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    Pandémie

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Pandémie

Une vaccination clairsemée

par Éric Cyr

Le début de la campagne de vaccination pour les citoyens autres que les travailleurs de la santé et les résidents des hôpitaux, centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et résidences pour aînés (RPA) s’est amorcé sur la Côte-Nord, le 21 janvier dernier, alors que les premiers patients de 80 ans et plus de Sept-Îles étaient accueillis. La semaine suivante, c’était au tour de Baie-Comeau. Les résidents de tous les CHSLD de la région qui le désiraient ont été vaccinés. La cadence a quelque peu ralenti par la suite à cause du fournisseur Pfizer qui a arrêté ses livraisons de vaccins au pays durant une semaine.

Selon le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord, la vaccination a été élargie partout sur la Côte-Nord, incluant les territoires isolés et éloignés qui ont reçu le vaccin de la compagnie Moderna. Le vaccin était d’abord offert aux travailleurs de la santé qui sont en contact étroit avec les usagers et d’autres clientèles s’ajouteront au fil des semaines : « Des cliniques de vaccination destinées à la population seront organisées prochainement ailleurs sur le territoire en fonction de la disponibilité des vaccins. Dans chaque milieu, la vaccination s’effectuera en respectant la priorisation des groupes à vacciner telle qu’établie par le ministère de la Santé et des Services sociaux et des vaccins sont distribués partout sur la Côte-Nord. Jusqu’à maintenant, plusieurs doses de vaccins contre la COVID-19 ont été administrées dans la région. »

Pour Fermont et Schefferville

Le conseiller en communications à la Direction des ressources humaines, communications et affaires juridiques au CISSS de la Côte-Nord, Pascal Paradis, n’a pas approfondi plus en détail sur la situation à Fermont malgré une demande d’information additionnelle du journal Le Trait d’union du Nord. Il n’a pas répondu aux questions suivantes : quelles sont les dates où se sont tenues les séances de vaccination localement ? Quel est le nombre de personnes vaccinées ? Est-ce que ces personnes sont toutes des professionnels de la santé ou du domaine médical ? Y a-t-il eu où y a-t-il des vaccins prévus pour les personnes plus vulnérables comme celles atteintes du cancer ou de maladies chroniques localement et si oui quelles sont les dates ?

Pour seule réponse, il a expliqué : « Nous n’avons pas plus d’information à communiquer que ce que nous avons déjà transmis. Pour Fermont, ce sont les travailleurs de la santé qui sont visés en priorité. Nous ne donnons pas l’information sur le nombre de doses par secteur. Il faut se référer aux données provinciales qui sont présentées par région. »

Ce dernier invite les citoyens à aller consulter le site internet : https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/a-z/coronavirus-2019/situation-coronavirus-quebec/donnees-sur-la-vaccination-covid-19/#c81574. Selon ce site, 6358 doses de vaccins avaient été administrées sur la Côte-Nord, au moment de mettre sous presse.

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Publié le 1 février, 2021, dans la publication : Numéro_02 Volume 39

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Publié sur le site le 1 février 2021

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Des reculs indécents dans le secteur industriel

Projet de loi no 59 sur la réforme de la santé et sécurité du travail

par Dominic Lemieux, Directeur québécois du Syndicat des Métallos (FTQ)

Source photo : Pixabay

Très attendue, la réforme du régime de santé et sécurité du travail s’avère une amère déception. Le projet de loi no 59, à l’étude en commission parlementaire, amènerait un glissement vers une prévention de façade dans le secteur industriel. On affaiblit la capacité de contraindre les employeurs à rendre les milieux de travail sécuritaires.

Les mines et plusieurs usines du secteur industriel lourd étaient de vraies tue-monde avant que les travailleurs et les employeurs ne réfléchissent et n’agissent ensemble en prévention. Ça a fonctionné : le nombre de décès [encore trop élevé] a diminué, les accidents graves aussi. La clé du succès ? La participation des travailleurs eux-mêmes aux solutions et leur capacité à amener les employeurs à apporter des correctifs.

Plutôt que d’étendre à tous les milieux de travail des mécanismes de prévention qui ont fait leurs preuves pour 11,6 % des travailleurs, Québec les affaiblit. Cette réforme multiplie les reculs dans les milieux de travail les plus dangereux : moins de prévention, plus de pouvoir aux employeurs et moins de décisions conjointes, des embûches à la reconnaissance des lésions professionnelles et aux retraits préventifs des travailleuses enceintes, retour au travail forcé avant même la guérison…

De l’autre côté, cela n’améliore guère le sort des travailleuses et travailleurs qui n’étaient pas assujettis aux mécanismes de prévention. Quel cynisme que de considérer le milieu de la santé comme étant à « faible risque », en cette période de pandémie, ce qui dispense l’État employeur d’un vrai travail de fond en prévention !

Des incohérences !

Dans le projet de loi, les exigences en matière de prévention sont établies en fonction du coût des lésions professionnelles pour les employeurs et non des dangers réels. Voilà qui nourrit l’industrie de la contestation des accidents de travail et maladies professionnelles ou encore, qui incite à contourner le régime public en référant aux assurances privées. Des milieux de travail à haut risque, comme des mines ou des usines où l’on manipule des explosifs, sont donc considérés comme à risque « moyen » ou « faible », réduisant d’autant les exigences en matière de prévention !

Partout où s’appliquaient déjà des mécanismes de prévention dans l’ancienne mouture de la loi, le temps alloué à la prévention sera systématiquement réduit. Pour comble d’insulte, une entreprise pourra unilatéralement créer un seul comité de santé et sécurité, avec un seul représentant en prévention, pour toutes ses installations au Québec. La logique même de la prévention, c’est pourtant de s’appuyer sur des représentants des travailleurs issus du plancher, qui connaissent le terrain.

La liste des incohérences est encore longue. Le médecin d’une travailleuse enceinte n’aura plus la pleine latitude afin de prescrire un retrait préventif. Un travailleur atteint de surdité pourrait voir sa demande diablement plus compliquée, tout comme celui atteint d’un cancer. L’employeur ne serait plus tenu de fournir une liste des contaminants et des matières dangereuses…

Surtout, la réforme sonne le glas du paritarisme en milieu de travail. L’employeur pourra décider seul du nombre de rencontres du comité de santé et sécurité, du choix du médecin et établir le programme de prévention selon son bon vouloir…

Québec doit retourner à la table à dessin.

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Publié le 1 février, 2021, dans la publication : Numéro_02 Volume 39

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Publié sur le site le 1 février 2021

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Projet de loi 59

Une réforme qui rate la cible

par Éric Cyr

Source photo : Pixabay

La réforme des normes de la santé et de la sécurité au travail, proposée par le gouvernement Legault, est critiquée et décriée de toutes parts et notamment par plusieurs grandes centrales syndicales et de nombreux professionnels de la santé qui dénoncent les reculs majeurs que propose cette nouvelle mouture qui était pourtant censée moderniser la santé et la sécurité au travail et qui fait plutôt paf.

Opposition intersyndicale unanime

Plusieurs syndicats ont fait front commun afin de contrecarrer les changements anticipés notamment le Syndicat des Métallos, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) qui ont uni leur voix afin de s’opposer aux modifications proposées qui, au lieu de moderniser la loi actuelle adoptée en 1979, viendront au contraire diminuer la prévention dans certains milieux de travail et réduire l’accessibilité des réclamations en cas d’accident, ce que les dirigeants syndicaux déplorent fortement.

