celle du Nord québécois et du Labrador. Bien que l’usine de bouletage de Pointe-Noire près de Sept-Îles ne fasse pas partie de cette entente, ses tentacules s’étendent tout de même sur la Côte-Nord puisque la nouvelle entité prévoit produire au départ du concentré de minerai de fer qui devrait être, selon toute logique, transporté par le chemin de fer QNS&L avant d’être expédié sur les marchés internationaux via le nouveau quai multiusager du port de Sept-Îles.

Le phénix renaît de ses cendres

En vertu de la proposition d’achat approuvée par la Cour, la compagnie qui s’est portée acquéreur des installations devra respecter les obligations environnementales dont la défunte Cliffs était responsable avant la transaction selon la loi sur les mines (Mining Act). Tacora envisage d’accumuler le financement nécessaire au redémarrage des installations avant de réaliser une étude de faisabilité dès cette année. Le député provincial libéral du Labrador Ouest, Graham Letto, qui s’est activement impliqué afin de faire progresser le dossier accueille favorablement cette annonce dont la conclusion s’avérera certainement bénéfique à la collectivité qu’il représente. Il s’attend de plus à ce que Tacora présente sous peu un plan d’affaires incluant un échéancier de l’évolution des travaux. Un porte-parole du syndicat des Métallos/Steelworkers de l’Atlantique au Labrador, Euclide Haché, explique que des consultations publiques se sont tenues à Wabush les 14 et 15 août derniers afin de présenter les visées de l’entreprise minière aux représentants syndicaux de la section locale 6285 et aux anciens travailleurs avec qui une convention collective de cinq ans a récemment été signée en juin 2017. « Cette aventure minière audacieuse représente un nouvel essor pour les travailleurs du secteur qui pourront éviter l’exil en profitant de la création d’emplois locaux. Ça signifie de l’ouvrage bien rémunéré qui pourrait s’échelonner sur plusieurs années » confie le syndicaliste acadien qui anticipe un redémarrage des opérations dès l’an prochain.

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Publié le 11 septembre, 2017, dans la publication : Numéro 14 Volume 35

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Publié sur le site le 13 septembre 2017

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Wabush : d’une pierre deux coups

Une farandole équestre grandiose ravit les spectateurs

par Éric Cyr

Légende : La cavalerie en face de l'hôtel de ville de Wabush. Source photo : Melanie LaFosse

Un vent d’optimiste s’est levé sur la ville de Wabush au Labrador qui a célébré son cinquantième anniversaire en grand en accueillant le Carrousel de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), du 21 au 23 juillet dernier, le tout coïncidant avec sa tournée pancanadienne pour souligner le 150e anniversaire du Canada. Un public nombreux a assisté à cet événement unique, une première dans la région.

Spectacle de notoriété mondiale

Le traditionnel Carrousel a obtenu une renommée internationale et certains chevaux ont même paradé devant la reine Élisabeth II au château de Windsor, l’une des résidences de la famille royale, au Royaume-Uni, une destination où ils se sont rendus par avion-cargo. Composé de 32 cavaliers et de leurs montures en provenance de la ferme d’élevage de la GRC de Pakenham (située à environ 45 minutes d’Ottawa en Ontario), les chevaux âgés de 7 à 21 ans ont au préalable été retenus grâce à une sélection rigoureuse et un entraînement intensif dès la fin de leur première année jusqu’à l’âge de 6 ans. Cette prestation comprend des figures complexes et des exercices chorégraphiés exécutés au son de la musique et qui exigent une grande maîtrise, un synchronisme parfait et une excellente coordination. Le public a pu assister entre autres à la haie d’honneur, le losange, l’étoile, la roue de charrette, le labyrinthe, le dôme et la charge. Le Carrousel qui se produit de  mai à octobre dans plusieurs localités au pays, aide grâce à la vente de billets, à recueillir des milliers de dollars pour des organismes locaux de bienfaisance et sans but lucratif. Les nombreux spectateurs qui s’étaient déplacés à l’occasion de cet événement unique dans la région étaient enchantés et émerveillés de pouvoir admirer les prouesses des cavaliers et surtout de leurs palefrois.

