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  • Les dangers se multiplient

    Aéroport de Wabush

    Les dangers se multiplient

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    Fermont et Labrador Ouest

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    Aéroport de Wabush

    Une 14 février, 2022

    Sécurité des passagers aériens compromise

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    Propagation et confusion

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    Transport ferroviaire

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    Grève chez ArcelorMittal

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    Réfection de la route 389

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    Résidus radioactifs

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    Aéroport de Wabush

    Une 24 août, 2020

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    Une frontière fragile

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Labrador

Les dangers se multiplient

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Aéroport de Wabush

Les dangers se multiplient

par Éric Cyr

À l’instar de la Ville de Wabush lors du démantèlement des services d’urgence-incendie à l’aéroport régional de Wabush par Transports Canada, en août 2020, La Ville de Labrador City s’est également dissociée des interventions de lutte contre les incendies en cas de catastrophe aérienne, le 4 février dernier. La Ville de Fermont a pour sa part adopté une résolution relative à la sécurité incendie à cette aérogare lors de la réunion du conseil municipal du 14 février.

La Ville de Labrador City a informé les citoyens de la région de son retrait des services d’incendie de l’aéroport dans un communiqué publié sur sa page Facebook. « Les sapeurs-pompiers sont engagés dans une activité intrinsèquement dangereuse et ont donc tendance à accepter que les aléas du métier fassent inévitablement partie de leurs tâches. Cependant, lorsque vous avez des pompiers correctement formés qui respectent toutes les normes liées à la profession, ces menaces peuvent être considérablement réduites. Les responsables des services d’incendie qui adoptent des mesures destinées à limiter les facteurs de risques reconnaissent que la sécurité des pompiers, la responsabilité légale et la gestion des dangers sont des concepts interreliés : une fois que vous en aurez amélioré un, les deux autres seront automatiquement influencés. »

Selon la directrice générale de la municipalité, Cathy Etsell, le Service de prévention des incendies de Labrador City est fier de son haut niveau de préparation lui permettant d’agir de façon efficace dans le cadre de plusieurs situations périlleuses. Cependant dans le cas d’un déploiement lié à une tragédie aérienne, il est important d’avoir les capacités, les compétences et les connaissances spécialement axées sur les accidents et les incendies d’avion, car ce type d’intervention spécialisée comporte de nombreux défis. Mme Etsell explique que la formation est essentielle afin d’assurer la sécurité de tous et que le sauvetage et la lutte contre les incendies d’aéronefs (SLIA) est un domaine particulier qui ne fait pas partie de l’enseignement offert pour les intervenants des services d’incendie structurels. Par conséquent, les pompiers municipaux peuvent ne pas être familiarisés avec les procédures à suivre dans le cas de la gestion d’un tel événement, ce qui peut gravement compromettre leur santé et leur sécurité physique et psychologique.

« Nous sommes au regret d’informer les citoyens que la Ville de Labrador City se retire des services d’intervention et de lutte contre les incendies à l’aéroport de Wabush en raison du manque de formation dans le domaine du SLIA dont nos pompiers disposent », peut-on lire dans le communiqué qui précise que c’est l’exploitant d’aéroport, en l’occurrence Transports Canada, qui est responsable, en vertu du Règlement de l’aviation canadien (RAC), de fournir un plan d’intervention d’urgence. « Depuis la suppression des services de lutte contre les incendies (par le gouvernement du Canada) à l’aéroport, en 2020, la direction de l’aéroport s’est engagée à nous fournir ce plan d’urgence et à ce jour, rien n’a été reçu et aucune réunion n’a été organisée pour en discuter davantage », conclut le document.

La Ville de Labrador City, qui continue à plaider pour le rétablissement des services d’incendie à temps plein à l’aéroport de Wabush, s’est engagée à travailler avec Transports Canada et la direction du terminal aérien pour trouver des solutions à court et à long terme dès que possible pour protéger les pompiers et sauver des vies.

Fermont solidaire

Après avoir pris connaissance d’une lettre rédigée, le 7 janvier 2022, par le vice-président régional de l’Union canadienne des employés des transports (UCET), Chrius Bussey, soulevant diverses dérogations à la règlementation fédérale au sujet de l’absence d’opérations de sécurité incendie aéroportuaire à l’aéroport de Wabush et d’une lettre écrite, le 28 janvier 2022, par le député provincial néodémocrate du Labrador Ouest, Jordan Brown, demandant au ministre canadien des Transports, Omar Alghabra, le rétablissement d’un service de sécurité incendie aéroportuaire conforme aux normes fédérales à l’aéroport de Wabush, la Ville de Fermont a jugé la situation préoccupante et a convenu d’adopter une résolution afin de tenter de faire bouger les choses. Voici un extrait de cette résolution qui a été transmise au ministre fédéral des Transports, Omar Alghabra : « Considérant que l’aéroport de Wabush dessert la région du Labrador Ouest et les communautés de Labrador City, de Wabush et de Fermont et que cet aéroport est une infrastructure stratégique pour le transport des biens, des personnes, les vols nolisés de l’industrie minière du Labrador et du Québec ainsi que pour la diversification économique régionale…Il est résolu à l’unanimité de demander au ministre des Transports du Canada, Omar Alghabra, le rétablissement d’un service de sécurité incendie aéroportuaire conforme aux normes fédérales à l’aéroport de Wabush, d’appuyer les demandes des Villes de Labrador City et de Wabush ainsi que de la circonscription du Labrador Ouest et de solliciter l’appui de la députée bloquiste de Manicouagan, Marilène Gill… » La résolution a aussi été acheminée au député provincial du Labrador Ouest, Jordan Brown, à la députée fédérale du Labrador, la libérale Yvonne Jones, à la mairesse par intérim de Labrador City, Belinda Adams, et au maire de Wabush, Ron Barron. La balle est dans le camp du gouvernement Trudeau…

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Publié le 28 février, 2022, dans la publication : Numéro_4 Volume_40

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Publié sur le site le 28 février 2022

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Fermont et Labrador Ouest

Mini convoi « de la liberté » dans la région

par Éric Cyr

Le convoi « de la liberté » composé principalement de camionneurs insatisfaits des mesures sanitaires imposées par le gouvernement de Justin Trudeau afin de lutter contre la pandémie de Covid-19, mais qui regroupe aussi des citoyens de tous les horizons originaires de plusieurs endroits au Canada qui affichent des revendications multiples et éclectiques et dont certains à tendance anarchiste ou religieuse, fait des adeptes partout au pays et paralyse Ottawa depuis la fin janvier où la tension monte entre les manifestants pour la plupart pacifiques, mais très bruyants, et les résidents et commerçants exaspérés du centre-ville. En lien avec ce déploiement populaire, le maire de la capitale fédérale, Jim Watson, a déclaré l’état d’urgence, le 6 février.

La région de Fermont et de l’Ouest du Labrador suit la tendance. Un cortège de véhicules tapissés de drapeaux du Canada et de slogans pour la liberté est parti de Wabush au Labrador, le 29 janvier dernier, et s’est dirigé vers Labrador City où des manifestants se sont rassemblés dans le stationnement du centre commercial Mall avant de se rendre à Fermont où la procession a aussi défilé dans les rues de la ville jusqu’au stationnement de l’aréna Daniel-Demers où la cinquantaine de participants se sont arrêtés pour scander des cris de ralliement. La cohorte motorisée a par la suite pris le chemin de la mine de fer du Mont-Wright d’ArcelorMittal avant de se disperser.