Tirer à « boulets » rouges

Le ministre québécois du Travail, Jean Boulet, a été fortement écorché alors que les modifications proposées visant à moderniser le régime de santé et de sécurité du travail ont été lacérées durant les consultations où des intervenants ont dénoncé des failles majeures et des reculs historiques pour les travailleurs. La Fédération des médecins spécialistes (FMSQ) s’inquiète de la perte d’indépendance des médecins en éliminant la notion de prépondérance de l’avis du médecin traitant alors que l’Ordre des orthophonistes et des audiologistes reproche pour sa part au gouvernement d’écarter des données et des études scientifiques.

Des organismes de défense des droits des personnes en situation de handicap redoutent les modifications qui seraient apportées par ricochet à l’article 329 de la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP).

Fortes réactions

En résumé, il n’y a pas d’appui significatif pour les amendements envisagés par le ministère du Travail, au contraire ils suscitent de l’animosité et de vives réactions. Le Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ) a même qualifié le projet de ghettoïsation et de ségrégation sociale qui dénote une forme de capacitisme ayant des tendances à l’eugénisme. Même le Conseil du patronat du Québec (CPQ) n’est pas d’accord avec la nouvelle formule et estime que la marge de manœuvre des employeurs est considérablement réduite. Somme toute un échec monumental pour Québec qui devrait donc en toute logique revoir la métamorphose envisagée si le gouvernement ne souhaite pas une confrontation de taille avec tous les intervenants du milieu du travail.

Sur la Côte-Nord

Le coordonnateur régional des Métallos pour les régions de la Côte-Nord, de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent et des Îles-de-la-Madeleine, Nicolas Lapierre, trouve aberrant que le ministre Boulet ait choisi de présenter son projet de loi en pleine période de pandémie alors que la mobilisation des travailleurs, souvent épuisés, s’avère beaucoup plus difficile. Il redoute la dissolution des mécanismes efficaces déjà en place qui ont fait leurs preuves ainsi que la perte d’acquis en ce qui a trait aux protections en vigueur, mais promet que son syndicat luttera bec et ongles afin de défendre les intérêts de ses membres.

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Publié le 1 février, 2021, dans la publication : Numéro_02 Volume 39

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Publié sur le site le 1 février 2021

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Soins de santé spécialisés

Indemnités de déplacement bonifiées

par Éric Cyr

Le Parti québécois a obtenu un gain important pour les patients des régions éloignées à la suite de ses démarches auprès du gouvernement Legault qui s’est finalement engagé à revoir le régime désuet d’indemnisation pour les personnes devant se déplacer pour se faire soigner, d’ici l’automne, afin de l’adapter aux besoins réels.

Le gouvernement du Québec bonifiera le programme d’indemnités de déplacement pour les soins de santé qui est actuellement de 0,13 $ du kilomètre pour les patients qui ne peuvent subir une intervention médicale dans l’établissement de santé le plus proche et qui doivent se rendre dans une autre région pour recevoir des soins. C’est à la suite d’une intervention du porte-parole du Parti québécois en matière de santé, Joël Arseneau, que le nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, s’est montré favorable à une amélioration de la formule actuelle dont le montant des allocations n’a pas subi de redressement depuis 2004.

Les députés du Parti québécois, qui ont maintes fois réclamé une rectification de la compensation pour les déplacements concernant les patients des régions éloignées dans le cadre de sorties médiatiques et de questions en chambre, se réjouissent que le gouvernement se soit enfin engagé à régler la question. Que ce soit à l’ancienne ministre de la Santé, Danielle McCann, qui avait convenu de revoir les montants du programme, mais qui n’a pu concrétiser cette démarche sous prétexte de la pandémie, ou à son successeur, Christian Dubé, le Parti québécois a souvent fait valoir que les indemnités offertes aux personnes devant se déplacer pour se faire soigner étaient insuffisantes et devaient impérativement être bonifiées.

Une question de justice

Selon le député des Îles-de-la-Madeleine, le Parti québécois veillera à ce que le gouvernement de la CAQ honore sa promesse. « On ne peut plus tolérer cette situation, qui crée une iniquité à la fois entre les régions et les grands centres, mais également entre les citoyens du Québec, selon leur lieu de résidence. On va s’assurer de talonner le nouveau ministre pour que cette injustice soit corrigée. Nous ne nous contenterons pas d’une simple indexation; une refonte en profondeur du programme doit être effectuée afin que les citoyens obtiennent la pleine compensation des sommes qu’ils ont réellement engagées. » Le Parti québécois, qui invoque l’universalité du régime de soins de santé, estime que personne ne devrait avoir à payer pour se faire soigner au Québec en dénonçant le fait que le défraiement en vigueur est loin de couvrir l’entièreté des dépenses encourues par les patients et leurs accompagnateurs. Le Parti québécois réclame donc que le montant des indemnités soit au moins l’équivalent de celui offert par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail aux travailleurs accidentés vivant en région éloignée qui est de 0,45 $ du kilomètre. La députée péquiste de Duplessis, Lorraine Richard, qui a aussi fait des représentations dans ce dossier, confie : « Les habitants des régions ne devraient pas être pénalisés à cause de leur lieu de résidence. »

* À Fermont, la plupart des patients choisissent de se déplacer en avion pour leur rendez-vous avec des spécialistes notamment à cause de la longueur du trajet routier, des risques de bris de véhicule, des mauvaises conditions de la route nationale 389 et du faible taux de remboursement au kilomètre.

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Publié le 8 septembre, 2020, dans la publication : Numéro_14 Volume 38

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Publié sur le site le 8 septembre 2020

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Désenclavement de la Côte-Nord

La lutte des Nord-Côtiers s’intensifie

par Éric Cyr

Source : CSN

À la veille du dépôt du budget, les membres de la Coalition Union 138 ont récidivé en employant des moyens de pression. Ils ont tenu une nouvelle manifestation surprise destinée à accentuer leur influence sur le gouvernement Legault afin que celui-ci laisse les sommes prévues au programme québécois des infrastructures pour assurer la reprise des travaux du bureau de projet du pont à l’embouchure de la rivière Saguenay.

Toujours sans nouvelle du ministre québécois des Transports, François Bonnardel, et du ministre responsable de la région de la Côte-Nord, Jonathan Julien, dans le dossier du désenclavement de la Côte-Nord, qui fait pourtant consensus auprès des élus nord-côtiers des trois paliers de gouvernement et des chefs autochtones innus de ce territoire et qui est attendu par une vaste majorité de la population, les représentants de la Coalition Union 138 se sont déplacés, ironiquement en traversier, au bureau de circonscription de la députée caquiste de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Émilie Foster, le 17 février dernier afin de l’interpeller pour que celle-ci intervienne rapidement auprès de ses collègues afin d’obtenir de sa part des réponses positives et claires par rapport aux demandes des élus de la Côte-Nord : le parachèvement de la route 138 en Basse-Côte-Nord jusqu’à Blanc-Sablon et le maintien du bureau de projet pour un pont sur le Saguenay.