Un parcours difficile

Les chevaux en partance de Halifax en Nouvelle-Écosse où ils s’étaient produits la semaine précédente sont habitués à parcourir de vastes distances dans des camions-remorques adaptés à leurs déplacements, mais leur trajet sur la route nationale 389, le seul lien routier vers le Labrador, qui bien que carrossable comporte son lot de courbes sinueuses et de montées vertigineuses, a constitué une épreuve particulièrement pénible pour les équidés selon un responsable de la logistique. Et ce malgré le fait que cinq niveleuses avaient été appelées en renfort au préalable afin d’aplanir les portions non asphaltées et ainsi contribuer à faciliter le déplacement du convoi composé de quatre unités, dont trois réservées aux solipèdes et l’autre pour les équipements et vestiaires. Selon un gendarme , 36 chevaux se sont déplacés pour l’occasion incluant les 32 qui ont brillé sur place, celui du superviseur du Carroussel et trois substituts. « Les chevaux sont de véritables athlètes qui se déplacent fréquemment en effectuant de longs trajets et sont en très grande forme, mais parfois un étirement musculaire peut malheureusement survenir. Un vétérinaire d’Ottawa était du parcours afin d’assurer le bien-être et le confort des bêtes durant le voyage comme c’est le cas lors des longs déplacements similaires comme celui de Whitehorse au Yukon vers Vancouver en Colombie-Britannique. » Le cavalier responsable précise que l’arrivée à destination a pris plus de temps que prévu compte tenu des conditions particulières de cet axe terrestre.

« Un des conducteurs de camions m’a confié que la route n’était vraiment pas belle et a exigé plus de temps que ce qu’il avait envisagé au départ et il a fallu réduire la vitesse afin de ne pas perturber inutilement les animaux logés à l’arrière, mais que ça s’était tout de même bien passé. » Ce dernier poursuit : « Les chevaux, qui s’entraînent deux fois par jour quand ils ne sont pas en tournée, ont fait des exercices pour se dégourdir une fois rendus à Wabush et ont pu se reposer le lendemain avant de préparer leur performance. »

Malgré la température maussade la première journée, beaucoup de monde a pris part à cette activité équestre qui s’est terminée par de la pluie, de la neige et de la grêle après le spectacle. « L’organisation était impeccable. Il y avait une bonne participation et nous avons été très bien accueillis.» L’étable aménagée dans l’aréna local répondait très bien aux besoins des chevaux qui sont habitués à demeurer aux écuries de la GRC dans la région de la capitale nationale quand ils ne sont pas sur la route. Les cavaliers ont rencontré les spectateurs avec qui ils ont pu échanger et répondre à leurs questions après leurs prestations entre quelques photos souvenirs. Les policiers de la GRC qui souhaitent devenir cavaliers doivent suivre un cours d’équitation de base de cinq semaines et parfaire leurs connaissances et leur art durant six mois avant d’espérer se joindre au Carroussel et ne peuvent demeurer sur l’équipe que durant deux ans et demi avant d’être affectés ailleurs. Il y a une rotation annuelle de 15 à 18 cavaliers.

Escouade canine

Charlie, le premier berger allemand de l’escouade canine de la GRC à Happy Valley-Goose Bay est arrivé au Labrador il y a près de deux ans et était aussi de la fête, mais il n’a pas réussi à voler la vedette aux chevaux bien que lui aussi ait dû prendre part à un entraînement rigoureux avant d’être sélectionné pour exercer son métier de chien renifleur de drogues et de pisteur pour retrouver des personnes disparues.

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Publié le 28 août, 2017, dans la publication : Numéro 13 Volume 35

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Publié sur le site le 28 août 2017

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Contentieux Québec-Ottawa

Ouvrage hydroélectrique de Muskrat Falls, la débâcle

par Éric Cyr

Source photo : Nalcor

Le projet hydroélectrique de Muskrat Falls, au Labrador, est aux prises avec d’importants dépassements de coûts qui débordent largement du scénario original anticipé. Lors du démarrage du projet en 2010, les évaluations initiales parlaient de 6,2 milliards de dollars, mais ce montant est actuellement fixé à 11,4 milliards soit près du double et les estimations se dirigent allègrement vers les 15 milliards. À la suite de ces dérèglements, Terre-Neuve-et-Labrador a lancé un appel d’urgence au gouvernement du Canada afin de lui demander d’absorber une partie de cette somme. La nouvelle centrale devait originellement être prête l’an prochain, mais son ouverture a été reportée de deux ans.

Deux poids deux mesures

L’aide fédérale consentie en 2013 par le gouvernement conservateur de Stephen Harper avec l’appui des partis d’opposition, à l’exception du Bloc québécois, consistait au départ en une garantie de prêts de 6,4 milliards, mais le gouvernement libéral de Justin Trudeau a récemment reconnu les mêmes arguments que ceux retenus par le gouvernement fédéral précédent soit que ce projet abonde dans l’intérêt supérieur des provinces atlantiques et de la lutte aux gaz à effet de serre et a élevé sa garantie de prêt de 2,9 milliards supplémentaires totalisant donc 9,3 milliards. Le ministre canadien des Ressources naturelles, Jim Carr, a annoncé qu’il porterait assistance à Terre-Neuve-et-Labrador en affirmant que cette aide contribuera à l’atteinte des cibles canadiennes en matière de changement climatique et à l’autonomie énergétique de l’Atlantique. Ce dernier justifie sa décision par la fragilité financière de Terre-Neuve-et-Labrador, durement touchée par la baisse du prix des hydrocarbures. « Nous pensons que c’est la chose responsable à faire. » Le ministre Carr dit s’être entretenu « par courtoisie » avec son homologue québécois, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable du Plan Nord, Pierre Arcand, pour l’aviser de sa décision.