Organisateur de la Côte-Nord

Dans cette mouvance, le syndicaliste nord-côtier Bernard « Rambo » Gauthier a pris la tête d’une colonne de camionneurs québécois issue des régions qui s’est rendue, au début février, dans la capitale nationale du Québec afin de faire part de ses revendications, dans ce cas-ci aussi très variées, au gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ). Le moment choisi pour ce déplacement coïncide avec un événement culturel d’envergure internationale dans la Vieille Capitale, soit le Carnaval de Québec, ce qui déplaît aux organisateurs de cet attrait touristique majeur ainsi qu’aux commerçants locaux.

Le droit de manifestation est accepté en démocratie. Il existe cependant des considérations de maintien de l’ordre et, contrairement au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui a été très évasif, le premier ministre du Québec, François Legault, a été ferme et a mis en garde les manifestants en leur signifiant clairement qu’aucun écart de conduite ne serait toléré. La chaîne de routiers québécois a été dissoute, le 6 février, mais un nouveau rassemblement est prévu après le carnaval.

Liberté à tout prix

Ces manifestations de ras-le-bol d’une certaine frange de la population surviennent après deux ans de restrictions destinées à freiner la propagation du coronavirus en constante mutation imposées par les gouvernements et qui ont nécessité de nombreuses adaptations et des sacrifices importants des citoyens, des commerçants et des entreprises, mais aussi des professionnels de la santé sur la corde raide et dont l’expertise a été constamment sollicitée. Personne ne peut prédire quand ce mouvement de contestation populaire et la Covid-19 vont s’essouffler. Un certain parallèle peut cependant être fait avec ce convoi « de la liberté » et les gilets jaunes qui ont surgi avant l’apparition de la pandémie en France en ce qui a trait au message ressemblant à un pot-pourri de revendications constituant un mélange hétéroclite.

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Publié le 14 février, 2022, dans la publication : Numéro_3 Volume_40

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Publié sur le site le 14 février 2022

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Aéroport de Wabush

Sécurité des passagers aériens compromise

par Éric Cyr

Le directeur du Service de prévention des incendies de Labrador City, Joe Power, critique le plan d’urgence désuet à l’aéroport régional de Wabush au Labrador qui dessert la population de l’Ouest du Labrador et de Fermont au Québec. Selon ce dernier, une situation potentiellement désastreuse survenue récemment a rudement mis à l’épreuve le plan de préparation en cas de catastrophe aérienne et remet en question l’efficacité des mesures aéroportuaires d’urgence destinées à prévenir une tragédie.

La démarche du chef des pompiers de Labrador City, qui accuse Transports Canada de parachuter ses responsabilités sur le dos des municipalités, a pour objectif d’informer les pilotes, les voyageurs et les citoyens des risques qu’ils encourent en transitant par l’aérodrome de Wabush dont les ressources ont été considérablement réduites par le ministère des Transports du Canada qui a démantelé le service local de sauvetage et de lutte contre les incendies d’aéronefs, le 7 août 2020.

Confusion totale

M. Power, qui a informé, il y a un an, le directeur de l’aéroport de Wabush de graves lacunes liées au plan d’urgence, établi en janvier 2013, et qui n’a jamais obtenu de réponse, a déclaré que l’intervention du 19 janvier 2022 survenue lors de l’atterrissage d’urgence d’un avion Beechcraft avec 17 personnes à bord aux prises avec une panne de moteur avait lamentablement échoué.

« La déclaration que Transports Canada a faite à un journaliste de Radio-Canada/CBC à la suite de cet événement indiquant que tout est sécuritaire à l’aérogare de Wabush m’inquiète grandement et me fait craindre le pire. L’intervention du service d’incendies et de sauvetage (Fire and Rescue) de Labrador City me laisse perplexe et je redoute qu’une catastrophe aérienne puisse éventuellement se produire. Je constate que les intervenants de ce terminal aérien ne sont pas aussi bien formés qu’ils devraient l’être et manquent sérieusement de préparation pour faire face à une situation d’urgence. Cette grave lacune organisationnelle s’avère très problématique et sème la confusion lors d’un déploiement des services d’urgence », explique M. Power qui dénonce le manque de communication et de coordination des instances aéroportuaires lors de ces récentes manœuvres sur le terrain qui ont aussi mobilisé les services de prévention des incendies de Wabush et de Labrador City, les policiers provinciaux de la Royal Newfoundland Constabulary, les agents de sécurité de la minière IOC, et le personnel de la Régie régionale de la santé Labrador Grenfell Health, qui se sont joints aux opérations et qui ont été pris en otage inutilement par manque d’informations précises relatives à l’incident qui aurait pu s’avérer périlleux.

À vos risques et périls

Le mécontentement des citoyens des trois localités minières de la région ainsi que de nombreux utilisateurs de ce terminal aérien n’ont pas changé la décision de Transports Canada qui a aboli les services d’urgence-incendie qui y étaient rattachés, à l’été 2020, malgré une forte opposition locale. Des professionnels du domaine croyaient alors que Transports Canada mettait la vie des passagers en danger. Le pompier Ryan Connolly, qui a travaillé au sein de cette brigade, affirmait que sa suppression mettait les passagers et les équipages atterrissant et décollant de Wabush à risque. Selon ce dernier, des professionnels spécialisés et formés dans ce genre particulier d’intervention doivent être sur place et prêts à intervenir rapidement en cas d’urgence. Il expliquait qu’il n’y a pas que dans le cas d’un écrasement d’avion que les pompiers peuvent faire toute la différence, mais aussi lorsqu’un incendie de moteur se déclare ou lors d’un déversement de carburant qui s’enflamme. Chaque seconde compte pour sauver des vies et le laps de temps d’intervention est primordial. Le type de carburant utilisé dans les avions brûle très rapidement et les flammes se comportent de façon agressive, il est donc essentiel que des pompiers soient physiquement sur les lieux et constamment sur le qui-vive afin de parer une éventuelle tragédie humaine en contrôlant les facteurs pouvant l’engendrer notamment les flammes qu’ils doivent tenter de maîtriser dès le début afin que le feu ne se propage pas aux sorties de l’appareil.

Vies humaines et statistiques

Le gouvernement fédéral indiquait à l’époque, afin de justifier le retrait du service, que le volume de passagers requis annuellement pour que les services d’incendie soient obligatoires dans une installation aéroportuaire est de 180 000 passagers et jugeait alors que ce seuil ne serait pas atteint à Wabush selon ses calculs contestés par les élus locaux. Il n’y aurait donc, selon Ottawa, aucune obligation réglementaire de fournir ce service. À la suite du témoignage de M. Power, un porte-parole de Transports Canada a indiqué que le plan d’intervention d’urgence de l’aéroport local subit actuellement une mise à jour qui sera transmise aux personnes concernées une fois le processus complété. Depuis l’abolition du service de sauvetage et d’incendies de l’aéroport, au moins deux autres incidents, liés au train d’atterrissage d’avions qui ne voulait pas se déployer, auraient pu avoir des conséquences désastreuses.

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Publié le 14 février, 2022, dans la publication : Numéro_3 Volume_40

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Publié sur le site le 14 février 2022

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Covid-19

Propagation et confusion

par Éric Cyr

Source photo : Pixabay

La pandémie de Covid-19 continue de faire les manchettes et n’épargne pas la Côte-Nord et le Labrador. Avec l’apparition du variant Omicron, dont la présence a été répertoriée ici aussi, de nouvelles incidences sont également dénombrées dans la région. Il est indéniable qu’il existe bel et bien une augmentation des cas, cependant le nombre exact est difficile à évaluer et fluctue sans cesse. Des cliniques de vaccination sont déployées à plusieurs endroits notamment à Fermont, Schefferville et Labrador City, afin d’administrer des vaccins et des doses de rappel destinés à freiner sa propagation.