De Coalition à Coalition

Selon un porte-parole de la Coalition Union 138, le syndicaliste Guillaume Tremblay, « La députée Foster, qui a déjà résidé sur la Côte-Nord, est bien placée pour comprendre à quel point les traversiers sont un frein majeur au développement économique de cette région et pour connaître les enjeux liés à l’absence d’un lien fixe avec le reste du Québec. Nous avons fait des demandes appuyées par les préfets et les maires nord-côtiers afin de rencontrer une personne mandatée par la Coalition avenir Québec (CAQ) dans ce dossier et, à ce jour, elles ont toujours été refusées.»

« Nous en sommes donc malheureusement rendus à devoir faire des manifestations pour être entendus par le gouvernement actuellement au pouvoir. »

Conviction et ténacité

Le regroupement pour le désentravement de la région veut être certain que le message est bien compris et qu’il sera livré au gouvernement de la CAQ et demande à la députée Foster de s’assurer que les montants prévus au programme québécois des infrastructures pour la reprise des travaux du bureau de projet du pont entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine soient inclus au budget du ministre des Finances pour 2020. « Il y a urgence d’agir et le gouvernement Legault doit s’engager à livrer la marchandise. Une somme de 12 millions de dollars était réservée pour les études de faisabilité de la construction d’un pont sur le Saguenay et nous ne reculerons pas sur ce dossier. Tant que nous n’aurons pas de réponse satisfaisante concernant cet enjeu prioritaire qu’est le désenclavement de la Côte-Nord, la mobilisation et la pression vont se poursuivre et s’accentuer soyez-en assurés. Nous vous en faisons la promesse! »

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Publié le 2 mars, 2020, dans la publication : Numéro_04 Volume 38

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Publié sur le site le 2 mars 2020

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Une histoire s’écrit

De l’Afrique au Québec

par Éric Cyr

Originaire du Cameroun en Afrique centrale, où il a connu sa femme Josée, Guy Kouam a déménagé à Fermont sur la Côte-Nord avec sa famille en août 2018 afin de travailler dans l’industrie minière après avoir fait de hautes études, décroché un doctorat et fondé une entreprise.

Le parcours du père de trois enfants, tous nés au Québec, est impressionnant. Après avoir obtenu un baccalauréat en géologie de l’université de Dschang dans son pays natal, il complète une maîtrise en sciences de la terre au même établissement avant d’entamer un programme de troisième cycle (DEA) en sciences géotechniques et hydrotechniques à l’université de Yaoundé. Son mémoire de DEA « Contribution à l’étude de vulnérabilité des nappes superficielles en zone urbaine tropicale : cas du bassin versant de Mingoa-Yaoundé » a remporté le prix de la coopération belge au développement en 2004. Il transmet par la suite ses connaissances en géologie en tant que moniteur chargé des travaux pratiques et des travaux dirigés dans les deux universités. C’est en 2008 qu’il quitte le Cameroun pour la Belgique en Europe où il termine un master complémentaire en sciences et gestion de l’environnement dans les pays en développement suivi d’un doctorat en environnement à l’université de Liège au campus d’Arlon en Région wallonne. Toujours prêt à relever des défis, Guy Kouam part pour le Québec en 2011. Il fait d’abord des allers-retours entre la Belgique et le Québec pour ses travaux de recherche avant de s’établir dans la belle province de façon définitive en 2013. Sa thèse de doctorat a obtenu le prix de la Fondation pour les générations futures en 2015 (Doctoral Thesis Award for Future Generations). En 2014, il s’inscrit au baccalauréat en génie des mines à Polytechnique Montréal, dont deux sessions se déroulent à l’université McGill, et obtient son diplôme à l’automne 2017.

Dorénavant membre de l’ordre des ingénieurs du Canada, en tant qu’ingénieur « junior » et de l’ordre des géologues du Canada à titre de géologue, Guy Kouam lance sa propre boîte dénommée EnviroGéoMines et décroche un contrat pour la mine de diamants Stornoway au nord de Chibougamau dans la région de la Baie-James. Souhaitant un mode de vie plus stable, il délaisse finalement la formule du travail aéroporté semi-nomade pour s’installer à Fermont avec sa famille en août 2018, où ils habitent depuis. Guy Kouam occupe actuellement le poste d’ingénieur junior chargé de la production à la mine de fer du Mont-Wright d’ArcelorMittal et sa femme, qui a démissionné d’un poste permanent de secrétaire médicale au dispensaire diététique de Montréal pour le suivre, est à l’emploi d’Échafaudage industriel.

« Je vais à la rencontre des gens pour m’intégrer et être à l’aise. C’est à moi de m’adapter. Je veux m’investir dans la vie de la communauté. Malgré un cas isolé de racisme à l’école qui s’est vite résorbé, mes enfants sont bien ici, ils ont de bons enseignants, font du judo, de la natation, du patinage. Selon moi, il faudrait cependant songer à revitaliser Fermont pour assurer sa pérennité en diversifiant l’activité économique », confie celui qui s’est visiblement très bien intégré à sa nouvelle culture.

Le pompier à temps partiel à la caserne 12 de Fermont, depuis septembre dernier, suit actuellement des cours de l’École nationale des pompiers du Québec dispensés sur place. Il s’implique également tous les dimanches au club de soccer local, est marguiller à l’Église catholique et va poser des collets de trappe en forêt à l’occasion avec des amis. Comme tout bon Fermontois, il s’insurge contre la route 389. « La première fois que j’ai emprunté ce lien routier avec ma famille, j’ai été stupéfait de rouler sur un chemin non bituminé au Québec. L’état de cette route est lamentable, ce qui amplifie son caractère accidentogène. On est en droit de se demander à quoi servent les taxes élevées qui nous sont imposées. »

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Publié le 17 février, 2020, dans la publication : Numéro_03 Volume 38

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Publié sur le site le 17 février 2020

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Monde de l’enseignement

Délégation syndicale à Fermont

par Éric Cyr

Accompagnés de la présidente du Syndicat de l’enseignement de la région du Fer (SERF), Monica Chiasson, les présidents des deux fédérations du réseau scolaire affiliées à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) étaient de passage à Fermont, le 22 janvier dernier, dans le cadre d’une tournée de la Côte-Nord. Ils en ont profité pour aller à la rencontre de leurs membres lors de plusieurs activités liées à la négociation 2020.

La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), Josée Scalabrini, et le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), Éric Pronovost, étaient sur le terrain afin notamment de discuter des grands enjeux reliés à la négociation avec leurs membres et de bien leur transmettre la réponse patronale qui fait fit, selon eux, des demandes exprimées par la partie syndicale. Ils ont pris part à un 4 à 7 et à une rencontre syndicale portant sur les négociations.

Changer de paradigme

« C’est un cri du cœur et il y a des besoins pressants en éducation. On a cru en la possibilité d’un changement et là on s’attendait à des solutions, pas à la même façon de faire que durant le régime Couillard en 2015. On attend des gestes concrets et notamment un rattrapage salarial. On parlait de valoriser la profession d’enseignant. On demande des classes équilibrées et là il est temps de faire le point. Il est grand temps que le gouvernement écoute, entende et comprenne les enseignants. Ils en ont assez des conditions d’exercice difficiles et de la tâche de plus en plus lourde qu’ils doivent assumer et qui les éloigne de la profession qu’ils ont choisie et qu’ils aiment. Si la pénurie de professeurs est le plus grand défi de 2020 en éducation, comme le dit le ministre (de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec) Jean-François Roberge, alors on se serait attendus à plus de sérieux de sa part dans le cadre de la négociation qui commence », souligne Josée Scalabrini.