Décision « inacceptable » d’Ottawa

Le gouvernement québécois exige une compensation à la suite de cette décision d’Ottawa prise contre l’avis de Québec qui dénonce cette « concurrence déloyale » étant donné qu’Hydro-Québec n’a jamais obtenu de telles garanties ni bénéficié d’une pareille aide lors de ses grands chantiers. Le gouvernement du Québec estime désormais qu’il y a un « déséquilibre » dans le marché énergétique du pays. De plus, au lieu de faire appel à l’expertise québécoise reconnue en matière de grands barrages, l’ancien premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Dany Williams, avait préféré une entreprise italienne qui ne réussit pas à livrer la marchandise puisque les délais et les coûts grimpent de façon inquiétante. Québec parle de « décision inacceptable d’Ottawa. » Selon le ministre québécois des Affaires intergouvernementales canadiennes, Jean-Marc Fournier :

« C’est une décision inexplicable et inacceptable. C’est un geste unilatéral qui n’a pas tenu compte de la voix du Québec. Ils ont choisi l’approche divisive (de clivage). Ils ont choisi d’opposer le Québec et Terre-Neuve. Ils ont choisi la formule perdant-gagnant. »

Quant à la prétention du gouvernement du Canada d’améliorer son bilan énergétique en appuyant Muskrat Falls, le ministre Fournier estime que le fédéral aurait plutôt dû asseoir ensemble les provinces et trouver une façon équitable de financer tous les projets du même type.

Mollesse, diplomatie et espoir

Le premier ministre du Québec, le libéral Philippe Couillard, navigue sur la voie diplomatique et est demeuré plus mesuré que son ministre en maintenant son ouverture au dialogue avec la province voisine. Ce dernier garde espoir qu’une solution puisse être négociée avec Terre-Neuve-et-Labrador à la suite de la « décision malheureuse » d’Ottawa d’accorder son aide à un projet hydroélectrique qui concurrencera directement Hydro-Québec. M. Couillard a répété la position de son gouvernement, pour qui l’aide fédérale nuira aux intérêts de la société d’État québécoise dont les infrastructures n’ont reçu aucun soutien d’Ottawa et a déclaré que son gouvernement aurait préféré s’entendre avec son voisin. « On voit ça malheureusement comme une action qui met en place une concurrence déloyale. » Pour sa part le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a attribué la décision du gouvernement libéral (fédéral) de Justin Trudeau à la mollesse et au manque de vigueur de Philippe Couillard.

« C’est injuste. Ça vient montrer une chose, c’est que M. Trudeau n’a aucun respect pour M. Couillard. Il n’est aucunement inquiet que (son homologue libéral provincial) se fâche contre le gouvernement (canadien). M. Couillard est à genoux devant le fédéral et on en subit les conséquences. »

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Publié le 5 décembre, 2016, dans la publication : Numéro 21 Volume 34

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Publié sur le site le 5 décembre 2016

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Hydroélectricité

Le fiasco de Muskrat Falls

par Éric Cyr

Source photo : Nalcor

Le projet hydroélectrique de Muskrat Falls, au Labrador, a accumulé de nombreux retards et des dépenses excédentaires allant jusqu’à menacer sa réalisation. Étant à ce point avancé, ses dirigeants n’auront vraisemblablement pas le choix de le terminer tout en infligeant un terrible coup aux finances de la province de Terre-Neuve-et-Labrador. Le gouvernement fédéral est venu à la rescousse en garantissant des sommes supplémentaires tout en créant un affront au Québec.

Bref historique

Cette saga dérive du vieux contentieux sur l’aménagement de la centrale de Churchill Falls, sur le fleuve Churchill, en amont de Muskrat Falls. Dans les années 1960, le premier ministre de Terre-Neuve de l’époque, Joe Smallwood, rêve d’un important complexe hydroélectrique au Labrador, mais ne dispose pas des moyens financiers pour la concrétisation de ce projet d’envergure. Après une entente, c’est Hydro-Québec disposant d’une expertise et mieux positionnée sur les marchés internationaux qui devient maître d’œuvre du projet et qui prend le risque de solliciter les financiers américains de Wall Street.