Pour les régions éloignées comme Fermont et Schefferville, la clientèle prioritaire existe, mais la catégorisation par groupes d’âge ne s’applique pas compte tenu de l’éloignement géographique et donc tous peuvent se prémunir d’un vaccin en s’inscrivant à un rendez-vous. Pour le Québec, à compter du 17 janvier 2022, les citoyens de 18 ans et plus peuvent prendre un rendez-vous. Des trousses de tests de dépistage rapide pour les gens asymptomatiques offerts gratuitement par le gouvernement du Québec aux personnes de 14 ans et plus sont toujours disponibles pour l’instant à la pharmacie de Fermont. Des tests rapides pour la clientèle présentant des symptômes associés à la Covid-19 sont aussi offerts dans les cliniques de dépistage du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Côte-Nord (CISSSCN) notamment au Centre multiservices de santé et de services sociaux (CMSSS) de Fermont au 1, rue de l’Aquilon.

Les usagers symptomatiques doivent cependant au préalable composer le 1-877 644-4545 (ligne Info Covid) pour une évaluation de leur état avant de se présenter sur place où ceux-ci recevront a priori une trousse de dépistage rapide avant un examen plus approfondi. Les tests de diagnostic moléculaire (PCR), beaucoup plus précis, sont dorénavant réservés à certains groupes cibles, dont des clientèles jugées vulnérables et les travailleurs de la santé, et se font au même endroit.

Au Québec

Le retour d’un couvre-feu de 22 h à 5 h du matin a été instauré, le 31 décembre dernier, pour l’ensemble des régions du Québec, incluant Fermont et Schefferville, de concert avec la fin des rassemblements privés et le report du retour en classe qui a été fixé au 17 janvier. Le port du couvre-visage demeure en vigueur dans les espaces clos comme les centres commerciaux et le passeport vaccinal est exigé à de plus en plus d’endroits. Il est toujours recommandé de se laver les mains fréquemment. Les restaurants ont été à nouveau fermés sauf pour la livraison et les menus pour emporter. Le gouvernement Legault a l’intention de serrer la vis aux non-vaccinés en limitant de plus en plus les endroits auxquels ils pourront accéder afin de les inciter à se prévaloir du vaccin.

Au Labrador

Le point de contrôle à la frontière avec le Québec, le dernier qui subsistait entre les provinces à l’intérieur du pays, a été abandonné à la mi-décembre et ne devrait pas être réintroduit. Les autorités de la Santé publique de Terre-Neuve-et-Labrador ont commis une erreur magistrale, à la fin décembre et qu’elles ont corrigé le 3 janvier, en inversant les données du nombre de cas de Covid-19 dans deux zones du Labrador soit le Labrador Ouest (Labrador City, Wabush, Churchill Falls) et Happy-Valley-Goose-Bay et la côte du Labrador. Bien que la bévue, qui attribuait plus du triple des cas réels dans l’Ouest du Labrador, ait causé du stress et de l’anxiété dans la région, elle n’a fait l’objet d’aucune couverture médiatique. Cette gaffe statistique a cependant beaucoup fait réagir sur les réseaux sociaux.

Au fédéral

Le gouvernement fédéral oblige une preuve de vaccination pour les voyageurs qui souhaitent prendre un mode de transports qui relève de son champ de compétences dans les secteurs aérien, ferroviaire et maritime (avions, trains, bateaux), et étudie la possibilité de couper les prestations d’assurance-emploi (chômage) aux personnes non vaccinées.

Au Québec, pour prendre rendez-vous en ligne pour une vaccination consultez le site internet Québec.ca/vaccinCOVID ou appelez au 1 877 644-4545. Au Labrador : https://www.lghealth.ca/vaccine ou composez le 1 855-897-2267 ou le 709 285-8100 pour l’hôpital de Labrador City.

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Publié le 17 janvier, 2022, dans la publication : Numéro_1 Volume_40

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Publié sur le site le 17 janvier 2022

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Transport ferroviaire

Investissements importants pour Transport Tshiuetin

par Éric Cyr

Source photo : Tshiuetin

Le corridor ferroviaire du nord-est du Québec et de l’ouest du Labrador qui relie Sept-Îles à Schefferville sera modernisé grâce à un investissement de 55 millions de dollars de Québec et d’Ottawa. Les gouvernements québécois et fédéral ont fait l’annonce conjointe de ce partenariat, le 8 juillet dernier. Cette voie ferrée, qui constitue un levier économique et un moyen de transport privilégié, est jugée essentielle pour les trois communautés situées dans la région scheffervilloise qui n’est pas connectée par un réseau routier.

La première compagnie de chemin de fer détenue et gérée par des membres des Premières Nations au pays, Transport ferroviaire Tshiuetin, qui transporte des passagers et approvisionne Schefferville en marchandises, pourra bénéficier d’un financement de la Banque de l’infrastructure du Canada dans le cadre de l’Initiative d’infrastructure pour les communautés autochtones, qui investira 50 millions de dollars dans la société sous forme de prêt à long terme.

Transports Canada, qui soutient Tshiuetin depuis sa création en 2005, a également renouvelé son engagement et augmentera ses subventions annuelles d’au moins 12 millions de dollars pour les dépenses d’exploitation et d’investissement par l’entremise de son Programme de contribution pour les services ferroviaires voyageurs.

Le gouvernement du Québec octroie pour sa part une aide financière de 5 millions de dollars sous forme de prêt remboursable par le biais de la Société du Plan Nord, qui a déjà fait un prêt de 1,9 million de dollars pour des travaux de réfection urgents, pour la rénovation du chemin de fer qui assure la liaison terrestre entre Sept-Îles, le Labrador, et la ville minière québécoise. Ce soutien financier permettra d’assurer la pérennité d’une entreprise et d’une infrastructure qui revêtent une importance stratégique pour faciliter l’accès au territoire nordique et pour la vitalité économique de la région de la Côte-Nord tout en améliorant leur efficacité.

Nouvelle gare et Internet

Ces montants destinés à consolider les activités du transporteur sur rails serviront notamment à la rénovation de la structure des voies ferrées, des gares et mini-gares existantes, des camps de travailleurs. Ils seront aussi utilisés pour faire l’acquisition de nouvelles locomotives plus performantes qui permettront aux convois de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre par une consommation réduite en carburant tout en étant plus confortables, rapides et sécuritaires. Les nouveaux trains seront de plus munis de technologies de communication permettant de transmettre directement des instructions au centre d’exploitation grâce à un dispositif de contrôle bonifié et ultimement d’un réseau Internet LTE accessible aux passagers. La construction d’une gare à Mani-utenam (Sept-Îles) et d’un tronçon qui relierait cette communauté innue au chemin de fer principal de 574 kilomètres, dont 217 kilomètres (134 milles) appartiennent à Tshiuetin, est aussi envisagée.

Accès au territoire

Le gouvernement du Québec s’est engagé à assurer un accès multiusager à la fosse du Labrador dans son Plan d’action nordique 2020-2023. Le chemin de fer Tshiuetin, qui appartient aux nations innues de Takuaikan Uashat Mak Mani-utenam (Sept-Îles), Matimekush-Lac John (Schefferville) et naskapie de Kawawachikamach (Schefferville), permet d’offrir des services essentiels de transport aux communautés et à l’industrie, que ce soit pour le transport de passagers, de marchandises ou de minerai de fer. Les citoyens de Fermont et du Labrador Ouest peuvent prendre ce train à la jonction du quai Emeril, située à 200 mètres au nord de l’autoroute Trans-Labrador (route 500), après avoir parcouru 50 kilomètres (45 minutes de trajet) en voiture à partir de Labrador City, mais doivent prévoir un système de navette pour s’y rendre ou pour en revenir.