Reconnaissance et valorisation

De son côté, Éric Pronovost ajoute : « L’attraction et la rétention d’un personnel de soutien compétent passent nécessairement par de meilleures conditions de travail. Les membres du personnel de soutien, qui font partie de l’équipe-école, possèdent des compétences uniques pour assurer les services liés à l’éducation. Il est primordial que l’on s’assure de conserver ces ressources précieuses notamment par la valorisation de nos métiers et une meilleure qualité d’emploi incluant une bonification des salaires. »

Monica Chiasson conclut : « Le personnel de l’éducation a besoin de valorisation et le gouvernement doit se mettre de la partie. Il doit passer de la parole aux actes pour faire de l’éducation une véritable priorité. En éducation, il faut que ça change maintenant! »

La vice-présidente du SERF-CSQ, Sheila Leblanc, était aussi à Fermont pour l’occasion. Mme Scalabrini s’est par la suite déplacée, en présence de représentants du SERF-CSQ, à Havre-Saint-Pierre, le 23 janvier ainsi qu’à Port-Cartier et à Sept-Îles, le 24 janvier.

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Publié le 3 février, 2020, dans la publication : Numéro_02 Volume 38

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Publié sur le site le 3 février 2020

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Transports Québec

La Côte-Nord s’enclave dans les bureaux du Ministère

par Éric Cyr

Source photo : CSN

Des membres de la Coalition Union 138 et de la Société du Pont sur le Saguenay, soutenus par leurs élus, ont occupé de façon pacifique les bureaux de la direction des grands projets du ministère des Transports à Québec, le 13 décembre dernier, afin de réitérer au ministre québécois des Transports, François Bonnardel, la nécessité de poursuivre les travaux du bureau de projet de la construction d’un pont à l’embouchure de la rivière Saguenay.

La délégation nord-côtière, qui refuse de considérer la position de M. Bonnardel et juge inacceptables les réponses obtenues par le ministre lors de ses récentes déclarations, n’a pas été bien accueillie et s’est fait évincer des lieux par les policiers sans avoir pu au préalable transmettre à qui de droit ses doléances légitimes. Les représentants considèrent que le gouvernement agit de façon sournoise pour gagner du temps dans le dossier du désenclavement de la Côte-Nord. « Nous devons obtenir l’assurance que les travaux du bureau de projet pour le pont sur le Saguenay reprennent de la façon initialement convenue et annoncée par l’ancien gouvernement libéral » explique le porte-parole de la Coalition Union 138, Guillaume Tremblay. « On ne demande pas à monsieur Bonnardel de construire un pont. On lui demande tout simplement de poursuivre l’étude déjà débutée pour ensuite prendre une décision éclairée dans l’intérêt des contribuables québécois », souligne à son tour le président de la Société du Pont sur le Saguenay, Marc Gilbert.

Conviction et détermination

Le front commun, qui était accompagné des préfets des MRC de Charlevoix-Est et de Manicouagan (Baie-Comeau) ainsi que du maire de Sept-Îles, dénonce le fait que la Côte-Nord est recluse depuis trop longtemps et qu’il est impératif pour la région de conserver son seul acquis dans le dossier du désenclavement de son territoire en s’assurant de la reprise des travaux du bureau de projet, qui était inscrit au programme québécois des infrastructures et que le gouvernement Legault s’était engagé à maintenir lors de la dernière campagne électorale.

Par cette action engagée à Québec, dans un endroit symbolique qu’est le bureau des grands projets du MTQ, la Côte-Nord réaffirme de façon claire et sans équivoque au gouvernement qu’elle espère obtenir un soutien et une collaboration réelle et qu’il démontre véritablement de la considération pour les citoyens et les citoyennes de la région.

« Monsieur Bonnardel dit comprendre nos préoccupations, il doit maintenant le démontrer et ordonner la poursuite des travaux et le désenclavement de la Côte-Nord. C’est un signe inquiétant de constater qu’on n’est pas capable de parler à personne. On ne demandait même pas un pont, mais juste un appel d’offres pour lancer une étude de faisabilité. Ce qu’on en tire comme constat, c’est que le gouvernement n’a pas du tout l’intention d’aller de l’avant dans ce dossier. Ça en dit long et ça démontre qu’il va falloir se serrer les coudes et qu’on devra inévitablement se mobiliser comme région », a conclu le syndicaliste Guillaume Tremblay.

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Publié le 20 janvier, 2020, dans la publication : Numéro_01 Volume 38

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Publié sur le site le 20 janvier 2020

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Transport médical

Des tragédies évitables?

par Éric Cyr

Source photo : salon funéraire J.F. Fortin

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord tente d’élucider les circonstances ayant mené à la mort d’un enfant de deux ans, Olivier Dégarie-Cyr, qui a été traité par des médecins au Centre de santé de Fermont avant d’être transféré par avion au Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL) à Québec afin d’obtenir un diagnostic plus approfondi et où son décès a malheureusement été constaté, le 5 octobre dernier. Un coroner, Donald Nicole, fait également enquête dans ce dossier.

Selon les parents, les résultats de l’autopsie auraient révélé une malformation intestinale rare et difficile à détecter qui n’était pas connue et qui aurait provoqué de graves complications. Ils s’interrogent cependant à savoir s’il aurait été possible de transférer leur petit garçon vers l’hôpital voisin le plus proche situé à Labrador City. Et, si l’issue fatale avait pu être évitée sans l’important délai de près de douze heures qui s’est écoulé entre la consultation de leur fils à l’établissement de santé de Fermont et son admission à l’institution médicale spécialisée à Québec où le bambin aurait rendu son dernier souffle une quinzaine de minutes après son arrivée.

Un doute subsiste

Et si le petit avait pu être sauvé? La mère, Stéphanie Dégarie, enceinte d’un troisième enfant, a écrit une lettre touchante publiée sur les réseaux sociaux, véritable cri du cœur décrivant le drame cauchemardesque que la famille a vécu. Elle y dénonce le fait que malgré l’état instable de son fils et l’autorisation de le transférer au CHUL à Québec vers 16 h 30, l’avion n’aurait décollé qu’aux alentours de minuit trente, soit quelques huit heures plus tard, et le petit garçon n’aurait finalement été vu par des spécialistes qu’à 4 h du matin. La raison de ce délai important n’est pas précisée.

Améliorations nécessaires

Ce n’est pas la première fois que des problèmes de transport médical surviennent sur la Côte-Nord.

Un autre cas particulier qui a retenu l’attention médiatique, en mars dernier, est celui d’un patient de la Basse-Côte-Nord, le préfet de la MRC de Golfe-du-Saint-Laurent, Randy Jones, victime d’un problème cardiaque grave requérant des soins d’urgence et nécessitant un transfert aérien que le service d’avion-ambulance mandaté par le CISSS de la Côte-Nord (à l’époque SkyJet, qui a remplacé PAL Airlines, et qui avait reçu plusieurs plaintes) a refusé de le transporter en raison de son poids. Il s’est écoulé 36 heures entre le moment où il s’est rendu au dispensaire de La Tabatière en motoneige (il n’y a pas de route dans ce secteur) et son admission dans un hôpital à Québec, où il a finalement subi une intervention chirurgicale après une évacuation en hélicoptère vers Chevery suivie de deux vols dans deux avions différents. Un petit avion nolisé par son médecin, qui a décollé de Goose-Bay au Labrador, l’a transporté jusqu’à Sept-Îles, où il fut récupéré par l’avion-hôpital du ministère de la Santé. Des intervenants du domaine médical ont confié au diffuseur public Radio-Canada que ce ne serait pas la première fois qu’un tel incident survient.