La société d’État québécoise va de l’avant et négocie un contrat avec Terre-Neuve selon lequel elle paie toute la facture, mais recevra en retour toute l’électricité produite par la centrale au tarif de 25 cents le kilowatt jusqu’en 2041.

La centrale de Churchill Falls, mise en service en 1971, représente actuellement le huitième de l’approvisionnement en électricité du Québec. Le prix consenti dans le cadre de cet accord pourrait ressembler aujourd’hui à un vol, mais il faut se replonger dans le contexte historique, Hydro-Québec a pris tous les risques financiers et logistiques en effectuant les travaux dans un environnement nordique difficile et en retardant l’aménagement des rivières se jetant dans la baie James, son principal chantier québécois. Terre-Neuve-et-Labrador insatisfaite de la tournure des événements, qui ont nettement favorisé le Québec, a par la suite tenté de renégocier l’entente et fait appel à la Cour supérieure du Québec et à la Cour suprême du Canada sans résultat. Un contrat est un contrat et on ne peut réécrire l’histoire, mais advenant un tout autre scénario, Hydro-Québec aurait tout aussi bien pu y laisser sa chemise et plonger le Québec dans un profond marasme économique.

Hydro-Québec évite la tourmente

Ce préambule a mené à la situation problématique actuelle puisque lorsqu’est venu le temps de songer à développer la nouvelle phase du fleuve Churchill à Muskrat Falls, de concert avec Hydro-Québec, Terre-Neuve-et-Labrador a sorti les gants de boxe. Après quelques négociations avortées avec Québec et l’absence d’entente sur le transport de l’énergie à travers le Québec, la société d’État Nalcor, le vis-à-vis d’Hydro-Québec a choisi d’aller de l’avant en ignorant l’expertise québécoise, choisissant plutôt de favoriser les Italiens, et en envisageant la création de deux liens sous-marins considérés comme un défi technique considérable, le premier reliant le Labrador à l’île de Terre-Neuve et le second allant rejoindre la Nouvelle-Écosse pour éventuellement atteindre le marché américain. La facture totale actuelle de Muskrat Falls exigerait une facturation maximale pour simplement récupérer la mise de fonds alors que le tarif d’ électricité s’effondrent aux États-Unis à cause du faible prix du gaz naturel. Les coûts grimpent et les liens sous-marins ne sont pas encore construits laissant envisager un gouffre financier.

 

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Publié le 5 décembre, 2016, dans la publication : Numéro 21 Volume 34

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Publié sur le site le 5 décembre 2016

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Multiculturalisme

Nouvelle vague d’immigration nordique

par Éric Cyr

L’immigration a toujours constitué un apport important dans le développement des communautés minières nordiques au cours des années et des travailleurs originaires de plusieurs pays se sont joints au bassin des pionniers déjà sur place afin de contribuer à l’enrichissement de leur société d’accueil.

Les premiers immigrants à oser s’aventurer dans la région étaient principalement des chrétiens originaires d’Europe et se sont bien intégrés à la vie sous un climat froid. Quelques Portugais, Espagnols, Français, Italiens et Grecs pour n’en nommer que quelques-uns vinrent côtoyer les Québécois, Gaspésiens, Madelinots, Acadiens et Terre-Neuviens qui travaillaient déjà sur le chemin de fer ou dans les mines de fer de la région du 53e parallèle.

Le visage de l’immigration a changé ces dernières années et la très grande majorité des nouveaux arrivants est composée de ressortissants des Philippines, des catholiques, qui sont arrivés par vagues successives au Labrador et sur la Côte-Nord à Sept-Îles et Baie-Comeau ces dernières années. Les Philippins constituaient une main d’œuvre destinée à combler plusieurs emplois peu rémunérés qui autrement seraient demeurés vacants durant la période du boom minier. Ils ont surtout été recrutés pour travailler dans le domaine de la restauration avant que certains ne débordent dans d’autres sphères d’activités.

Autre chose avec ça?

On en retrouve un peu partout au Labrador, preuve de leur excellente intégration. Tim Hortons, McDonald’s, Subway, Pizza Delight, Mary Brown’s, Jungle Jim, restaurant de l’hôtel Wabush, épicerie IGA, mais aussi à l’hôtel Two Seasons, aux quincailleries Rona et Home Hardware, au Wal-Mart, au Canadian Tire, à la station-service Esso et dans certaines entreprises spécialisées comme H&H, Labrador Rewinding et le concessionnaire automobile Carol Auto Ford. Les Philippins du Labrador constituent un modèle d’intégration et certains se risquent parfois à parler quelques mots en français quand ils s’aperçoivent que leur interlocuteur est francophone. Tout comme leurs prédécesseurs, ils ont su se tailler une place dans le paysage nordique. Un bassin oscillant entre 300 et 500 Philippins se serait implanté à Labrador City et Wabush.