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Publié le 23 août, 2021, dans la publication : Numéro_13 Volume 39

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Publié sur le site le 23 août 2021

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Mine Scully

Tacora Resources investit à Wabush

par Éric Cyr

source photo : Mine Scully

La minière canadienne Tacora Resources qui a acquis en 2017 et relancé à l’été 2019, la mine de fer Scully à Wabush au Labrador qu’elle exploite depuis, a annoncé, le 12 mai dernier, qu’elle a émis des billets garantis d’une valeur de 175 millions de dollars américains afin de refinancer la dette garantie de la société contractée lors du démarrage et pour financer le fonds de roulement et les besoins généraux de l’entreprise.

Tacora Resources vise l’atteinte de la capacité nominale d’extraction de ce site minier dont le fer est expédié par le chemin de fer QNS&L jusqu’au Port de Sept-Îles sur la Côte-Nord. L’objectif est d’augmenter la production annuelle pour atteindre six millions de tonnes de concentré de fer et d’évaluer les options de croissance des installations de Wabush.

« Notre stratégie de refinancement consistait à réduire nos coûts d’emprunt, garantir une liquidité adéquate et offrir une flexibilité financière à l’entreprise », a déclaré le vice-président à la direction et chef des services financiers de Tacora, Joe Broking.

« La nouvelle structure fournira à Tacora le capital indispensable pour poursuivre les investissements et la flexibilité essentielle pour envisager une croissance durable. »

« L’achèvement de cette initiative de financement place la société et nos employés dévoués dans une position enviable où nous pouvons faire preuve d’une plus grande souplesse dans le déploiement du capital nécessaire pour atteindre la capacité de production nominale à la mine Scully et assurer la progression de l’entreprise de façon responsable. Un meilleur bilan était la première étape vers l’atteinte de nos objectifs stratégiques qui comprennent également une amélioration de la productivité et des options de croissance à la mine Scully, ainsi que le développement et le redémarrage de la mine Sydvaranger en Norvège »,
conclut le président et chef de la direction, Thierry Martel.

En janvier dernier, la société a annoncé l’acquisition de la mine Sydvaranger qui peut produire annuellement quatre millions de tonnes de concentré à haute teneur en fer. La mine située au-delà du cercle polaire arctique ayant arrêté ses activités depuis 2015, Tacora présentera un projet de relance à ses actionnaires d’ici le début de 2022.

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Publié le 7 juin, 2021, dans la publication : Numéro_11 Volume 39

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Publié sur le site le 7 juin 2021

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Grève chez ArcelorMittal

La solidarité syndicale dépasse les frontières

par Éric Cyr

Le directeur québécois du Syndicat des Métallos (district 5) qui est aussi le vice-président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Dominic Lemieux, son adjoint, Denis Noël, et le coordonnateur des Métallos de l’Est-du-Québec et de la région Côte-Nord, Nicolas Lapierre, se sont déplacés à Fermont afin d’appuyer les grévistes d’ArcelorMittal des sections locales 5778, 7401 et 7401-FP Nord.

Les dirigeants syndicaux ont confié l’importance d’être sur le terrain en compagnie des membres qu’ils représentent à l’occasion de la première journée du conflit de travail afin « d’appuyer des gens fiers qui se tiennent debout, car ils ne se sentent plus respectés et qui ont décidé de se battre contre cette multinationale ». Les trois syndicalistes ont participé à la marche de solidarité organisée en appui aux grévistes, le 11 mai 2021, et se sont rendus le lendemain sur les lignes de piquetage des mines de fer du Mont-Wright et de Fire Lake afin de rencontrer les syndiqués et leur témoigner du soutien en les assurant de l’appui inconditionnel du Syndicat international des Métallos et de plusieurs autres centrales syndicales qui adhèrent à leur cause avant de se diriger vers Port-Cartier pour les mêmes raisons.

Appui international

Les Métallos de la Côte-Nord sont épaulés par des travailleurs brésiliens et européens notamment de France. Affiliée à la Confédération européenne des syndicats et fondée en 1895, la Confédération générale du travail (CGT), l’un des plus importants syndicats français de salariés, qui regroupe plus d’un million et demi d’adhérents, a offert son appui à la cause des grévistes d’ArcelorMittal.

Selon le secrétaire général de l’Union locale CGT Romilly Nogent, Christophe Latrasse : « La compagnie fait des bénéfices, mais veut négocier à la baisse. Ceci est inacceptable. Au nom de l’UL CGT Romilly Nogent, nous apportons notre soutien aux camarades du Syndicat des Métallos dans leur lutte qui, nous l’espérons, sera victorieuse. »

Appui transfrontalier

Le 12 mai, c’était au tour de deux délégations du Syndicat des United Steelworkers/Métallos du Labrador Ouest (district 6) soit les sections locales 5795 et 6731 de la minière Rio Tinto IOC et 5795-A de l’entreprise Orica à Labrador City de se rendre à la rencontre des syndiqués en grève à la barrière de sécurité de la mine du Mont-Wright, où ils ont été accueillis par le vice-président de la section locale 5778, Pascal Michaud, afin de souligner leur appui à leurs confrères (sur la photo). Le président de la section 5795 à Labrador City, Mike Furlong, a témoigné de l’importance des liens solides qui existent entre les syndiqués du domaine minier en signifiant l’appui de son unité syndicale aux revendications des travailleurs d’ArcelorMittal qui sont, selon lui, pleinement justifiées. Le président de la section 6731, Tony Record était aussi sur place. Comme le veut la tradition lors d’une grève, les représentants syndicaux du Labrador ont apporté du café et des beignets à leurs confrères fermontois. Le président de la section 6285 de la minière Tacora Resources à Wabush, Collin Cook, a également prévu de se rendre appuyer les Métallos de Fermont.

Aide financière

La même journée, lors de leur réunion mensuelle, les syndiqués de l’unité 5795 ont voté pour faire un don d’un dollar par membre pour chaque semaine de grève au groupement syndical 5778 dont des représentants se sont par la suite rendus à leurs bureaux de Labrador City pour recevoir un chèque qui a été remis par le président, Mike Furlong, à la présidente de la section 5778, Karine Sénéchal. Ce dernier a aussi invité, dans une lettre publiée sur la page Facebook USW 5795, le 14 mai, les membres qu’il représente à aller encourager les grévistes d’ArcelorMittal sur le piquet de grève à l’entrée de la mine du Mont-Wright en leur apportant du café des beignets et des bûches tout en portant un couvre-visage afin de respecter les mesures sanitaires en vigueur liées à la pandémie. D’autres sections locales des Métallos d’ArcelorMittal en Montérégie et à Montréal, 6586, 8060, 6586-2, 6951, 8897 et 9399 ont aussi annoncé un appui financier récurrent.

 

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Publié le 24 mai, 2021, dans la publication : Numéro_10 Volume 39

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Publié sur le site le 25 mai 2021

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Réfection de la route 389

Des travaux attendus depuis des décennies

par Éric Cyr

Après les chantiers installés dans les portions de Baie-Comeau à Manic-2 et au nord de Manic-5 dans le cadre du programme d’amélioration de la route 389, qui constitue l’unique lien routier vers le Labrador et qui fait partie du réseau routier national depuis 2005, c’est maintenant au tour des travaux préparatoires de déboisement d’un nouveau tracé entre Fire Lake et Fermont qui ont commencé à la mi-mars. Ceux-ci se sont poursuivis jusqu’à la mi-avril et devraient reprendre à la mi-août après une interruption durant la période de nidification des oiseaux migrateurs.

Des consultations publiques au sujet du projet A, qui consiste à améliorer la portion nord de cette liaison terrestre interprovinciale qui est imbriquée dans la TransQuébec-Labrador, s’étaient tenues à Fermont il y a plus d’une décennie et ce choix a été retenu par une vaste majorité de la population qui préférait cette option plutôt qu’une réfection de l’ancienne portion extrêmement sinueuse truffée à l’époque d’une douzaine de passages à niveau sur 67 kilomètres. Deux nouveaux tronçons routiers de près de 13,5 et 45 kilomètres sont prévus ainsi qu’une amélioration de la route sur 11 kilomètres dans ce secteur.