Les funérailles d’Olivier Dégarie-Cyr ont eu lieu à Chandler en Gaspésie, le 15 octobre. Nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches.

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Publié le 18 novembre, 2019, dans la publication : Numéro_19 Volume 37

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Publié sur le site le 18 novembre 2019

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Circonscription de Manicouagan

Victoire incontestable de Marilène Gill

par Éric Cyr

Source photo : Bloc québécois

À peine réélue par une écrasante majorité de 54 % des voix, lors du scrutin du 21 octobre dernier, la députée de Manicouagan, Marilène Gill, du Bloc québécois (BQ) effectue un retour en force en entamant son second mandat avec optimisme et détermination. Combative, elle a déjà repris le flambeau des intérêts nord-côtiers afin d’assurer la continuité des dossiers à Ottawa et souhaite mettre en branle des états généraux sur la Côte-Nord afin de briser son isolement, une idée qui est très bien accueillie par ses concitoyens.

Fourbir les armes

La politicienne bloquiste se dit satisfaite de la campagne électorale qu’elle a menée avec énergie et remercie les électeurs de lui faire confiance. Elle explique que l’objectif de tenir des états généraux sur la Côte-Nord et son désenclavement en particulier est principalement de permettre d’entendre les groupes nord-côtiers et d’expliquer les grands enjeux auxquels est confrontée la région tout en lui donnant de la crédibilité et de la visibilité. Il s’agit de brosser un portrait d’ensemble de la situation actuelle, de faire le point et de transmettre l’information exacte aux citoyens afin qu’ils comprennent bien le processus dans une perspective globale avant d’enclencher des actions concrètes structurantes et déterminantes qui mèneront éventuellement à l’aboutissement des prépondérances régionales et de la priorité évidente qu’est le désenclavement.

L’épaule à la roue

La dynamique a complètement changé dans le contexte de cette nouvelle législature puisque le BQ, qui a effectué une remarquable remontée en récoltant 32 sièges, affiche toute sa légitimité. Le Québec n’a jamais été aussi fort à Ottawa en plus d’une décennie et le BQ détient la balance du pouvoir au Québec. Mme Gill se veut rassembleuse et amorce son nouveau mandat en demeurant près des aspirations légitimes de ses concitoyens tout en étant convaincue que son parti ira chercher des gains significatifs pour la Côte-Nord et pour le Québec.

« Le Bloc québécois est le seul parti qui défend et qui promeut les intérêts du Québec, rien que du Québec, et cela, sans compromis. Que ce soit dans les dossiers économiques, sociaux ou environnementaux, nous veillons à ce que le Québec soit respecté et à ce qu’il reçoive sa juste part du fédéral. Nous sommes un parti indépendantiste et cela suppose nécessairement que nous soyons résolument nationalistes. C’est pourquoi les Nord-Côtiers peuvent également compter sur nous pour défendre les consensus de l’Assemblée nationale du Québec ainsi que pour porter des dossiers qui touchent directement à notre nation, tels que la laïcité (loi 21), la langue française ou encore la culture. En résumé, c’est simple : le Québec, c’est nous ! » rappelle la députée nord-côtière qui considère que les gens ont voté avec leur cœur.

« Je suis fière d’avoir pris plusieurs engagements qui m’ont été demandés sur le terrain par les Nord-Côtiers. Que ce soit entre autres pour le désenclavement de la Côte-Nord, pour la protection des fonds de pension et des assurances des travailleurs et des retraités, pour les demandes des Premières nations et pour la réforme de l’assurance-emploi, le travail que je propose d’effectuer vise à donner toute la place à la population de façon à contribuer à son mieux-être. Je suis également fière que le Bloc québécois les ait inscrits dans sa plateforme électorale nationale. Cela montre toute l’importance que nous accordons à nos régions », conclut la députée bloquiste.

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Publié le 4 novembre, 2019, dans la publication : Numéro_18 Volume 37

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Publié sur le site le 4 novembre 2019

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Ordre national du mérite agricole

Un exploit pour un couple fermontois

par Éric Cyr

La fondatrice et propriétaire de l’exploitation agricole Pousse partout! de Fermont, Francine Marcoux et son conjoint Yoland Corbin, ont été honorés dans le cadre de la 130e édition de la compétition de l’Ordre national du mérite agricole. Les deux passionnés d’horticulture et d’agriculture ont été décorés du titre de chevalier et ont chacun reçu une médaille et un diplôme portant la mention « Grand mérite » dans la catégorie bronze.

C’est le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne, qui leur a conféré ce titre lors du gala régional Saguenay-Lac-Saint-Jean et Côte-Nord qui se tenait à Chicoutimi, le 18 octobre dernier, en leur remettant cette distinction « en reconnaissance des efforts déployés et du savoir-faire démontré dans la gestion de leur entreprise et l’amélioration de leur qualité de vie. »

Tremplin vers l’argent

Le Québec est divisé en cinq territoires pour ce concours, et la médaille de bronze constitue le premier échelon de participation. Pour être admissible à cette catégorie, le concurrent doit être en activité agricole depuis au moins cinq ans. Cette médaille de bronze, étape obligée, donne le droit à Pousse partout! de postuler pour la médaille d’argent dans cinq ans.

Lors de la qualification de Pousse partout! trois juges se sont déplacés à Fermont pour l’attribution des points. Le commandeur Yvon Lacasse et les agronomes Guylaine Mercier et Denis Boies se sont basés sur les qualités de gestion du groupe dans une démarche de développement durable, peu importe le mode de production, la qualité du sol, le type de culture ou d’élevage en accordant une attention particulière à l’intégration des bonnes pratiques agroenvironnementales. Selon Mme Marcoux, qui est diplômée de l’Institut agroalimentaire de Saint-Hyacinthe en horticulture légumière et fruitière et qui a développé une expertise en culture nordique, les observations et les bons conseils de ces professionnels sauront être mis à profit et contribueront à améliorer les procédés et techniques de l’entreprise nordique. « Nous sommes conscients que nous n’aurions pu décrocher une telle récompense sans l’aide des généreux bénévoles et des clients qui nous encouragent en achetant localement. Merci aussi aux employés qui se sont succédés et à ceux qui travaillent encore pour nous. »

Patience et polyvalence

Des clients pouvaient toujours déguster à la fin octobre des fraises juteuses et savoureuses chez Pousse partout!, qui prolonge sa saison de production alors que les autres producteurs de la Côte-Nord ont déjà cessé leurs activités. Depuis que Mme Marcoux a commencé la culture maraîchère en 2013, elle expérimente différents légumes, herbes et fruits qui peuvent pousser ici sans chauffage. Avec ou sans abri, elle recherche les légumes les plus rustiques et les plus vigoureux, en bref les plus intéressants à cultiver en climat subarctique. Depuis 2014, les abonnés aux paniers se partagent le fruit des récoltes issues des potagers locaux.