D’abord Taïwan ensuite le Labrador

Cherish Castro, originaire de Bulacan aux Philippines, a appris l’anglais comme langue seconde à l’école avant de quitter son pays natal pour aller travailler dans une entreprise de Taïwan en Chine où elle assemblait des téléphones portables HDC. Venue rejoindre son mari au Canada, il y a un an et demi, avec son fils aujourd’hui âgé de cinq ans, elle a été engagée au McDonald’s de Labrador City durant trois mois à son arrivée avant d’opter pour le restaurant Mary Brown’s où elle travaille depuis. Son conjoint a pour sa part bossé comme plusieurs autres de ses compatriotes au Tim Hortons local à ses débuts. Elle habite une maison avec sa belle-sœur qui est aussi originaire du même pays.

« J’adore la région et j’aimerais y demeurer encore longtemps. L’année prochaine je vais faire une demande de citoyenneté canadienne et j’espère être acceptée. J’aime bien ça ici, nous avons un bon gouvernement et nous habitons dans un bel environnement au Labrador. J’aime les gens et la quiétude de l’endroit. Il y a également moins de criminalité ici » confie cette dernière qui avoue cependant qu’elle s’ennuie de ses parents demeurés aux Philippines.

Photo de la Une en couverture : Cherish Castro, originaire des Philippines, travaille comme caissière au restaurant Mary Brown’s de Labrador City.

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Publié le 21 novembre, 2016, dans la publication : Numéro 20 Volume 34

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Publié sur le site le 21 novembre 2016

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Les vestiges DE Cliffs

Plaidoyer pour la survie de Mines Wabush

par Éric Cyr

Trois représentants de l’ouest du Labrador incluant le député provincial libéral du Labrador, Graham Letto, et les maires de Labrador City et de Wabush, Karen Olford et Colin Vardy, ont livré un vibrant témoignage devant un juge d’une Cour fédérale à Montréal durant les audiences sur la faillite de l’entreprise Cliffs Ressources naturelles, à la fin septembre, afin de tenter de trouver une alternative permettant de donner un second souffle à la minière et de protéger les fonds de pension des retraités.

Le maire de Wabush qui est aussi vice-président de la chambre de commerce de l’Ouest du Labrador a eu l’occasion d’expliquer au juge fédéral Stephen Hamilton l’impact négatif de cette fermeture dans la collectivité et a signifié son opposition claire d’accorder un délai supplémentaire à Cliffs Ressources naturelles prévu par la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) pour tenter une restructuration. « Cliffs a eu amplement de temps, plus que nécessaire. Cette entreprise voyou utilise ce répit à mauvais escient en tentant de dilapider ses actifs avant de déguerpir. Ce délai empêche un éventuel successeur de se manifester promptement. Cela paralyse notre communauté et nous empêche d’aller de l’avant et d’envisager l’avenir. » Le trio labradorien a plaidé en faveur d’une décision qui minimiserait le démantèlement des infrastructures et qui favoriserait la reprise des activités minières en permettant à un éventuel investisseur de se manifester et d’assurer le relais des opérations. Selon le député provincial du Labrador Graham Letto : « Le juge doit rendre une décision qui prend en considération les intérêts des communautés de Labrador City et de Wabush. Un acheteur s’est montré potentiellement intéressé à reprendre le flambeau et nous devons nous assurer que tous les atouts sont disponibles pour lui permettre de faire une offre raisonnable en lui donnant un coup de pouce pour redémarrer les activités. » La mairesse de Labrador City, Karen Olford a pour sa part fait ressortir la dévastation ressentie par les anciens employés congédiés et les retraités de Cliffs trahis et abandonnés : « Certaines personnes souffrent du cancer et ne peuvent se payer de médicaments alors que d’autres, doivent se résigner à déménager pour des raisons de santé, mais ne peuvent parvenir à vendre leur maison parce que les prix de l’immobilier sont inférieurs à leur hypothèque à la suite du départ de Cliffs. »

La fermeture des installations de Cliffs Ressources naturelles à Mines Wabush en 2014 a dévasté l’économie de l’ouest du Labrador. Le prix de l’immobilier a chuté, des commerces ont fermé leur porte et des retraités ont été laissés pour compte.