La préparation des plans et devis en vue de la réalisation de ce dessin se poursuit en parallèle. Les principaux gains sont la réduction du parcours d’environ une vingtaine de kilomètres, la correction ou l’élimination de courbes, la diminution du nombre de passages à niveau de 11 à un seul, l’augmentation importante des possibilités de dépassement et l’ajout de voies de refuge pour les véhicules hors normes.

Le gouvernement du Québec juge que la route 389, qui est incluse dans les 49 actions que le gouvernement devrait mettre en place dans le cadre du Plan d’action nordique 2020-2023 (PAN 20-23), est une infrastructure essentielle au développement socio-économique de la Côte-Nord et du Nord québécois en entier. Le ministre des Transports, François Bonnardel, le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière et le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles qui est aussi le responsable de la région de la Côte-Nord, Jonatan Julien, ont souligné, le 9 avril dernier, la signature d’une entente-cadre avec le Conseil innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam (Sept-Îles) ainsi qu’une entente pour le déboisement. Le programme d’amélioration de la route 389 entre Fermont et Baie-Comeau vise en premier lieu l’amélioration de la sécurité routière pour l’ensemble des usagers, tout en favorisant le développement du territoire nordique québécois.

« Il s’agit d’une étape majeure pour la mise en œuvre de ces travaux d’envergure qui sont si attendus par les usagers de cette portion de la route 389. Il y aura de l’action sur le terrain. Votre gouvernement met tout en œuvre pour réaliser, dans les meilleurs délais [sic], ce projet qui améliorera grandement cette infrastructure » confie le ministre Bonnardel. Selon le ministre Julien : « L’ensemble du programme d’amélioration de la route 389 entre Fermont et Baie-Comeau vise en premier lieu l’amélioration de la sécurité routière pour l’ensemble des usagers, tout en favorisant le développement du territoire nordique québécois. C’est donc un bénéfice dont tous les Québécois et les Québécoises pourront profiter »,
poursuit le ministre Julien.

Partenariat autochtone

Le ministre Lafrenière explique : « Le partenariat avec la communauté d’Uashat-Maliotenam est primordial. Ses membres seront appelés à participer aux projets sous plusieurs facettes et apporteront des retombées économiques pour l’ensemble de la région. Le projet A, qui bénéficie de l’appui du milieu, sera une belle réalisation en collaboration avec la communauté. » Le chef du Conseil innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam, Mike Mckenzie, est heureux que ce projet de développement entraîne des retombées économiques importantes pour la communauté innue et ses entreprises tout en leur permettant de démontrer leur savoir-faire.

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Publié le 26 avril, 2021, dans la publication : Numéro_08 Volume 39

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Publié sur le site le 26 avril 2021

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Élections provinciales au Labrador

Le député néodémocrate obtient un second mandat

par Éric Cyr

Source photo : Marcie Brown

Le député du Nouveau parti démocratique (NPD), Jordan Brown, qui avait gagné par seulement deux voix après un recomptage judiciaire en 2019, a été réélu pour représenter le Labrador Ouest par la moitié des voix lors des récentes élections provinciales à Terre-Neuve-et-Labrador qui se sont tenues par la poste à cause de la pandémie. Il a cumulé plus de votes que ces deux plus proches rivaux réunis en récoltant un total de 1359 voix contre 780 (29 %) pour l’aspirant libéral, le maire démissionnaire de Labrador City, Wayne Button, et 577 (21 %) pour le candidat conservateur, un ancien ministre des Transports et des Travaux publics de ce parti qui avait également dû démissionner, Nick McGrath.

Le député sortant Jordan Brown, qui avait, par sa mince victoire lors des élections précédentes, forcé le premier ministre de l’époque, Dwight Ball, à se contenter d’un gouvernement libéral minoritaire, a obtenu cette fois-ci une majorité confortable de 579 votes sur le postulant libéral local. Les électeurs de la province ont tout de même réélu le gouvernement libéral de son successeur Andrew Furey par une très faible majorité de 22 sièges sur 40. Un total de 2716 citoyens du Labrador Ouest a exercé son devoir de citoyen avec un taux de participation considérablement réduit par rapport au suffrage précédent. Ce phénomène est explicable en grande partie par les tergiversations nécessaires pour se procurer un bulletin de vote par la poste, ce qui en a découragé plusieurs et a grandement accru la difficulté de se prononcer lors du scrutin.

L’élu du Labrador Ouest confie :

« J’ai travaillé fort afin d’être réélu et j’ai obtenu la confiance des électeurs pour un nouveau mandat de quatre ans. Je suis très heureux des résultats et j’ai l’intention de continuer à représenter de mon mieux les intérêts des citoyens du Labrador Ouest en mettant l’accent sur les dossiers prioritaires pour la région avec comme objectif de les mener à terme. Je songe notamment à la pénurie de résidences et à l’accessibilité au logement abordable pour les personnes à faible revenu qui ont de la difficulté à assumer le prix élevé d’un loyer et qui doivent parfois même se résigner à déménager ailleurs. Je pense aussi à l’absence d’une résidence pour aînés. Le nombre de personnes âgées augmente et certains, dont la santé est plus fragile et nécessite un suivi médical, doivent se contenter de seulement 14 unités de soins de longue durée à l’hôpital local. Il y a également le programme de transport médical qui devrait être revu et bonifié puisqu’il n’est pas adapté à la réalité des gens d’ici et il ne fonctionne pas pour les gens du Labrador. » M. Brown considère que ces deux premières années en politique ont été une excellente expérience d’apprentissage et maintenant qu’il connaît bien les enjeux locaux il veut se concentrer sur les grands problèmes qui doivent être abordés et résolus.

« Je remercie les résidents du Labrador Ouest de leur soutien et de leur confiance. Ceux qui me connaissent savent que je ne me cache pas dans mon bureau. Je peux vous assurer que je serai toujours disponible pour écouter les préoccupations et les doléances des citoyens que j’invite d’ailleurs à me contacter. Je serai ravi de les rencontrer afin de répondre à leurs questions. »

Labrador multicolore

Quatre formations politiques qui sont représentées dans cette province ont ravi les quatre circonscriptions du Labrador soit le néodémocrate Jordan Brown (50 %) au Labrador Ouest, Lela M. Evans du Parti conservateur (88,8 %) dans les Monts Torngats, un candidat indépendant récemment exclu du cabinet libéral, Perry Trimper (49,9 %) pour Lac Melville (Happy-Valley-Goose-Bay) et la ministre libérale Lisa V. Dempster (95,2 %) dans Cartwright-L’Anse-au-Clair.

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Publié le 12 avril, 2021, dans la publication : Numéro_07 Volume 39

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Publié sur le site le 12 avril 2021

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Résidus radioactifs

Le Labrador ciblé en cachette pour l’entreposage de déchets nucléaires

par Éric Cyr

Source photo : Pixabay

Un reportage de l’émission d’affaires publiques Enquête, du diffuseur Radio-Canada, a dévoilé l’implication en douce de l’ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien, dans un projet ultra secret inédit d’importation et d’enfouissement de déchets nucléaires étrangers hautement radioactifs au Labrador dont l’origine de la démarche devait rester confidentielle.