Au début du printemps 2019, à la suite de l’effondrement de la petite serre, M. Corbin a modifié une des serres froides et l’a transformée en serre chauffée pour que sa conjointe puisse démarrer sa production d’annuelles. Ainsi est née la première serre chauffée chez Pousse partout! qui, comme elle était assez spacieuse pour permettre la production de plantes ornementales, a incité la propriétaire à produire elle-même toutes les annuelles et vivaces qu’elle offre à sa jardinerie. Satisfaite des résultats, elle prévoit augmenter sa production le printemps prochain en proposant aussi des plants de légumes à ceux qui veulent se faire un jardin, et une plus grande variété de vivaces.

Pousse partout! a bien grandi depuis sa fondation en juin 2000. Au début, l’entreprise offrait seulement des services d’entretien et d’aménagement paysager. En 2012, les deux complices à la retraite installent une jardinerie dans un bâtiment abandonné dans le parc industriel. Ayant sous la main un terrain assez vaste, Mme Marcoux décide d’y faire de la culture maraîchère en contenants à l’extérieur et opte pour la culture en serres froides (sans chauffage). Son partenaire apporte sa contribution en fabriquant des contenants en bois recyclé, en construisant des serres froides à partir d’abris couverts en toile (Tempo) usagés. Il est à l’affût de tout ce qui pourrait lui servir afin de permettre à sa femme de vivre son rêve tout en accordant une seconde vie à du matériel usagé et ainsi réduire les coûts de production. C’est grâce à la complémentarité de ce couple que Pousse partout! est devenue producteur agricole en 2013. Depuis, d’autres activités et projets ont été réalisés. Depuis 2016, Mme Marcoux offre des visites guidées de son entreprise aux touristes qui débarquent à Fermont. Cette année, les deux complices ont construit un jardin éducatif à l’aide de jeunes Fermontois de camps de jour. Des ateliers d’agroéducation y auront lieu dorénavant chaque été.

Reconnue par l’Union des producteurs agricoles (UPA) l’exploitation agraire rurale est celle qui se situe la plus au nord du Québec.

Productions nord-côtières

Il existe actuellement 103 producteurs agricoles sur la Côte-Nord, toutes productions confondues, soit principalement des producteurs de bleuets et de petits fruits. Quant aux autres, il y a une grande diversité de productions soit des céréales, du fourrage, du bœuf de boucherie, des vaches laitières, des cultures horticoles et de la production maraîchère en champs et en serre ainsi que de l’apiculture. Cette année cinq d’entre eux ont été récompensés par l’Ordre du mérite agricole soit : Claudie Canuel et Yvan Desjardins de l’entreprise Les canneberges de la Côte-Nord à Chute-aux-Outardes dans la catégorie or, Daniel Harvey et Sylvie Martel de Bleuets Sylma ont reçu chacun une médaille d’argent et finalement Marie-Pierre Fortier et son conjoint Jean-François Brisson de l’entreprise Herbamiel située à Sacré-Cœur, l’entreprise Bleuetière du Nord de Denis Picard à Sept-Îles et enfin Yoland Corbin et Francine Marcoux de Pousse partout! ont tous reçu une médaille de bronze.

Créé en 1889, le prestigieux concours de l’Ordre national du mérite agricole est organisé annuellement par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) et vise à encourager l’excellence des productrices et producteurs agricoles québécois et à reconnaître les services qu’ils rendent à l’agriculture.

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Publié le 4 novembre, 2019, dans la publication : Numéro_18 Volume 37

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Publié sur le site le 4 novembre 2019

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Environnement

De l’eau rouge jaillit à l’Assemblée nationale

par Éric Cyr

L’eau rouge observée autour des installations de Tata Steel qui exploite une mine de fer à Schefferville a suscité des réactions jusqu’à l’Assemblée nationale à Québec où le phénomène cause l’inquiétude. Le premier ministre québécois François Legault s’est dit préoccupé par la problématique des déversements récurrents de la minière et veut faire appel à l’expertise de spécialistes.

Le gouvernement Legault a confié le dossier au ministère de l’Environnement qui a indiqué avoir transmis en début d’année un rapport au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) afin d’étudier les informations et de déterminer la pertinence de porter des accusations. L’opposition reproche notamment au gouvernement de la CAQ son manque de transparence dans cette affaire et exige que les résultats des analyses soient rendus publics. Les porte-parole en environnement des différents partis d’opposition sont également contrariés et se soucient d’un possible danger pour les populations innue et naskapie qui vivent à proximité ainsi que des répercussions sur la faune et sur la flore.

Friction et mécontentement

Le chef de la nation innue de Matimekush-Lac John, voisine de Schefferville, Tshani Ambroise, se soucie de la qualité des frayères et des cours d’eau situés à proximité où vivent et se reproduisent des poissons et des castors consommés par les membres de sa communauté. Moins d’un an après l’adoption d’une entente relative à l’environnement, le conseil innu épaulé par un biologiste indépendant, Michel La Haye, accuse Tata Steel de bafouer ses engagements à ce sujet et affirme que les pratiques de l’entreprise n’ont pas évolué depuis, alors qu’à cette époque, 23 sites d’écoulement d’eau rouge avaient été répertoriés aux abords des infrastructures minières.

C’est essentiellement la gestion de l’eau rouge qui est rejetée dans la nature qui est la principale source de discorde puisque ce déversement serait considérablement accru lors de la fonte des neiges. Selon le scientifique, la gestion environnementale est défaillante puisqu’il n’existerait actuellement aucun traitement et l’eau dont la qualité est inconnue serait tout simplement décantée dans des bassins avant d’être relâchée dans le milieu naturel.

La source de tension entre la communauté innue et la minière ne date pas d’hier puisque déjà, à la fin juillet 2018, des Innus avaient bloqué pour les mêmes raisons l’accès à la mine forçant l’interruption de ses activités durant au moins une semaine.

Tata Steel en eaux troubles

Pour sa part, Tata Steel, qui a subi en juin dernier un bris sur le bassin de sédimentation qui a causé un déversement d’eaux chargées de matières en suspension, ayant nécessité l’intervention d’Urgence-Environnement, admet une problématique de déversements tant au Québec qu’au Labrador, mais se veut rassurante et n’a pas souhaité donner de précisions concernant les infrastructures et les procédés instaurés afin de s’assurer de la qualité des eaux rejetées et des eaux de ruissellement. La compagnie estime que la couleur rougeâtre de cette eau est causée par la présence de particules de fer et n’est pas aussi alarmante que ce que l’on prétend et que l’eau rouge ne représente aucun risque pour les humains ni pour les espèces végétales et animales environnantes.

 

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Publié le 10 juin, 2019, dans la publication : Numéro_11 Volume 37

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Publié sur le site le 10 juin 2019

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Grand défi Pierre Lavoie

Une course essoufflante, mais palpitante

par Johanne Guimont

Source photo : Manon Abud. Légende : sur la photo, Ély Morin, Émilie Dallaire, Mathis Charest, Laurie-Anne Lafrance, Noémie Bernier, Jessica Bernier, Océanne Lacasse, Océane Bossé, Audrey Malenfant, Audrey Thériault, Janie Michaud, Charles-Olivier Gilbert, Jean-Christophe Bérubé, Raphaël Carrier, Élodie Sirois, Jean-Phillipe Dumas, Saylena Fay, Kim Dufour, Josianne Fortin, Hélène Landry, Nicolas Blouin, Julianne Dupuis, Sarah-Maude Bourgeois, Kathy Tremblay, Gabrielle Aubut, Gabrielle Bouchard et les adultes accompagnateurs : Liette Bastien, Johanne Guimont, Joane Desgagnés, Hélène Sénéchal, Manon Abud, Kathleen Ward et David Senneville.