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Publié le 10 octobre, 2016, dans la publication : Numéro 17 Volume 34

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Publié sur le site le 11 octobre 2016

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Économie fermontoise

Expansion anticipée pour le quartier industriel

par Éric Cyr

À première vue, les observateurs pourraient penser que le parc industriel de Fermont stagne depuis plusieurs années et que rien ne semble bouger depuis sa construction au milieu des années 1970 malgré un regain d’activité lors de la période du dernier boom minier. Une poignée d’entreprises s’y sont établies lors de son ouverture et quelques autres durant la relance, coïncidant avec la flambée du prix des métaux, mais plusieurs des nouveaux ajouts ont plié bagage par la suite et ne se sont pas implantés à long terme.

Au-delà des apparences, la municipalité régionale de comté (MRC) de Caniapiscau a cependant une stratégie, n’a pas baissé les bras et travaille de concert avec la Ville de Fermont à faire avancer ce dossier depuis plusieurs années en misant sur l’acquisition de nouveaux terrains dans le cadre d’une revitalisation et d’une expansion de ce secteur d’activité économique.

Le boom minier a profité au Labrador

C’est un tout autre scénario au Labrador voisin qui a une longueur d’avance et où les parcs industriels fourmillaient d’activités durant le boom minier. Ils affichent complet malgré le récent ralentissement économique et aucun espace vacant n’est disponible. Plusieurs commerces se sont établis dans des zones résidentielles à cause du manque d’espace et ce phénomène d’étalement urbain a motivé un projet de création d’un troisième quartier industriel qui serait situé non loin du nouvel hôpital de Labrador City et dont le démarrage attend pour l’instant une remontée significative des prix du fer. Certains dirigeants d’entreprises ayant pignon sur rue dans le parc industriel fermontois sont moins enthousiastes par rapport au boom minier alors qu’ils ont vu leur compte de taxes commerciales tripler durant cette période.

Approche différent

Pourtant les villes de Labrador City et de Wabush presqu’exclusivement mono-industrielles doivent composer avec les mêmes réalités que Fermont à la différence qu’elles sont situées dans une autre province où le principal employeur, la minière IOC, une filiale de Rio Tinto oblige les entreprises et fournisseurs qui souhaitent faire affaire avec la compagnie à avoir une succursale ou un siège social au Labrador, ce qui a grandement contribué à l’expansion des commerces et à la vitalité économique de l’ouest du Labrador.

Aucune obligation à Fermont

La minière ArcelorMittal située à Fermont au Québec bénéficie également depuis plusieurs années de l’implantation de nombreuses entreprises spécialisées au Labrador, car elle fait affaire avec plusieurs de celles-ci, mais n’a jamais considéré obliger ses fournisseurs à avoir une succursale en sol québécois, ce qui pourrait avoir une incidence grandement bénéfique sur la création d’emplois et le développement de l’économie locale. Les retombées profiteraient également à la Ville de Fermont. La défunte Cliffs qui était propriétaire de la mine du lac Bloom jouait également des deux côtés de la frontière et on verra si le récent achat de ses actifs par la société Minerai de fer Québec dont le gouvernement du Québec est l’un des principaux actionnaires aura un impact sur l’activité du parc industriel fermontois lors du redémarrage anticipé de la minière actuellement en veilleuse.

Évolution du dossier

Le défunt Centre local de développement (CLD) de Caniapiscau auquel le gouvernement libéral de Philippe Couillard a donné le coup de grâce avait réalisé un sondage auprès des entreprises intéressées à s’implanter dans le quartier économique fermontois il y a quelques années et ce sondage a été repris par la MRC afin d’étoffer sa vision de développement de la zone industrielle. À l’époque, la Ville de Fermont souhaite développer un parc industriel plus élargi afin de combler les besoins criants et répondre aux nombreuses demandes d’entreprises, mais aucun terrain industriel n’est disponible à la suite du boom économique majeur de 2010 et du déploiement du Plan Nord. Une étude est alors réalisée par la firme Roche en 2011 et un plan de développement est présenté par le directeur général, secrétaire trésorier de la MRC et directeur de l’urbanisme de la Ville de Fermont, Jimmy Morneau, dans le cadre du programme relatif à une cession à titre gratuit des terres du domaine de l’État en faveur des municipalités nordiques. Plus tard en 2013, un mémoire sur le projet de loi numéro 43 sur les mines expose la position de la Ville dans le dossier du parc industriel :

« La réalisation des projets des deux minières (du côté québécois) fait en sorte que leur service d’entretien doit être effectué par des fournisseurs qui désirent s’établir près de Fermont et des installations des minières, et ce, normalement, dans un parc industriel. L’aménagement de 36 terrains représente un coût estimé de construction et d’aménagement d’au moins 15 millions $. Une liste de 20 entreprises est désireuse d’acquérir un terrain dans ce futur parc industriel. »