Les journalistes d’enquête ont étoffé le documentaire de preuves issues d’échanges de courriels, en 2019 et en 2020, entre les principaux intéressés notamment des hauts responsables japonais et américains associés à des sociétés privées et liés dans l’ombre à des facilitateurs canadiens par cette entente clandestine d’importation et d’entreposage de déchets nucléaires, des matières extrêmement dangereuses et radioactives, en provenance de l’étranger. Ces derniers qui incluent des acteurs influents du milieu politico-industriel du Japon, qui souhaitent à tout prix éviter une fuite d’informations dans la sphère publique, parlent de la construction « d’un dépôt de portée mondiale pour la livraison et le stockage sécuritaire des combustibles nucléaires usés » dont l’existence doit demeurer secrète.

Plan secret démasqué

La vérité est finalement dévoilée au grand jour grâce au méticuleux travail des journalistes.

« Les Japonais sont très intéressés par un dépôt géologique en profondeur dans le bouclier précambrien au Canada », peut-on lire dans l’une de ces correspondances électroniques.

Ce n’est pas tout, les instigateurs de la démarche discrète d’importation de combustibles irradiés sont de connivence avec le bonze libéral qui agit à titre d’avocat-conseil pour le cabinet d’avocats pour lequel il travaille auprès des promoteurs du projet, des hommes d’affaires nippons et américains qui lorgnent du côté du granit sec du Labrador qu’ils considèrent comme parfait pour l’utilisation qu’ils souhaitent en faire. L’ex-chef de l’État canadien plaide pour faire du pays une destination permanente privilégiée pour les déchets nucléaires mondiaux et vante le roc dur de ce territoire qui n’a jamais eu aucun tremblement de terre à sa connaissance, ce qui en fait à ses dires un endroit idéal pour effectuer des forages et aller y déposer les déchets nucléaires à 5000 pieds dans le sol.

Accès au pouvoir

L’ancien politicien, qui a reconnu qu’il a abusé de son titre d’ancien dirigeant, mais nié le fait qu’il serait le conseiller de confiance de l’actuel premier ministre Justin Trudeau dans les grandes décisions stratégiques, a aussi démenti faire du lobbying. Il a pourtant été aperçu se dirigeant vers la réunion du conseil des ministres après la réélection de Trudeau fils. Dans ce reportage, M. Chrétien affiche un manque de considération, voire du mépris, pour les citoyens des territoires nordiques concernés en laissant entendre qu’il est préférable de choisir le Labrador plutôt que Montréal pour un tel projet et n’a aucun remords à léguer un problème qui pourrait survenir dans 10 000 ans aux politiciens de l’avenir. Ce dernier croit que le Canada, qui vend de l’uranium, aurait une responsabilité dans le stockage des résidus radioactifs.

Ramifications

Selon les informations contenues dans le reportage, une entreprise américaine, Tera Volt, est impliquée dans le processus. Quelle coïncidence, Greg Mercer, le chef de cabinet de l’ex-premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, le libéral Dwight Ball, était lobbyiste pour cette compagnie avant sa carrière politique. Bien que son successeur du même parti, Andrew Furey, ait déclaré, après que la nouvelle a été rendue publique, qu’il n’y a aucune possibilité que le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador approuve un projet secret qui verrait des déchets nucléaires entreposés au Labrador, le député néodémocrate du Labrador Ouest, Jordan Brown, exige que Furey passe de la parole aux actes en déposant un projet de loi qui étayerait ses déclarations par une interdiction pure et simple de stocker ces matières radioactives sur ce territoire. Une fois la stupéfaction passée, un groupe de citoyens en colère du Labrador composé de détracteurs qui s’opposent fortement à cette idée s’est rapidement organisé et a lancé la page Facebook : Labradorians Against Any Proposed Nuclear Waste Dump in the Big Land.

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Publié le 12 avril, 2021, dans la publication : Numéro_07 Volume 39

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Publié sur le site le 12 avril 2021

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Pandémie

Le Labrador passe au rouge

par Éric Cyr

Source photo : Pixabay

Le Labrador Ouest est passé au niveau d’alerte 5 (zone rouge), le 12 février dernier à la suite d’une décision du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador liée à une importante éclosion de cas du variant britannique de la Covid-19 sur l’île de Terre-Neuve dans la région de Saint-Jean, la capitale. La situation a aussi modifié la tournure des élections prévues dans cette province, le 13 février dernier, en retardant le scrutin et en obligeant les citoyens à voter par la poste.

Bien qu’aucun cas de Covid-19 n’ait été répertorié à ce jour au Labrador Ouest, le gouvernement de cette province a choisi l’approche mur à mur, comme le Québec l’avait fait auparavant, en décidant de mettre toutes les régions dans le même panier en les plongeant en zone rouge. Le niveau d’alerte 5 comporte des mesures de santé publique visant à protéger la population et de nouvelles ordonnances ont été instaurées pour les villes de Labrador City et de Wabush. Les citoyens de ces localités, ainsi que ceux de Fermont, qui font partie de la bulle nordique d’exception, doivent respecter les récentes directives adoptées par le cabinet Furey. Ces règles s’appliquent aux résidents de Fermont quand ils visitent les deux villes minières frontalières avoisinantes.

Nouvelles consignes pour le Labrador Ouest

-Rester à la maison autant que possible, sauf pour acheter des produits essentiels comme l’épicerie et les médicaments.

-Limiter le contact avec les autres à votre bulle familiale immédiate.

-Si vous avez des symptômes relatifs à la Covid-19, contacter le numéro de téléphone 811.

Espaces publics et rassemblements :

1. Les rassemblements de plus de cinq personnes sont interdits.

2. Les funérailles, les veillées et les visites sont interdites. Les enterrements et les mariages sont limités à cinq personnes au maximum, célébrant compris.

Activités récréatives :

1. Les campings des parcs municipaux et privés sont fermés.

2. Les équipements de jeux dans les parcs municipaux sont fermés.

3. Les salles de sport et de remise en forme sont fermées, y compris les studios de yoga, les installations de tennis et de squash et les arénas.

4. Les studios de danse et les salles de spectacle sont fermés.

5. Les activités de plein air, y compris la marche, la randonnée ou le vélo, sont encouragées tant que la distance physique peut être maintenue et que vous n’êtes pas obligé de vous isoler pour quelque raison que ce soit.

Services de santé :

1. Les cliniques de santé privées sont fermées, à l’exception de celles des médecins et des infirmières-praticiennes.

2. Les cliniques fermées peuvent offrir des soins urgents émergents et des solutions de remplacement virtuelles peuvent être offertes pour les soins non urgents.

3. Des restrictions relatives aux visiteurs dans les installations de santé sont en vigueur.

4. Des règlements ont été implantés en ce qui concerne les établissements de soins de longue durée, les foyers pour aînés et les résidences de personnes âgées.
Les autorités sanitaires régionales ont reporté ou annulé certains services de santé.

Entreprises et services :

1. Les magasins de détail qui ne fournissent pas de services essentiels à la vie, à la santé ou à la sécurité des personnes et des animaux sont fermés, mais peuvent offrir des ventes en ligne et par téléphone avec des options de livraison ou de ramassage.

2. Les magasins de détail autorisés à rester ouverts ne peuvent vendre des billets de loto à gratter ou à ouvrir en magasin.

3. Les restaurants sont fermés pour les repas sur place. Cependant les plats à emporter, la livraison et le service au volant sont toujours autorisés.

4. Les bars et les salons sont fermés.

5. Les cinémas sont fermés.

6. Les établissements de services personnels, y compris les spas, les services d’esthétique, les salons de coiffure, les salons de perçage corporel, de tatouage et de bronzage sont fermés.