Ce sont les 11 et 12 mai derniers que se déroulait la Course au secondaire du Grand défi Pierre Lavoie. En tout, 26 élèves de la polyvalente Horizon-Blanc se joignaient à cinq jeunes du collège d’Alma pour relever le défi de courir entre Québec et Montréal sur une distance de 270 kilomètres. La fin de semaine s’annonçait inoubliable.

À notre arrivée à Québec, le samedi matin, une foule de plus de 5000 coureurs dansait au rythme d’un DJ en attendant l’annonce officielle du départ de la course. Le spectacle, grandiose et haut en couleur, avait pour but de motiver et d’encourager les participants pour la prouesse qu’ils devaient réaliser. Au fil de départ, tous les jeunes ainsi que les accompagnateurs s’élançaient ensemble dans les rues de la Vieille Capitale avec fébrilité et beaucoup d’émotions. Ce moment restera gravé dans nos mémoires pour longtemps.

Après cette boucle de deux kilomètres, tout le monde avait l’ordre de retourner dans leur autobus pour le départ des courses à relais. À tour de rôle, les athlètes devaient courir deux kilomètres en équipe de deux à quatre en transportant un anneau à l’effigie du Grand défi Pierre Lavoie. Pendant ce temps, l’autobus parcourait deux autres kilomètres pour débarquer les prochains coureurs. Après la passation de l’anneau, les suivants repartaient aussitôt pour deux autres kilomètres et ainsi de suite jusqu’à la métropole québécoise. L’épreuve sportive a eu lieu jour et nuit jusqu’à l’arrivée au Stade olympique de Montréal dimanche en soirée. Une foule composée de parents et d’amis était déjà là pour attendre les athlètes et souligner leur performance.

Le défi était ambitieux, mais tout de même réalisable puisque les jeunes s’étaient tous entraînés à la course à pied depuis octobre. Ils ont réussi à faire une trentaine de kilomètres chacun en une trentaine d’heures. Avant tout, ce n’est pas une course au sens propre, c’est un exploit qui ne pouvait être réalisable qu’en groupe. Nous tenons à les remercier pour leur bel esprit d’équipe!

La Course au secondaire du Grand défi Pierre Lavoie en était à sa 8e édition et nous sommes fiers que la polyvalente de Fermont y ait participé pour la première fois. Comme mandat, cette année, les adultes responsables avaient pour mission d’inciter le plus de jeunes à bouger et ainsi leur permettre d’apprécier les effets de l’activité physique régulière. Pour notre part, cet objectif a été atteint! La majorité de nos coureurs étaient des jeunes sédentaires. On tient à souligner leur effort exceptionnel et aussi leur attitude exemplaire tout au long de l’événement.

Nous sommes revenus tous incroyablement fatigués, mais tellement enthousiastes à l’idée d’avoir accompli un tel défi. Nous tenons à remercier toute la population fermontoise ainsi que nos nombreux commanditaires. Sans vous, rien n’aurait été possible. On se dit à l’an prochain, car ce serait bien que d’autres jeunes aient la possibilité de vivre cet extraordinaire événement!

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Publié le 27 mai, 2019, dans la publication : Numéro_10 Volume 37

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  • Montréal
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Publié sur le site le 27 mai 2019

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Premières mondiales

Des courses originales qui font jaser

par Éric Cyr

Source photo : Éric Cyr

La municipalité de Fermont dans le nord du Québec est reconnue pour son côté créateur à nul autre pareil et n’en est pas à ses premières armes dans l’art d’inventer des événements uniques en leur genre et au cachet particulier. En fait, elle semble collectionner les premières mondiales puisque c’est la seconde fois que des courses qui n’avaient jamais été observées ailleurs dans le monde voient le jour localement.

Course de souffleuses

On n’a qu’à songer à la fameuse course de souffleuses du Taïga Carnaval, un concept innovateur qui n’avait jamais été tenté auparavant et dont les images ont été abondamment relayées sur les réseaux sociaux. Des médias radiophoniques et télévisés ont aussi traité de cette compétition pour le moins inusitée au cours des années et qui a été reprise ailleurs, notamment à Rimouski dans le Bas-Saint-Laurent.

Course de surfaceuses

Cette fois-ci, les Fermontois récidivent avec une course de surfaceuses qui pourrait aussi devenir célèbre puisqu’une vidéo de l’événement circule abondamment sur Internet et a été notamment partagée par plusieurs clubs de motoneige et même sur la page Facebook de l’entreprise Pisten Bully. Du jamais vu sur la planète, la course de machines à surfacer organisée par le club de motoneige Les Lagopèdes de Fermont s’est déroulée après des courses d’accélération de motoneiges sur le lac Daviault, le 6 avril dernier, devant un public conquis. Les deux pilotes se sont alignés sur le fil de départ à bord de leurs bolides avant de s’élancer sur le lac gelé au grand bonheur des spectateurs rassemblés pour l’occasion qui encourageaient les deux conducteurs. C’est la dameuse Pisten Bully rouge manœuvrée par Richard Bernatchez qui a remporté l’épreuve amicale, devançant François Champoux sur une Prinoth Bison grise, nouvelle acquisition flambant neuve rendue possible grâce à une contribution financière de la MRC de Caniapiscau. Les deux modèles sont munis d’un moteur générant une force de 400 chevaux-vapeur.

Le vainqueur portait même une tuque à l’effigie du logo de la marque qu’il conduisait. Ce dernier confie :

« On voulait savoir quelle surfaceuse était plus rapide tout en créant un spectacle et en profitant de l’occasion pour faire de la publicité pour notre club. J’ai choisi la Pisten Bully que j’affectionne particulièrement. Je savais que la Prinoth est munie de composantes électroniques sophistiquées qui ralentissent son départ contrairement à l’autre qui est plus mécanique et assurément plus rapide. C’était simplement du divertissement pour amuser les gens qui se sont déplacés et à qui l’on avait promis une surprise. »

Richard Bernatchez a accordé une entrevue à la radio ICI Radio-Canada Côte-Nord au sujet de cette expérience singulière.

Plusieurs personnes ont déjà manifesté un intérêt pour une seconde édition qui pourrait accueillir plus de dameuses, notamment celle du club de motoneige White Wolf de Labrador City au Labrador et celle du club de motoneigistes de la Minganie à Longue-Pointe-de-Mingan. On aura tout vu ! À moins que…

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Publié le 15 avril, 2019, dans la publication : Numéro_07 Volume 37

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  • Première mondiale
  • Québec
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Publié sur le site le 15 avril 2019

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Désenclavement de la Côte-Nord

Fermeté, unanimité et unité dans la diversité

par Éric Cyr

Légende : Route blanche à Baie-des-Moutons en Basse-Côte-Nord. Source : Juanita Jones

Le front historique de la Côte-Nord poursuit ses représentations et une importante délégation s’est rendue à Québec, le 28 mars dernier, afin de faire valoir les revendications légitimes de la région à l’Assemblée nationale. Le groupe a accordé un point de presse dans le hall de l’hôtel du Parlement en compagnie des députés du Parti québécois de Duplessis, Lorraine Richard, et de René-Lévesque, Martin Ouellet. La délégation comprenait, tout comme la précédente qui s’est déplacée à Ottawa, des représentants des localités nord-côtières et des communautés innues de partout sur le territoire et qui se sont exprimés au diapason.