La Ville poursuit : « Malheureusement, faute d’argent, autant des titulaires de droit minier que du gouvernement, et considérant sa capacité financière, la Ville de Fermont n’a pas pu réaliser jusqu’à présent ce projet, de telle sorte que plusieurs de ces entreprises sont allées s’installer à Labrador City ou Wabush, ce qui signifie une perte importante de revenus pour la Ville. »

Vision d’avenir

M. Morneau est enthousiaste et se dit prêt à relever le défi. Selon ce dernier, la MRC et la Ville de Fermont ont entrepris des démarches afin d’acquérir plusieurs terres du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec (MERN) afin de réaliser ce projet et le dossier progresse rapidement. « Des requêtes ont été déposées et  on attend une confirmation incessamment pour l’obtention de terrains stratégiques avant le dépôt de demandes de financement par le biais de divers programmes et du Plan Nord. » Ce dernier confie que l’expansion est prévue dans le secteur du nouveau tracé de la route nationale 389 de Fire-Lake vers Fermont. Les nouvelles infrastructures seraient raccordées au service d’aqueduc et d’égout sur la rue Bertrand. « On s’attend à ce que les terrains soient cédés à la municipalité d’ici peu. »

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Publié le 10 octobre, 2016, dans la publication : Numéro 17 Volume 34

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Publié sur le site le 11 octobre 2016

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AUGMENTATION DES TAXES À TERRE-NEUVE-ET-LABRADOR

Certains Fermontois s’inquiètent des répercussions

par Guillaume Rosier

Les augmentations de taxes mises en place par le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, qui doivent aider à éponger un déficit abyssal, inquiètent certains citoyens fermontois.

Terre-Neuve-et-Labrador est lourdement handicapée par un énorme trou budgétaire. En effet, le déficit du budget 2015-2016 se chiffre à 2,2 milliards de dollars, soit 7,3 % du PIB. Le déficit a été légèrement supérieur au double de ce qui avait été prévu il y a un an. En proportion du PIB, le déficit 2015-2016 est quatre fois plus grand que le plus lourd de tous les autres déficits provinciaux.

Avec le statuquo, le déficit de la province aurait atteint 2,7 milliards de dollars en 2016-2017, mais des décisions budgétaires strictes doivent faire baisser le déficit à 1,8 milliard de dollars en 2016-2017, soit 6,2 % du PIB.

Parmi toute une série de mesures prises pour réduire la taille du trou budgétaire, on peut par exemple évoquer une augmentation du cout de l’essence qui est déjà entrée en vigueur au début du mois. Le 1er juillet, date officielle, les taxes augmenteront sur presque toute la ligne, en commençant par la taxe de vente harmonisée, qui passera de 13 % à 15 %. On peut également mentionner une hausse de l’impôt sur le revenu de 1 % pour les tranches de revenus situées entre 35 149 et 125 000 dollars.

Cette austérité est loin, très loin de faire l’unanimité chez nos voisins, qui pâtissent déjà d’un climat de morosité économique. À Fermont, certains s’inquiètent des répercussions que peuvent avoir les augmentations de taxes, en raison de l’étroitesse des liens entre la ville minière et le Labrador.

Cout de la vie plus élevé?

Une citoyenne fermontoise explique :

« Il y a énormément de produits que l’on ne trouve pas à Fermont et que l’on doit se procurer au Labrador. Avec l’augmentation de la taxe de vente harmonisée, forcément, le portefeuille va s’alléger plus vite. » Un autre citoyen va plus loin : « Les taxes vont avoir pour effet de diminuer la consommation de certains ménages. À terme, cela peut menacer les commerces et cela nous concerne directement ».

Concernant la hausse des prix de l’essence, certains pensent que cela aura une répercussion sur le prix de plusieurs produits en magasin en raison de la hausse du cout du transport, et peut-être également sur le prix des déplacements en avion faits depuis l’aéroport de Wabush.

À contrario, une autre citoyenne estime que les augmentations de taxes dans la province voisine auront un effet bénéfique sur l’achat local, à la fois de la part des Fermontois et des Labradoriens.

Il va falloir attendre un peu pour voir quels seront les effets de l’austérité à Labrador sur Fermont. Quoi qu’il en soit, la situation va se détériorer pour les ménages de la province voisine.

« Il n’y a aucun doute que chaque famille va ressentir les effets du déficit dans lequel notre province est plongée. C’est une réalité », a récemment déclaré la mairesse de Labrador City, Karen Oldford.

Prévisions économiques

D’après le Conference Board du Canada, qui a présenté à la mijuin ses prévisions économiques pour l’ensemble du pays, les choses vont mal à Terre-Neuveet- Labrador. La baisse générale du prix des matières premières porte un coup dur à l’économie de cette province selon ce groupe de réflexion. De plus, des projets majeurs en cours de réalisation depuis quelques années devraient être bientôt terminés. Ils cesseront ainsi de contribuer à la croissance économique.