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Publié le 1 mars, 2021, dans la publication : Numéro_04 Volume 39

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Publié sur le site le 1 mars 2021

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Motoneige

La course Cain’s Quest reportée

par Éric Cyr

La course internationale d’endurance à motoneige Cain’s Quest, qui est reconnue comme l’une des plus longues et des plus difficiles au monde et dont le départ et l’arrivée se font à Labrador City, a été annulée pour 2022 en raison de la pandémie. La décision de repousser à 2023 le défi bisannuel d’envergure mondiale qui s’échelonne sur plus de 3000 kilomètres a été récemment rendue publique dans un communiqué de presse diffusé, le 1er février dernier, sur la page Facebook de l’événement.

Le comité organisateur explique que la santé et la sécurité des bénévoles, des participants et du public sont une priorité et qu’une manifestation de cette ampleur, qui attire de grands rassemblements et qui nécessite une année de planification et de préparation, doit considérer plusieurs facteurs afin d’assurer le succès et la pérennité de l’événement. L’incertitude relative à la situation actuelle entourant la Covid-19, qui constitue un risque réel, a pesé lourd dans la décision qui n’a pas été prise à la légère et qui a aussi tenu compte du temps nécessaire aux coureurs pour se préparer à l’épreuve sportive qui attire tous les deux ans des centaines de participants, du personnel de soutien et des partisans dans plusieurs communautés du Labrador.

Le président de Cain’s Quest, Chris Lacey, confie que c’est une décision difficile, mais nécessaire puisqu’il est dans l’intérêt de tous de reporter la rencontre biennale entre autres afin d’éviter les risques de propagation du coronavirus et des efforts et des frais inutiles à certaines équipes d’autres provinces et d’autres pays qui se déplacent parfois un an à l’avance afin de préparer leur participation qui nécessite une importante logistique et une organisation exemplaire, notamment pour le repérage et l’expédition de matériel. Celles-ci seraient désavantagées puisqu’elles ne peuvent actuellement le faire compte tenu de la fermeture de la frontière du Labrador aux non-résidents.

Partie remise

Ce n’est que partie remise pour cette aventure hors-piste unique de calibre international qui a gagné en popularité depuis sa création en 2006 et dont le degré de difficulté élevé exige une détermination, une discipline et une ténacité hors pair et qui propose un parcours unique dans certaines des régions les plus reculées du vaste territoire sauvage du Labrador à travers des conditions climatiques changeantes et extrêmes qui vont de la neige épaisse, des lacs gelés à des zones boisées.

Selon M. Lacey, ce report permettra cependant aux organisateurs de donner de la formation et de consulter les bénévoles dans les différentes communautés afin d’améliorer le concept de la course et de préparer un retour en force en 2023.

L’édition de 2020 a attiré un nombre record de compétiteurs en provenance de deux continents, soit d’Amérique du Nord et d’Europe, notamment du Maine et de l’Alaska aux États-Unis ainsi que de Suisse et de Laponie en Finlande. Des équipes de motoneigistes de plusieurs nationalités composant 48 équipes de deux coéquipiers, incluant pour la première fois deux équipages féminins et des représentants de quatre nations autochtones (Cris, Naskapis, Innus, Inuits), ont enfourché leurs bolides rugissants et se sont élancées du fil de départ par paires sous le vrombissement des moteurs et les applaudissements des spectateurs. La tenue du Cain’s Quest, qui n’a été annulée qu’à une seule autre reprise en raison du climat trop chaud, constitue une période très occupée dans l’Ouest du Labrador et coïncide avec un achalandage touristique accru qui injecte des sommes importantes dans l’économie de l’endroit et notamment pour les hôtels qui affichent complet ainsi que pour les restaurants.

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Publié le 1 mars, 2021, dans la publication : Numéro_04 Volume 39

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Publié sur le site le 1 mars 2021

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vendeur itinérant

Nomadisme jusqu’à Fermont

par Éric Cyr

Légende photo : Guy Simard accueille les clients et les passants avec un grand sourire.

Originaire du Saguenay, Guy Simard a sillonné les routes du Québec et du Nouveau-Brunswick durant de nombreuses années dans le cadre de son travail de vendeur itinérant. Après avoir beaucoup voyagé et parcouru de vastes et magnifiques territoires, c’est Fermont qu’il a choisi comme résidence secondaire et où il pose ses pénates quelques mois par année.

Avec plus d’un demi-siècle au compteur, ce n’est pas la fatigue qui l’a poussé à s’établir dans le Nord québécois, mais bien l’amour de ce lieu, des grands espaces, et l’hospitalité de ses gens. Il a appris le métier il y a près de trois décennies avant de croiser chez son fournisseur à Québec un compétiteur, René Leblanc. Ce dernier, qui se préparait à prendre sa retraite, a offert de lui vendre son commerce et son circuit et de l’accompagner pour lui montrer le parcours, l’aider à se familiariser avec la clientèle et lui présenter ses contacts. C’est donc cette rencontre fortuite qui a stimulé la fondation de l’entreprise Les Aliments Guy Simard. Il reste toujours en contact avec celui qui lui a appris l’anglais, ce qui lui a été fort utile puisqu’il devait se déplacer jusqu’au Labrador. Les deux hommes ont finalement travaillé 5 ans ensemble. « Je n’apprends pas vite », confie M. Simard en riant.

Il se remémore la première fois où il est arrivé à Fermont en décembre sous un froid sibérien. Il portait seulement une veste Louis Garneau et de petits souliers. Un policier l’apercevant ainsi vêtu le taquine en lui disant : « T’es habillé pour aller souper en ville. » Lors de son retour en février suivant, il s’était procuré un manteau arctique Canada Goose et des bottes de motoneige.

Avec son allure de dur à cuire, il pourrait à premier abord sembler intimidant, mais quiconque lui parle s’aperçoit rapidement qu’il cache derrière son sens de l’humour une grande sensibilité. « Quand j’ai décidé de m’investir plus sérieusement à Fermont, il y avait une problématique de logement et c’est un ami qui m’a offert l’hébergement sur place afin de me donner une chance de dénicher quelque chose qui me conviendrait », explique-t-il d’un timbre de voix grave et rauque. Celui-ci poursuit sur un ton moqueur : « Il ne prenait pas pour la même équipe de hockey que moi alors j’ai décidé de déménager. »

Guy Simard a finalement eu une occasion en 2016 d’acheter une maison mobile au parc de roulotte qu’il a entièrement rénovée. Il y affiche des tableaux d’artistes locaux et des photos de son chien et de ses chats, ses bébés. « Je me suis fait un petit nid douillet où je me sens chez moi et où je peux accueillir des amis. Je me suis bien intégré à la communauté que j’estime particulièrement. Je trouve les gens sympathiques. C’est d’ailleurs l’accueil chaleureux qui m’a incité à prendre la décision de m’établir ici. »

Bien qu’il réside à Fermont en moyenne six mois par année, M. Simard ne se considère pas comme un citoyen par intermittence. Il participe activement à la vie municipale et s’investit dans certains organismes communautaires locaux. « J’adore Fermont. Heureusement que ma blonde, la belle Nancy, est compréhensive, mais quand je monte dans le Nord, c’est un peu des vacances pour elle. Il y a aussi le climat hivernal rigoureux qui me fige tellement que ça m’aide à conserver mon air de jeunesse », lance-t-il à la blague.

Comme tout bon citoyen local, il est écœuré du piteux état de la route 389. Il se déplace maintenant en avion et fait livrer sa marchandise.

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Publié le 24 août, 2020, dans la publication : Numéro_13 Volume 38

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Publié sur le site le 24 août 2020

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Aéroport de Wabush

Le couperet fédéral est tombé

par Éric Cyr

En plus de devoir composer avec le récent retrait d’Air Canada de l’aéroport de Wabush au Labrador, qui suscite le mécontentement, les citoyens des localités minières de Fermont, de Labrador City et de Wabush, ainsi que des nombreux utilisateurs de ce terminal aérien, ceux-ci devront digérer la décision du ministère des Transports du Canada qui a démantelé les services d’urgence-incendie qui y étaient rattachés, le 7 août dernier, malgré une forte opposition locale.