Le combat de la Côte-Nord

La députée péquiste confie : « Vous savez, quand la Côte-Nord se déplace à Québec, c’est que c’est important. On a des élus, des maires, des chefs autochtones et nous sommes tous unis derrière un objectif qui est prioritaire. Ce n’est pas le seul qui est important, il y en a d’autres notamment un pont sur la rivière Saguenay et la réfection de la route 389, mais il y a un projet pour lequel on continue à se battre : le prolongement de la route 138 jusqu’à Blanc-Sablon pour désenclaver la Basse-Côte-Nord qui n’est pas reliée au reste du Québec par un réseau routier. » Mme Richard a interpellé le premier ministre François Legault afin qu’il soutienne les Nord-Côtiers dans ces démarches en accordant les sommes nécessaires et en précisant un échéancier précis de réalisation des travaux. Elle a aussi parlé du coût astronomique des billets d’avion et de l’effet prohibitif de ceux-ci.

Un demi-siècle de promesses

Le préfet de la MRC de Sept-Rivières et maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, a indiqué que le budget de 200 millions de dollars alloué pour la route 138 par le précédent gouvernement Couillard avait mystérieusement disparu : « On va voir si l’on a un gouvernement qui va travailler avec nous pour le parachèvement de la 138 qui nous est promis depuis au moins 50 ans. » Ce dernier a mis en perspective le fait que la Côte-Nord rapporte énormément au Québec, ne serait-ce que par le biais de l’énergie produite par Hydro-Québec sur ce territoire et dont 40 % de celle-ci est fournie ou transite par la Côte-Nord. Un bénéfice net qui devrait atteindre 5,3 milliards de dollars annuellement, ce qui, toutes proportions gardées équivaut à quelques 2 milliards 120 millions par année qui sont directement générés par la région. « On pourrait réserver 10 % de ce montant annuel, ce qui représente 200 M $, jusqu’à ce que la route 138 soit complétée. »

L’effet ping-pong

Le maire de Sept-Îles voudrait que les citoyens réalisent que toute la population du Québec profite de la Côte-Nord qui ne reçoit pas sa juste part dans cette équation qu’il juge inéquitable. « On a reçu l’appui de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) dans ce dossier. Il est grand temps de nous donner une route, pas juste pour les communautés isolées dont plusieurs sont en mode survie, mais aussi pour ouvrir le corridor avec Terre-Neuve-et-Labrador, contribuant ainsi à stimuler des échanges commerciaux avec cette province, ce qui générerait des retombées économiques importantes pour la Côte-Nord dont la démographie est en constante diminution depuis les cinq dernières années. Le premier outil de développement économique pour une région, c’est l’accès à son territoire. J’espère que le gouvernement actuel va passer à l’action et déterminer un échéancier comme le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, a dit vouloir le faire lors de son passage sur la Côte-Nord. Le gouvernement précédent nous a envoyés à Ottawa, on y est allés et l’on a reçu l’appui du ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, qui a dit qu’Ottawa sera au rendez-vous quand Québec aura priorisé cette route et là Québec nous dit attendre un engagement du fédéral. On a fini de jouer au ping-pong avec les Nord-Côtiers ! Il est grand temps que ça change et qu’on investisse les montants nécessaires pour finaliser la route 138 afin que la Côte-Nord puisse se développer comme toutes les autres régions du Québec. Qu’on arrête de jouer ça à la pièce, on veut tous le même scénario. On fait des études depuis des décennies. On a assez entendu la chanson et tous les gouvernements l’ont promis à tour de rôle. Comment développer une région si l’on n’a pas accès au territoire ? »

Le
combat
de la
Côte-Nord
s’intensifie…

Trans-Québec-Labrador

Le préfet de la Minganie, Luc Noël, réitère les besoins de la Côte-Nord après cette rencontre avec les ministres des Transports, François Bonnardel, et de la Côte-Nord, Jonatan Julien. « On demande un plan de match précis. On veut savoir combien ça coûterait de terminer la route 138 et quand cela va se faire.La Côte-Nord représente 1 % de la population du Québec, mais contribue pour 2,2 % du produit intérieur brut (PIB). Est-ce qu’on pourrait finalement obtenir le 200 M $ par année qu’on réclame pour finir la 138 jusqu’à Blanc-Sablon pour ouvrir la voie d’échanges commerciaux avec notre principal voisin Terre-Neuve-et-Labrador ? On veut occuper le territoire de façon dynamique, on veut que notre gouvernement qui se dit économique nous donne un engagement sans équivoque et une réponse favorable à notre demande. Ce qu’on veut c’est un plan d’affaires et un investissement pour la Côte-Nord. »

Alliés autochtones

Des représentants autochtones ont aussi pris la parole, dont Guy Bellefleur de la communauté innue de Pakua Shipu qui a dénoncé l’absence d’un lien routier. « Ce n’est pas le temps d’être malade le soir, parce qu’il n’y a pas de route ni d’aéroport pour une évacuation médicale, c’est l’armée qui bien souvent vient chercher les malades à l’aide d’un hélicoptère. On fait des annonces depuis des années, où est passé l’argent ? On apprend qu’il va y avoir du déboisement. Quand je conduis une motoneige, je peux la conduire les yeux fermés parce qu’il n’y a pas de forêt. On demande au gouvernement du Québec de mettre les sommes nécessaires pour une cause, désenclaver les communautés de la Basse-Côte-Nord et travailler ensemble afin de développer les ressources qui sont là et les mettre en valeur. C’est ce qu’on veut faire, tout le monde va en bénéficier. Les gens d’ici méritent l’obtention d’une route. »

Appui total

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, parle d’un appui total et sans réserve à cette démarche et évoque la solidarité entre les Premières Nations et les Québécois dans ce dossier particulier. « Les gens sont tannés d’atterrir ou d’amerrir, c’est le temps d’avoir le choix et de ne pas dépendre d’horaires précis déterminés par d’autres. Il y a trop longtemps qu’on parle de la 138, il faut passer à l’action. Les Premières Nations sont étroitement associées à cette démarche pour plusieurs raisons : faire la promotion d’un esprit de collaboration entre les municipalités et nos communautés à l’échelle du Québec et le prolongement de la 138 est un bel exemple. L’absence de route contribue à créer des situations extrêmement précaires dans le domaine de la santé et à une problématique de logement. Une route permettrait de diminuer les coûts astronomiques au niveau de l’habitation. Comment se fait-il que la route pour se rendre à la Baie-James soit totalement asphaltée sur toute sa longueur pour une population de 450-500 personnes, soit beaucoup moins de monde qu’en Basse-Côte-Nord, la seule région du Québec, à l’exception du Nunavik et de Schefferville, qui n’est pas reliée par un réseau routier. Nos communautés demandent simplement d’avoir accès à une route qui leur permet de s’épanouir. »

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Publié le 15 avril, 2019, dans la publication : Numéro_07 Volume 37

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Publié sur le site le 15 avril 2019

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