Les mesures d’austérité budgétaires prises par le gouvernement, dont l’augmentation des taxes et impôts, ralentissent aussi la croissance à moyen terme. Le Conference Board prévoit un repli de 1,2 % du PIB l’an prochain.

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Publié le 27 juin, 2016, dans la publication : Numéro 12 Volume 34

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Publié sur le site le 22 septembre 2016

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Mine Scully

Entre désillusion et espoir

par Guillaume Rosier

Sans repreneur, les installations de la mine Scully à Wabush devraient vraisemblablement être démantelées.

Alors que les actifs de la compagnie Cliffs Natural Ressources à la mine du Lac Bloom, près de Fermont, ont été récemment acquis par Champion Iron Mines, ceux de la mine Scully à Wabush n’ont toujours pas trouvé preneur. Un acquéreur potentiel se serait désisté, au grand dam des habitants de la petite ville du Labrador. Son maire reste cependant optimiste et veut encore y croire.

Difficile d’y voir clair dans ce qui est en train de devenir la saga du rachat de la mine Scully. Au mois d’avril dernier, on apprenait de CBC que la compagnie ERP Compliant Fuels avait déposé une offre pour racheter les installations de la mine de Cliffs Natural Resources à Wabush. Tom Clarke, cofondateur d’ERP, avait affirmé espérer conclure la transaction dans le courant du mois de mai, en vue de relancer les activités en 2017. Une nouvelle inespérée pour les habitants de la petite ville minière.

Toutefois, la situation s’est subitement assombrie le 20 mai lorsque CBC et plusieurs médias de Terre-Neuve-et-Labrador ont annoncé que la transaction était annulée. Cette information se base sur une lettre datée du 19 mai et rendue publique par FTI Consulting, le contrôleur qui assiste Cliffs Natural Resources dans la restructuration de ses actifs.

Dans cette lettre, l’avocat Sylvain Rigaud, du cabinet Norton Rose Fulbright, énumère les démarches entreprises par un acheteur potentiel depuis le 23 décembre 2015. En terminant, Me Rigaud écrit : « Nous désirons vous aviser que cet acquéreur potentiel a décidé de ne pas procéder avec cette transaction. Par conséquent, les Parties LACC Wabush [regroupement de plusieurs filiales de Cliffs, dont Mines Wabush, placé sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, NDLR], en consultation avec le Contrôleur, ont entrepris d’analyser les offres de liquidation et veilleront à négocier des ententes définitives, sujettes à l’approbation de la Cour, pour la liquidation des équipements situés à la Mine Wabush et autres actifs connexes. »

Le nom de l’acheteur potentiel n’est pas mentionné dans la lettre, par souci de confidentialité. La ministre des Ressources naturelles de Terre-Neuve-et-Labrador, Siobhan Coady, a néanmoins affirmé qu’il s’agissait de la compagnie ERP.

Colin Vardy à la rescousse

Alors que tout semblait perdu, le maire de Wabush, Colin Vardy, a rallumé une étincelle d’espoir. Le 23 mai, il écrit sur sa page Facebook : « Ce que l’on aborde concernant l’industrie minière est bien souvent sous le sceau de la confidentialité. Cela explique pourquoi les médias ne peuvent rapporter avec exactitude ce qui se passe réellement. »

Colin Vardy a tenu à rassurer ses citoyens en affirmant que la compagnie ERP était toujours pleinement intéressée par les actifs de la mine Scully. « J’ai eu ERP au téléphone. Ils cherchent à concrétiser la transaction », a-t-il affirmé. Sans rentrer dans les détails, il a indiqué que lui-même ainsi que des membres du parlement et du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador travaillaient d’arrache-pied à trouver une solution.

« Je ne peux pas vous promettre que les choses vont changer, mais ce n’aura pas été faute d’essayer », a conclu le maire. Même si l’éventualité d’un rachat des actifs plutôt qu’un démantèlement semble de plus en plus ténue, Colin Vardy ne lâche rien. Il le sait, l’avenir de sa ville en dépend grandement.

À titre de rappel, la mine Scully est officiellement fermée depuis octobre 2014. Les activités avaient cependant cessé quelques mois auparavant, en février. Cet arrêt avait entrainé le licenciement de 400 employés. Cliffs Natural Resources s’est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies en janvier 2015. La minière a jusqu’au 30 septembre pour soumettre une proposition à ses créanciers.

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Publié le 30 mai, 2016, dans la publication : Numéro 10 Volume 34

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Publié sur le site le 1 juin 2016

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