Des professionnels du domaine croient que Transports Canada met la vie des passagers en danger. Cette décision arbitraire est dénoncée par une majorité d’intervenants politiques et socio-économiques de la région incluant le député provincial du Labrador Ouest, le néodémocrate Jordan Brown et les maires de Labrador City et de Wabush, Fabian Benoit et Ron Barron. La députée fédérale du Labrador, la libérale Yvonne Jones s’est pour sa part faite discrète. Il faut dire que c’est le gouvernement Trudeau dont elle fait partie qui a pris cette initiative et qui n’a pas non plus levé le petit doigt dans le dossier du récent départ du transporteur aérien national qui a choisi de délaisser les aéroports régionaux de plusieurs régions du Québec et au Labrador Ouest.

Coup sur coup

Ces deux épreuves successives ne passent pas du tout au sein de la population isolée prise en otage et qui doit utiliser le transport par avion lors d’évacuations médicales d’urgence, pour des consultations de spécialistes de la santé, pour des voyages d’agrément, des vacances, ou pour le travail. Plusieurs critiques dénoncent la situation et jugent que l’interruption de ce service, basé selon eux sur une politique fédérale qui utilise dans ce cas-ci des statistiques désuètes, repose sur des données incomplètes qui ne reflètent pas la réalité actuelle et qui ne tiennent pas compte de l’achalandage accru lié à la vitalité du monde minier.

Le pompier Ryan Connolly qui a travaillé au sein de ce service d’urgence-incendie affirme que la suppression de celui-ci met les passagers et les équipages atterrissant et décollant de Wabush à risque. Selon ce dernier, des professionnels spécialisés et formés dans ce genre particulier d’intervention doivent être sur place et prêts à intervenir rapidement en cas d’urgence. Il explique qu’il n’y a pas que dans le cas d’un écrasement d’aéronef que les pompiers peuvent faire toute la différence, mais aussi lorsqu’un incendie de moteur se déclare ou lors d’un déversement de carburant qui s’enflamme. Chaque seconde compte pour sauver des vies et le laps de temps d’intervention est primordial. Le type de carburant utilisé dans les avions brûle très rapidement et les flammes se comportent de façon agressive, il est donc essentiel que des pompiers soient physiquement sur les lieux et constamment sur le qui-vive afin de parer une éventuelle tragédie humaine en contrôlant les facteurs pouvant l’engendrer notamment les flammes qu’ils doivent tenter de maîtriser dès le début afin que le feu ne se propage pas aux sorties de l’appareil.

Vies humaines et statistiques

Transports Canada indique que le volume de passagers requis annuellement pour que les services d’incendie soient obligatoires dans une installation aéroportuaire est de 180 000 passagers et juge que ce seuil ne serait pas atteint à Wabush et en diminution depuis 2014 selon ses calculs. Il n’y aurait donc aucune obligation réglementaire de fournir ce service.

Données discutables

Le député Jordan Brown et le Syndicat des Métallos remettent en question les données de Transports Canada et sont plutôt convaincus que le trafic aérien aurait en fait considérablement augmenté avant la pandémie et que les chiffres dont s’inspire Transports Canada sont désuets, erronés et datent de plusieurs années. Les interventions qui prenaient auparavant en moyenne 3 minutes avant l’arrivée des premiers répondants sur la piste pourront dorénavant s’étirer d’au moins une quinzaine de minutes et plus avant que les secours les plus proches ne puissent agir. Les pompiers avoisinants ont organisé un défilé d’adieux en hommage à leurs confrères lors de leur dernière veille et ont activé les sirènes en passant en avant de l’aérogare.

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Publié le 24 août, 2020, dans la publication : Numéro_13 Volume 38

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Publié sur le site le 24 août 2020

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Une frontière fragile

Une frontière fragile

par Éric Cyr

Source photo : CDC

La peur de la propagation du virus de la Covid-19 (coronavirus) suscite les inquiétudes et bien qu’aucun n’ait été encore répertorié tant au Labrador Ouest qu’à Fermont et sur la Côte-Nord, la décision a été prise, le 20 mars dernier, par le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador d’obliger ceux qui traversent la frontière entre le Québec et le Labrador à s’isoler pour une période de 14 jours.

Selon des publications du député provincial néo-démocrate du Labrador Ouest et de la députée fédérale libérale du Labrador, Yvonne Jones, certaines exemptions à ce confinement obligatoire émises le lendemain s’appliquent toutefois pour les résidents des villes frontalières de Fermont et de Blanc-Sablon en Basse-Côte-Nord qui peuvent franchir la frontière sans avoir à se soumettre à ces nouvelles directives dans certains cas particuliers notamment des déplacements jugés essentiels par exemple pour se rendre à un rendez-vous médical en avion, pour le travail ou pour aller chercher des denrées essentielles qu’ils ne peuvent se procurer dans leur localité. Les conducteurs professionnels (camionneurs) transportant des marchandises de première nécessité, comme la nourriture, sont aussi exemptés de ces mesures tout comme huit travailleurs essentiels du chemin de fer Western Labrador Railway qui dessert Minerai de fer Québec (MFQ) et Tata Steel afin d’assurer le service. Ceux-ci seront transportés par avion et par la suite directement sur le chantier.

Les minières Rio Tinto IOC (Labrador City), Tacora Resources (Wabush) et Tata Steel (Schefferville) ont arrêté temporairement toutes les activités de travailleurs aéroportés (Fly-in/Fly-out appelés aussi FIFO). Si ces entreprises ont besoin d’un travailleur essentiel qui doit être transporté par avion, elles devront obtenir le consentement du médecin-chef de Terre-Neuve-et-Labrador qui leur transmettra une dérogation. MFQ, qui exploite la mine de fer du lac Bloom à proximité de Fermont au Québec, a reçu une exemption qui a été émise, le 21 mars, à la suite de l’assurance d’avoir adopté des dispositions jugées adéquates et suffisantes afin d’éviter une propagation du virus.

Celle-ci stipule que ses employés doivent se déplacer à bord de vols nolisés avec un maximum de 25 passagers par avion et que tous les travailleurs à bord ont au préalable subi une évaluation médicale avant leur départ incluant une déclaration médicale et un contrôle de température corporelle. Une infirmière devra accompagner ceux-ci durant le vol. Un autobus ira à la rencontre de chaque avion affrété transportant cette main-d’œuvre afin de faire monter les travailleurs utilisant cette navette aérienne directement sur le tarmac (piste) sans passer par le terminal afin de les transporter sur leur lieu de travail sans transiger par des lieux publics. Un médecin devra être sur place à leur arrivée en cas de nécessité.

Le même scénario s’applique pour l’embarquement lors du vol de retour qui se fera également sur le tarmac de l’autobus vers l’avion. Les travailleurs issus de ce mode de transport aérien employés par des entrepreneurs ou entreprises privées du Labrador Ouest devraient aussi obligatoirement s’auto-isoler en arrivant avant de pouvoir aller travailler. ArcelorMittal n’avait obtenu aucune exemption et devait donc obéir à la nouvelle règlementation, mais des pourparlers se poursuivaient à ce sujet au moment de mettre sous presse.

Selon les nouvelles indications, les voyageurs qui sont sortis du territoire de cette juridiction provinciale et qui reviennent par avion ou par route devront s’isoler durant une période de 14 jours à leur retour dans cette province. Des amendes peuvent être données pour les personnes et sociétés (compagnies) reconnues coupables d’avoir enfreint ces ordonnances.

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Publié le 30 mars, 2020, dans la publication : Numéro-06 Volume 38

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Publié sur le site le 26 mars 2020

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